samedi 31 octobre 2009

L'Halloween de l'Atelier

L'Atelier La boîte à surprises, c'est une lieu où des enfants viennent développer des habiletés pour la maternelle. Benjamin y va le mardi et le jeudi matins. C'est sa dernière année.

Vendredi 30, c''était le party d'Halloween à la Salle de l'amitié de Rigaud. Tous les amis y étaient, de tous les groupes, avec parents et frères et soeurs. En tout, selon mon radar personnel (qui est vachement bian aiguisé puisque pendant 12 ans j'ai fait de l'estimation d'achalandage pour la STM), nous devions être pas loin de 60 ou 70 personnes.

Les déguisements étaient de rigueur, avec le clown comme thème cette année. Pour le buffet, chacune des familles avait contribué avec entrain et il y avait tellement de bouffe que ma salade de springs (lire : rottini) n'a pu être déployé sur la table; et voilà-tu pas qu'en conséquence, Suzanne, Benjamin et moi, nous nous retrouvons avec 2 bons kilos de salade de pâtes à la mayo à manger cette semaine. Moi qui n'aime pas ça.


J'y suis allé avec Benjamin. Nous avions chacun un nez lumineux, mais il n'a pas voulu mettre le sien. Il a mis beaucoup de temps à se réchauffer, il restait constamment près de moi et ne s'est pas mêlé aux autres, ce qui est un peu dommage car c'est une activité de socialisation. J'ai fait un suprême effort pour parler à quelques mamans autour de moi, mais, moi aussi, j'aurais besoin d'activités de socialisation !

Le party s'est terminé par une cueillette de friandises tout autour de la grande salle, ce qui était emballant et de bon aloi. Bravo aux bénévoles !

Des enfants en quantité, un visage bien connu à l'avant-plan !

Le buffet est servi, nous sommes dans la file d'attente et on voit les tables derrière nous.

Une activité de bricolage, celui de Benjamin, avec l'Artiste derrière l'Oeuvre...

De drôles de bibittes !

Merci Johanne pour la photo !

Une citrouille, des fantômes et un bout de chou dans un recoin.

mardi 27 octobre 2009

107. Épitaphes - Jonathan Reynolds

Tous les textes de ce recueil ont parus dans diverses revues, à l'exception d'Épitaphes qui est original.

Blondes. Rousses. Noires
. Confidences de bar qui se terminent par une entourloupette typique du fantastique. Bonne nouvelle avec des dialogues solides. 8 / 10

Saison de lilas. Une histoire de vengeance, de magie et d'adultère. Enlevée et ironique. 6,5 / 10

Cornes en moins. Maison hantée et jeunes qui veulent tenir un pari ne vont jamais de pair. Côté structure, il y a des failles, et même si cette nouvelle n'est pas tout à fait réussie, c'est une de mes préférées. 8 / 10

Elle, sous la pluie. Une femme utilise un sortilège pour ramener à la vie son amant assassiné. Reynolds offre ici son meilleur texte. L'histoire trouble et troublante d'un destin à jamais malheureux. La meilleure du recueil. 10 / 10

L'autre surface. Un jeune homme vit dans le remords constant pour avoir détruit la vie de celle qu'il aime. Joli travail d'écriture dans ce texte : prose rapide et syncopée, mais le rythme rapide, s'il crée une tension, nuit à crédibilité de la phase remords du personnage principal. 5,5 / 10

Fragments. Un écrivain, sa fille, une nouvelle maison, une poupée dans le grenier. Quatre ingrédients pour créer un bon climat d'horreur. Une excellente nouvelle, vraiment très réussie. 8 / 10

Huit, comme le temps qui file... Ah, l'internet, le rêve, le sexe, une belle voisine mystérieuse. Cette nouvelle détonne par son ton ironique, sa sexualité exacerbée. Pas complètement réussie, mais elle a plu à ce lecteur-ci. 7,5 / 10

Épitaphes. Un fou qui vit dans un cimetière et fait des expériences sur des morts, ça n'augure rien de bon pour sa sœur et l'amoureux de celle-ci. Une nouvelle facette du talent de l'auteur fait son apparition, le lyrisme. Vraiment bien. 7,5 / 10

Il y a encore de petites imperfections dans l'écriture de Reynolds. Un manque de fini, à peine une touche. Pas grand chose à vrai dire : une phrase ratée, un choix de mot bizarre (précieux ou archaïque) qui vient créer une rupture de ton... Juste assez pour faire décrocher ce lecteur-ci et briser le charme.

