lundi 31 août 2009

96. Un tour en Arkadie - Francine Pelletier

Son astronef n’obtenant plus de contrat, Frédérique Laganière accepte sans gaieté de cœur de transporter Nicola Piccino et sa cargaison vers Arkadie à bord du Gagneur. Piccino est un individu un peu louche, et le fret qu’il emporte est-il bien du matériel agricole? Frédérique est habitée par un doute sur la légitimité du cargo et de son affréteur, mais il faut bien vivre…

L’intuition de Frédérique se confirme lorsqu’à peine arrivé en orbite d’Arkadie, Piccino sort un pistolet et menace de faire exploser le Gagneur et son équipage (Frédérique et sa pilote Cristane) si la cargaison n’est pas détournée de sa destination initiale. Posée en catastrophe, la barge est aussitôt capturée par des mercenaires à la solde des loyalistes qui mettent la main sur Piccino et le soumettent sans plus attendre à une torture brutale.


Piccino, Frédérique et Cristane seront libérés par des nationalistes lors d’une action militaire menée contre les mercenaires. À l’abri dans les grottes où se terre un groupe de nationalistes dissidents, Frédérique sera mise au courant des relations pas très claires que la planète entretient avec les grandes puissances de Cristobal, l’Hindustan et le Zhongguo, ainsi que de la complexité de la politique arkadienne, divisée entre loyalistes, fidèles à l’ancienne administration des compagnies minières, et nationalistes, eux-mêmes scindés en rebelles, qui revendiquent l’autonomie d’Arkadie et son détachement des pouvoirs des compagnies minières).


Les sympathies de Frédérique et de Cristane se portent d’emblée vers les nationalistes rebelles. Les deux Cristobaliennes feront équipe avec eux jusqu’à la fin de la lutte. Ce qui amène le lecteur à conclure que toutes les deux sont atteintes du syndrome de Stockholm, avec une mention spéciale à Frédérique; non seulement embrasse-t-elle la position idéologiques des rebelles qui la séquestrent « pour son bien », mais elle en pince très sérieusement pour le chef présumé de ceux-ci, Nicola Piccino lui-même (alias Nikolaï, alias Ouri), un homme qui lui a menti, et l’a kidnappée et brutalisée en la menaçant de mort. Mais il est si séduisant !


Jusqu’à ce point, le roman a un certain élan, une tension soutenue par l’écriture lente et mesurée de Pelletier qui est une sacrée conteuse. Mais à partir du moment où Frédérique se retrouve dans le repaire des rebelles, l’élan est coupé net et le roman devient essentiellement statique. Il y a bien quelques sursauts d’action dans la dernière moitié, cependant le lecteur est emprisonné dans un filet de paroles, d’explications et de laborieuses descriptions de déplacements. Par ailleurs, dans la mesure où la vraie vie de guérilla doit justement ressembler à ça : beaucoup de parlotte, de coupage de cheveux en quatre et d’arguties théoriques, mêlés à quelques actions violentes assez rare, on pourrait dire que l’aspect mimétique du roman de Pelletier est parfaitement réussi. Et pourtant, je me suis ennuyé, parfois considérablement, et la tentation d’en sauter des bouts m’a souvent tourmenté.


En entrevue télévisée, Francine Pelletier avouait avoir simplement cherché à écrire un roman d’aventures dénonçant la guerre. La question se pose donc à savoir si elle a réussi son pari. Hélas, il n’y a pas que l’enfer qui soit pavé de bonnes intentions, les romans ennuyeux le sont aussi. Un tour en Arkadie est un roman où l’aventure est terne, répétitive et relève pour l’essentiel de la discussion. Quant à la dénonciation de la guerre, il est remarquable – en même temps que pervers – de constater que les scènes de combat soient les plus réussies, les plus fougueuses et certainement les plus emballantes du roman (ce qui n’est certes pas nouveau en soi, puisque c’est généralement le destin de la plupart des œuvres antimilitaristes, je ne vois que Paths of Glory, le film de Kubrick, à ne pas entrer dans ce moule).


Le matériau romanesque sur lequel Un tour en Arkadie est bâti est trop ténu pour un ouvrage de cette longueur. Ramassé, ça aurait pu être un court roman soutenu. Bien sûr, on se s’attend pas d’un roman de Francine Pelletier qu’il soit plein d’actions, de poursuites et de dialogues percutants. Pelletier est maîtresse des atmosphères feutrées, du mystère, du non-dit… Mais avec ce roman est tout simplement long et ennuyeux.


Un dernier point, plus sérieux car il est l’âme du matériau romanesque, concerne le personnage principal. Frédérique Laganière est une jeune femme dont les épaules ne sont pas assez larges pour supporter l’intrigue du roman. Elle n’a ni la prestance, ni l’intellect, ni la maturité pour être héroïne de roman. Il y a, en elle, trop d’innocence (dans tous les sens du terme) et d’ingénuité pour que le lecteur adhère au personnage. Contrairement à son père, Manuel, qui était le héros de Si l’oiseau meurt…, le précédent roman de cette série, et qui devait faire face à des problèmes similaires, mais qui lui était porté par la quête de sa propre identité; dans Un tour en Arkadie, Frédérique Laganière est tout simplement ballottée par des mouvements sociaux qu’elle comprend à peine et dont elle ne saisit pas toujours la portée. Elle devient donc l’observatrice immature d’une société qu’elle est incapable d’appréhender.

J’aime beaucoup Francine Pelletier, et je suis généralement sensible à l’esthétique et à la thématique de ses romans, mais là, je dois admettre qu’elle a tout écrit un roman qui n’a pas fonctionné pour ce lecteur-ci.


Cote 6 / 10

Ce commentaire de lecture est initialement paru (sans pointage) dans Brins d'éternité n° 23.

Un tour en Arkadie
Francine Pelletier
Àlire, 2009
334 pages

dimanche 30 août 2009

Parce que

Parce qu'ils sont le cœur et l'âme de mon existence.
(Ça nous rappelle aussi qu'on a eu un genre d'été où il a été possible de se mettre en short pour aller à l'épicerie.)

samedi 29 août 2009

95. Horrifique n° 65

Sous une couverture rigolote de Laurine Spehner, voici le premier numéro de mon abonnement à ce vénérable fanzine. Trois fictions et une bd.

Corpus de Denis Labbé. La petite voix qui lui parle dans sa tête de musique et de peinture n'est-elle pas celle de Jack l'Éventreur ? Un peu lourd à débuter, ça tourne en rond, avant de se terminer dans le sang. 5,5 / 10

Frères de sang de Romano Vlad Janulewicz. Un pacte lie cinq amis pour la vie et pour la mort. Vraiment ? Ça ne renouvelle rien, mais c'est plutôt bien raconté. Pas mal du tout, la nouvelle. 6,5 / 10

La main verte de Romano Vlad Janulewicz. Adélaïde est jalouse du jardin luxuriant de sa voisine Josiane. Comment réussit-elle rien qu'en leur parlant ? Même si on sent venir la fin, cette nouvelle est une réussite totale. Bons personnages, narration contrôlée. 8,5 / 10

Héritage de Mathieu Myskowski. Moi qui n'aime pas la bd dite « sérieuse », j'ai adoré celle-là. Une histoire sans fioritures, juste de la bonne narration. 7,5 / 10

Le numéro est complété par une une revue désopilante des french kiss à l'écran par Daniel Coulombe, une entrevue du cinéaste amateur Fred Martel et le manifeste/cri du coeur des zines de SFFQ.

Un bon numéro d'un fanzine dont on parle peu. 6,5 / 10

jeudi 27 août 2009

94. Brins d'éternité n° 24

Sous une couverture, jolie mais un rien fade, qui rappelle un peu l'Anglais Turner, Brins d'éternité nous offre dans sa 24e livraison cinq excellentes fictions.