Cote 7,5 / 10

Il ne faut pas confondre ce recueil avec un recueil à la présentation absolument identique (même auteur, même titre, même couverture), paru aux mêmes éditions, mais qui comprend en moins les deux nouvelles les plus explicites (Elle, sous la pluie et Huit, comme le temps qui file) et qui s'adresse donc à un public plus jeune.

Épitaphes
Jonathan Reynolds
Z'ailées, 2008
132 pages

lundi 26 octobre 2009

106. A pour alphabet - Chantale Mercier

À Sainte-Bonté, des jeunes filles sont tuées, puis tatouées, par un tueur en série. Rosalie, la tante d'une des victimes, mène sa propre enquête et, surprise, surprise, découvre le coupable avant les forces policières.

Ce roman est d'un amateurisme affligeant. L'auteure commet toutes les erreurs qu'une débutante peut faire sans en omettre une seule. Mais il y a pire que l'amateurisme en littérature, comme on verra à la fin de ce billet.

En vrac : Les dialogues manquent cruellement de naturel, les personnages s'expriment comme des tragédiens sans talent qui lisent des lignes bidon.

Le point de vue, lui, est hors de contrôle, passant d'un personnage à l'autre inopinément et de manière incohérente. La narration souffre aussi d'un manque de maîtrise : les descriptions sont appuyées, répétitives, et l'auteure s'emberlificote avec régularité dans des détails non-pertinents pour l'histoire, mais qui font « jolis » dans un roman. La chronologie de l'action est pour le moins approximative et la manière dont Rosalie mène l'enquête, risible.

Qui plus est, l'auteure n'hésite pas à donner ses impressions sur la situation en cours et à passer des opinions sur les personnages dans la narration. Quelle horreur.

Enfin, le vocabulaire est souvent enfantin, parfois erroné (perpétuer, pour perpétrer un meurtre), et certains mots très importants sont mis en majuscules pour montrer leur IMPORTANCE. C'est tellement poche que ce n'en est plus drôle du tout.

(Parait-il que l'auteure a bénéficié d'un coach d'écriture pour la rédaction de ce roman. Je n'ose imaginer ce que ça aurait donner sans.)

On nage dans la niaiserie tout du long de ce roman. Mais la niaiserie, l'insipidité, l'infantilisme sont des valeurs personnelles que chacun définit pour lui-même, selon son histoire, ses convictions, son éducation, ses lectures. Ce n'est certainement pas tous les lecteurs qui partageront mon point de vue. (Il n'y en aura peut-être même pas un...) Par contre, ce qui est inadmissible, c'est le plagiat. Il y a dans un chapitre hautement touristique de ce roman des phrases entières qui sont tirées de la Wikipédie, telles quelles, sans mention de source, rien; elles sont données comme l'œuvre de l'auteure, mais le style correct est si loin de ce que Chantale Mercier est capable de produire que la supercherie est tout de suite découverte. Honte.

Tout n'est cependant pas perdu : le livre lui-même est un bien bel objet. La couverture est magnifique et la police de caractères qui a été utilisée est un vrai régal pour l'œil.

Cote 1,5 / 10

A pour alphabet
Chantal Mercier
JKA, 2009
256 pages

Des nouvelles de la famille...

Nathan commence à décolorer...

Antoine commence à déconner.

Manger de la pizza chez maman

Samedi, nous avons été chez ma mère à Longueuil pour y fêter en famille l'anniversaire de Suzanne (qui était cette année encore le 21 octobre). Tout le monde était là, sauf mon frère Claude, mystérieusement happé par des extra-terrestres. Pour souper, une fois n'est pas coutume, on a mangé de la pizza.

Pour l'occasion, maman avait sorti sa plus belle coutellerie de ses armoires...

...et, de sa cave, son benêt préféré !

Elle avait aussi sorti son projecteur de DCA !