Les terrasses de Brera
de Jean-Louis Trudel. La Terre est-elle envahie par des créatures extraterrestres intelligentes ou est-elle sous l'emprise d'anges ? Voilà un truc bizarre, quelque soit l'angle selon lequel on l'interprète. L'atmosphère est sobre et évocatrice, nous sommes à Milan et Trudel pose son décor avec art. Par contre, je crois que j'ai tout simplement été imperméable à l'humour de l'auteur. 7,5 / 10

Cornemuse en intraveineuse
de Martin Lessard. Un homme qui n'a plus besoin de dormir vit l'anxiété du temps qui passe. Je ne connais pas Martin Lessard, mais il réussit ici une spectaculaire entrée en fiction. Un très bon texte sur lequel ce lecteur-ci n'a rien à redire à l'exception de ceci : quelqu'un peut-il m'expliquer le lien entre la première et la seconde partie ? 7,5 / 10

Un coup d'éclat dans un club de clones de Marius Mars. L'inspecteur enquête sur le meurtre d'un clone dans un club échangiste. Qui se cache derrière ce pseudo avoué ? C'est écrit à la manière et avec la verve de Nando Michaud, mais cet auteur revendique généralement ses coups. Alors bon, je paie un bock à prendre au prochain Boréal au bavard qui me dévoilera l'auteur. Ça restera secret. Quant à la nouvelle, c'est rigolo, juste de la bonne longueur et j'ai aimé. 8 / 10

La fissure de Claude Bolduc. Une invasion de domicile qui se termine dans le sang et par un paradoxe temporel, rien de moins. Le grand art de Bolduc c'est de ficeler son histoire (début, développement, fin) en quatre pages à peine sans créer d'insatisfaction pour le lecteur. 9 / 10

Tatouage de V.K. Valev. L'univers disparait inexorablement, les étoiles se transforment en trous noirs à un rythme qui va s'accélérant. Amélien est chargé de créer de la matière en faisant entrer en collision les étoiles qui restent. Yowzie. Une histoire forte, sobrement rendue, basée sur une idée comme on en voit pas souvent. Valev écrit peu, mais ça compte. 9,5 / 10

Le numéro se termine avec un reportage sur Fantasia (aucun intérêt pour moi, je suis cinéphobe) et deux essais philosophiques assez pointus.

Remarquable numéro, d'une homogénéité rare et qui n'a rien à envier à Solaris. 8,5 / 10

mardi 25 août 2009

Sur la piste des dinosaures

Samedi après-midi, nous avions rendez-vous tous les trois au Centre Bell avec des monstres préhistoriques. En effet, nous allions voir le spectacle Sur la piste des dinosaures. Suzanne et moi avions une toute petite crainte que Benjamin n'ait peur. Il a beau être dans sa phase « dinosaure », reste qu'un tyrannosaure grandeur nature qui grogne, ça peut causer des palpitations.

Mais qu'est-ce qu'il a aimé ça ! Le spectacle dure environ 90 minutes, divisé par un entracte. Deux parties de 45 minutes chacune, un spectacle somme toute pédagogique qui retrace l'histoire de ces monstres géants jusqu'à leur extinction.

C'est extrêmement bien fait, les dinosaures sont convaincants et les mouvements que leur donnent leurs manipulateurs sont tout à fait naturels. Il n'y a qu'à la fin, au moment où maman tyrannosaure vient sauver son petit tyranneau avec des cris furieux, que Benjamin a eu une petite réaction, celle de nous prendre les mains à moi et à Suzanne, mais sans jamais quitter le spectacle des yeux.
Eh, oui, un tyrannosaure qui mugit, ça crée des palpitations, même chez les adultes !

Et la musique est absolument sensationnelle.

Les photos ne sont pas extraordinaires. Les conditions d'éclairage étaient difficiles et je suis un photographe indécrottablement mauvais. Suivez le guide quand même :

Roulement de tambour : ça commence !

Un stégosaure vient flairer la foule.

Deux brachiosaures et un autre dont j'oublie le nom, un allosaure je crois.

Ce n'est pas un ptérodactyle, ce n'est pas un serin non plus !