On a eu droit à un beau gâteau (sur lequel il manque 40 chandelles)

Nous trois.

dimanche 25 octobre 2009

105. Horrifique n° 66 - Spécial Jonathan Reynolds

Eux, du crépuscule. Des créatures malveillantes rôdent autour d'une ferme. Un texte rongé par la culpabilité et l'horreur. 5,5 / 10

Alex. Une histoire d'amitié, de jeunesse perdue, d'imagination un peu trop débordante et de culpabilité. 5,5 / 10

Une partie de monopoly
.
Une partie de Monopoly réunit ensemble des amis, mais une créature guette. Do not pass Go. Encore une fois le thème de la perte de l'enfance, de la vie qui balaie individus et destins. Un bon fond d'histoire mais c'est beaucoup, beaucoup trop court. 6,5 / 10

Le dernier coup de circuit.
Martine accompagne son frère jouer au baseball. Il y a une malédiction sur le coup de circuit qu'elle frappe. Alors, là, chapeau à l'auteur. Voilà une excellente histoire, qui prend son temps pour arriver à son dénouement. C'est le texte le plus abouti du numéro. 8,5 / 10

Le chien de McNeil
.
Reynolds avoue dès le départ que ce texte n'est pas vraiment bon, mais qu'il est fondateur de la saga. La nouvelle a une valeur historique, elle montre aussi à quel point le talent de l'auteur s'est affirmé depuis. 3,5 / 10

Une bd de Harry Villeneuve, d'après la nouvelle « Le doute ».
Moi et la bd sérieuse, c'est comme un dîner Kraft et des épinards, ça ne va pas ensemble. Si le dessin est très beau et atmosphérique, la bd elle-même semble souffrir d'un problème de mise en page, ce qui ne m'a pas incité à déployer l'effort nécessaire pour la lire.

Une entrevue avec Jonathan Reynolds et sa bibliographie complètent ce gros numéro de 90 pages.


L'imagination, chacun la porte en soi et y est sensible d'une manière différente. Les textes de Reynolds ne m'ont pas semblé débordant d'idées neuves, nouvelles ou novatrices, mais je connais si peu de choses au fantastique et à l'horreur que je suis certainement dans l'erreur. De toute façon, ce que je recherche dans un texte, ce n'est ni l'innovation, ni l'inédit, c'est le plaisir d'une bonne histoire mettant en scène des personnages intéressants. De ce point de vue, Reynolds y est presque. Là où le bât blesse, ce sont les dialogues qui manquent de naturel. Ils sont souvent plaqués dans la bouche des protagonistes pour amener inconfortablement des informations cruciales pour le récit.

À noter que certaines des nouvelles auraient gagné à être plus étoffées. Eussent-elles été plus longues (admirez en passant le passé du conditionnel, chic, suranné, très vieille France, merci), ces nouvelles n'auraient pas nécessité de dialogues aussi informatifs. Mon grain de sel.

À noter aussi, beaucoup de fautes de français. Conjugaison à surveiller.


Cote 6,5 / 10

samedi 24 octobre 2009

104. Le protocole Reston - Mathieu Fortin

Dans Trois-Rivières assiégé par des zombies, Victor et Lucien (et non Julien comme le signale la 4e de couverture, impardonnable) tentent de sauver leur peau en compagnie de Sara, de David, d'Érika...

Ça part sur les caps de roue et ça ne lâche pas avant le point final. L'action est non-stop, le lecteur est pris dans le mouvement, et le temps de le dire, le roman a été lu d'un bout à l'autre. Rarement 90 minutes ont elles passées si vite pour ce lecteur-ci.

Deux bémols. La transcription écrite de la langue parlée est inégale dans le roman et ça se remarque : fine au début, heavy au milieu, puis médium vers la fin. Même que certaines locutions ont une graphie variable selon leur emplacement (fac, faque...), ce qui choque le pointilleux en moi. On peut croire que c'est mineur, pas pour moi cependant, parce que c'est un irritant qui n'aurait pas dû survivre à une relecture attentive.

Et à la toute fin, page 123, je n'ai vraiment pas apprécié le sourire « pervers » du docteur Miersk. Ça fait savant fou, ça mine la crédibilité du roman, et le Protocole Reston ne méritait pas ça. C'est tellement cliché que c'en est indigne du talent de Fortin. (Grain de sagesse : Un roman est une chose complexe et totale, il suffit d'une phrase boiteuse pour que l'édifice s'écroule, une expression mal choisie et c'est le roman qui en pâtit.)

Ce sont deux objections mineures, qui n'ont pas vraiment gâché mon immense plaisir de lecture, mais qui l'ont quelque peu émoussé. Quand même : vivement recommandé par ce lecteur-ci. (Et la couverture est absolument sensationnelle.)

Cote 8 / 10

Le protocole Reston
Mathieu Fortin
Coups de tête, 2009
124 pages

mercredi 21 octobre 2009

103. Edna, Irma et Gloria - Denise Bombardier

Le titre laisse tout entendre. Il s'agit d'une saga familiale vue à travers le regard de trois sœurs qui ne s'aiment pas beaucoup. La saga traverse la seconde moitié du XXe siècle et passe le Québec de l'époque à la loupe. Elle s'inscrit dans le courant des grandes sagas que produisent des auteurs comme Michel David, Jean-Pierre Charland, Louise Tremblay-D'Essiambre, et bien d'autres. Il y a une mode de la saga qui s'abat sur le Québec depuis presque une décennie, et l'auteure y a cédé, elle aussi.

Le roman souffre de trois défauts rédhibitoires.

a) Côté péripéties, c'est anémique et pompier. Bambardier enligne les (rares) événements de manière bien sage, créant un un ronron considérable auquel ce lecteur-ci n'a pas été en mesure de résister, au point de sauter des passages complets.

b) Non seulement le roman est-il plat (dans le sens de platte), il est contaminé par le bitchage constant des trois pétasses. Trop, c'est comme pas assez; et le lecteur se lasse. Bien sûr, le bitchage existe entre frères et sœurs, ce sont des choses qui se produisent dans certaines familles, et il y en a dont c'est le fondement; mais pour le rendre intéressant d'un point de vue romanesque il faut faire montre d'un talent moins ordinaire que celui que Bombardier montre ici.

c) Finalement, dans le but de montrer la symbiose entre les soeurs, l'auteure a cru bon d'utiliser un artifice littéraire assez bizarre. Chaque affirmation, chaque point de vue, chaque parole de l'une ou l'autre est aussitôt suivi dans la phrase immédiatement après par des affirmations/points de vue/réparties (évidemment différents et acerbes) de chacune des deux autres. Ce procédé crée une espèce de girouette qui rend ardue une lecture qui ne le mérite pas.

On résume : Ennuyeux dans le sens de lassant par son anecdote et ennuyeux dans le sens d'embêtant par l'acerbité de tous les instants, ce roman n'a pas plus à ce lecteur-ci. Vraiment pas.

Cote 3 / 10

Edna, Irma et Gloria
Denise Bombardier
Le livre de poche, 2009 (éd. or. 2007)
247 pages

mardi 20 octobre 2009

On va en voir des étoiles

Depuis un certain temps, je songe à éliminer ou, tout au moins, à refondre le système de notation de textes que j'utilise lorsque je fais mes petits commentaires de livres.

Depuis 1987, l'année où j'ai acheté un MacPlus (mon premier « vrai » ordinateur), je tiens un registre de chacun des livres que j'ai lu et terminé
(1762, au jour d'aujourd'hui) coté de zéro à dix. C'est un système simple, un peu scolaire, qui me convient parfaitement et avec lequel je suis très à l'aise.

Cependant, je ne suis pas satisfait de ce que ça donne sur le blogue. Il me semble que ça laisse l'impression que je suis intransigeant, dur inutilement, et que j'ai l'air d'un vieux schnock crachant du fiel avec dédain. (D'autre part, faudrait pas que j'exagère l'importance de ce blogue, hein, on se comprend.)

J'ai l'impression qu'un système basé sur cinq étoiles serait plus encourageant (ou moins décourageant, si on est du genre verre à demi vide) pour l'auteur qui lit un commentaire sur son texte, spécialement un auteur débutant qui n'a peut-être pas le détachement, ni la carapace, d'un pro.

Une note de 4 sur 10, c'est dur à encaisser, ça fait je-suis-poche, mon-texte-est-raté, etc.; tandis que deux étoiles sur cinq, c'est plus facile à avaler me semble-t-il, bien qu'au final ce soit exactement la même chose.

Pourquoi est-ce plus facile à accepter ? Aucune idée, mais je sens que ça a peut-être à voir avec l'abstraction du système lui-même (on est noté sur autre chose que des chiffres) et le fait qu'il y a des étoiles, ce qui nous ramène aux devoirs de nos enfances : une étoile sur cinq, c'est quand même bien une « étoile », non ?

Ça se peut que j'expérimente un petit système à cinq étoiles d'ici peu. C'est à voir.

lundi 19 octobre 2009

L'Illusion - théâtre de marionnettes

Nous sommes allés samedi après-midi au théâtre de marionnettes, l'Illusion, situé sur le plateau Mont-Royal. La pièce s'intitule : Les habits neufs et elle vise un public de deux ans et plus.

C'est un très minuscule théâtre de 30 places (coussins pour les enfants et banquettes de bois pour les parents) et c'était plein.

J
ouée par Claire Voisard, la pièce est une adaptation du conte Les habits neufs de l'empereur d'Andersen. Ça dure 35 minutes à tout prendre.

Mme Voisard a un talent sûr. Elle a une présence sur scène qui est magique; les enfants sont captivés dès son apparition. Évidemment, comme il s'agit d'une pièce qui s'adresse à un public pas toujours tranquille, la situation devient vite rigolote quand les enfants commencent à interagir avec la comédienne. C'est le but de l'opération, et en aucun temps, Claire Voisard n'a-t-elle perdue le contrôle de sa salle...

La première photo montre l'emplacement du théâtre (De Bienville et Saint-Hubert), l'autre une des dernières scènes du spectacle où l'on voit la comédienne, l'empereur au centre du métier à tisser, Bobine et quelques-uns des sujets de sa majesté.

Un très agréable spectacle que les jeunes ont gouté. Benjamin a adoré ça, papa et maman aussi. L'entrée est 12 $, ce qui est presque rien.


Chaudement recommandé.

samedi 10 octobre 2009

102. Porteur de mémoires - Patrick Desbois

« Une balle, un Juif. Un Juif, une douille, » a dit le SS-Gruppenführer Otto Ohlendorf durant son procès pour crimes de guerre à Nuremberg en 47.

Presque soixante-dix ans après le génocide des Juifs durant la Seconde guerre mondiale, on trouve encore de nouvelles avenues de recherche, de nouvelles manières de pressentir la vérité.

Sur les traces de Richard Rhodes (Masters of Death), Patrick Desbois analyse la Shoah par balles, c'est-à-dire ce segment de l'Holocauste qui a été conduit
par les groupes spécialisées des SS, les Einstazgruppen et les différents unités de l'Ordnungpolizei contre les populations juives sur le front de l'Est avant même la construction des camps d'extermination. Il estime qu'il n'y a pas moins d'un million de victimes enterrées dans 1 200 fosses en Ukraine.

Desbois a été sur le terrain avec une équipe. Il a parcouru l'Ukraine dans tous les sens, un véritable continent d'extermination. Et il a compté les douilles
près des fosses communes vidées par les Allemands lors des retraites de 43, puis de 44. Il a trouvé des témoins de ces massacres, de hommes et des femmes qui vivent depuis 70 ans avec ce terrible secret. À l'époque, ces témoins avaient 5 ans ou 10 ans. Ils ont vu leurs amis, leurs camarades de classe et leurs voisins abattus comme des chiens et jetés dans des fosses communes.

Douilles trouvées à Khvativ, Ukraine

Desbois préfère laisser la parole à
ceux qui ont vu et qui se taisent depuis. L'ouvrage est dur, impitoyable; la vraie horreur elle est là, pas ailleurs, dans ces descriptions sobres de scènes insoutenables. « Je me souviens d'un jeune Juif qui avait des jumeaux, il les portait dans ses bras, un Allemand s'est approché de lui, il a tiré sur un enfant puis sur l'autre et le troisième tir fut pour le père. » Trois balles, trois Juifs. Trois Juifs, trois douilles.

Desbois est allé compter les douilles oubliées en Ukraine. Il en a ramené un ouvrage qu'il faut lire absolument. Par devoir de mémoire.


10 / 10

Porteur de mémoires
Patrick Desbois
Michel Lafon, 2007
330 pages
Illustré, cartes
Disponible aussi en édition de poche


vendredi 9 octobre 2009

Ha ha !

Hier à Letterman :
The Nobel prize in chemistry went to two Americans and a Israeli.

The Nobel for lack of chemistry went to McCain and Palin.
Gros rires bien juteux de ma part.

mercredi 7 octobre 2009

Si j'en avais de plus grosses...

Comme je suis très poche dans la fabrication d'une histoire, c'est-à-dire la mécanique de l'enchaînement des événements, j'ai souvent l'idée d'écrire un texte en forme de jeu que les lecteurs du blogue scénariseraient au fur et à mesure. Un peu comme comme dans les livres dont vous êtes le héros, mais en version collégiale et improvisée.

L'exercice se déroulerait ainsi : Je commence par une petite mise en scène, disons deux cent mots, que je mets sur le blogue. Puis je demande qu'est-ce qui pourrait bien se passer après ça ?

Par exemple : Jean et son raton-laveur vont déjeuner au resto. Arrivent des bikers pas contents d'avoir scrappé un deal de coke. Le chef est pas en forme, la serveuse est distraite et le raton-laveur se zigne sur la patte de la table bancale où sont les bikers.

Qu'est-ce qui se passe après ?

Les lecteurs envoient des suggestions, je choisis et j'écris la suite, disons encore 200 mots, et on répète le processus à chaque, hum, semaine, et on le répète, et on le répète...

Mais pour oser le faire, ça me prendrait des schnolles grosses comme ça et je ne parle pas d'infection de la prostate, là.

Et là, on peut toujours rêver...

lundi 5 octobre 2009

Un pas de plus vers le million

L'antre de l'ermite a reçu sa trente millième visite ce soir. Wow !
Une chance que vous êtes pas tous venus ensemble, l'ermitage aurait été full paqueté.
Merci.

Éphéméride

Il y a quarante ans aujourd'hui était diffusé à la BBC le premier épisode du Monty Python's Flying Circus.

101. Mañana - Louis-Thomas Pelletier

Dans un petit village québécois, deux frères un peu simples d’esprit attendent le moment propice pour cambrioler la Caisse populaire. Prêt à intervenir, un jeune policier ambitieux attend qu’ils passent à l’action. Mais voilà… nos deux criminels en puissance ont un grave problème de procrastination: ils remettent tout au lendemain, y compris leur crime. Déguisant alors son ambition en altruisme, notre jeune héros devra s’improviser travailleur social pour enseigner à ces deux zigotos les vertus d’agir aujourd’hui. (4e de couverture)

J'aurais bien voulu montrer plus d'enthousiasme pour ce roman. Il est plein de bonnes choses : personnages bien esquissés, intrigue légère mais bien mise en place, situations cocasses et découpage serré. Et puis le genre comique est assez rare au Québec. Mais voilà, je suis un vieux crouton difficile à satisfaire. La petite bête noire, je la débusque, quels que soient les atours dont elle se pare. Yes, sir !

Or donc : Je n'ai pas cru à la naïveté de Fred Masson, le personnage principal. Or il faut y croire à cette naïveté pour accepter les détours de l'intrigue. Fred devient subitement très nono quand ça sert l'auteur, très nono dans ses interventions desquelles va surgir la comédie. C'est simple, j'ai pas adhéré à 100 %. Le comique est parfois
télégraphié, parfois forcé, parfois même expliqué pour que le lecteur comprenne bien. J'ai l'air dur, là, pourtant, j'ai lu Mañana d'une traite avec plaisir, sans en être totalement satisfait après-coup. Et j'ai mis les autres romans de Pelletier dans ma liste des livres sur lesquels jeter un coup d'oeil.

Nonobstant cela, l'ensemble est super sympathique. Beaucoup plus sympathique que drôle, d'ailleurs. Ça nous fait un quatre-vingt-dix minutes d'une lecture au-dessus de la moyenne, très correcte et amusante... En somme, un roman parfait pour se désennuyer sans se fêler un neurone.

Note 6,5 / 10

Mañana
Louis-Thomas Pelletier
Les intouchables, 2006
167 pages