Vélociraptors en chasse.

Un bestiau particulièrement imposant.

Mastodonte à mailloche.

Maman tyrannosaure vient protéger son bébé, la madame est pas contente.

Fin du spectacle : maman tyrannosaure retrouve fiston, pause tendresse, une comète et c'est rideau pour les dinosaures, au propre et au figuré.

L'enfer, chez nous



À cause d'une bourde administrative, le roman de Patrick Sénécal, Hell.com, a été mis en vente au Renaud-Bray de Pointe-Claire aujourd'hui plutôt que jeudi. J'étais là pour acheter Suprématie de Laurent McAllister. Je suis sorti avec deux romans !

Hé hé !

lundi 24 août 2009

Mon coin de travail

Ma place : mon portable sur le coin de la table de cuisine. Aux commandes, ma tendre et douce et mon petit tyranneau à moi faisant la moue pour le photographe. (Exceptionnellement, à côté de mon ordi, il y a aussi le portable de travail à Suzanne.)

J'ai un autre coin à l'étage avec un ordinateur personnel dont je ne me sers pratiquement plus et où se trouve aussi l'imprimante.

93. Station Fiction n° 3

Sous le thème obscurité, la revue nous présente six fictions.

Le Père Noël
d'Arthur Z. Balogh
. Des extraterrestres répondent à l'appel d'une petite fille qui croit encore au Père Noël. Ce court texte tout à fait charmant est écrit dans un drôle de français qui lui donne un charme certain. 9 / 10

La nuit tombe sur Sherwood d'Olivier Boile. À la fin de ses jours, Robin des Bois se remémore sa vie, les idéaux, les enjeux et la réalité n'est pas celle du mythe. Un déboulonnage longuet et sans intérêt. Je n'ai pas embarqué. 4 / 10

Par-delà le sang de Cyril Carau. Pour exorciser son frère du vampirisme qui le mine, Gabriel l'emmène en Afrique noire y subir un rituel terrible. Ensemble ils affronteront des hordes de vampires. Très gothique, surchargée de détails, cette nouvelle ne m'a pas plu, mais alors pas du tout. L'atmosphère est prenante, mais il y a quelque chose dans le style de Carau qui me semble artificiel. J'ai au moins appris un mot nouveau : smaragdine. 3,5 / 10

Hypermarché de Nicolas Chapperon. Amédée aime bien faire ses courses au centre commercial Univers. Une courte nouvelle sur le commerce et la capacité de rêver encore. Je me suis bien amusé et j'ai ri à quelques reprises. Bravo Chapperon. Chapeau aussi pour la notice biographique, l'auteur y fait de l'ironie sur ces auteurs qui ont fait 36 métiers. 10 / 10

L'apprentie d'Aurélie Ligier. La Grande Faucheuse doit entraîner sa remplaçante, Lucie, qui elle doit apprendre ce que c'est que la douleur de la mort. Un beau texte, d'une écriture très aboutie. Jeune auteure à suivre. 9 / 10

Ondulations dans l'obscurité d'Aleksandar Ziljak. Le thème de la première rencontre entre races, mais du point de vue des extraterrestres. C'est prenant et très réussi. 8 / 10

Moins fort que les précédents numéros. Les deux nouvelles les moins intéressantes sont les plus longues. 6,5 / 10

dimanche 23 août 2009

92 Clair/Obscur n° 6

Le numéro s'ouvre sur un texte intéressant de Stanley Péan qui parle de la genèse de son roman Zombi Blues. Et il se poursuit avec trois fictions backaback :

Mille et une minutes
de Dave Côté. Le narrateur, assailli dans son véhicule d'exploration par des zombies, tente de négocier un sauvetage avec son QG sur la base d'information qui sont entre ses mains. Pour lui, ça ne se passera pas comme ça. Une jolie réussite avec une chute qui m'est apparue un peu abrupte. 7,5 / 10

La peine de vie d'Alain Jetté. Un "mort-vivant" erre dans la ville en proie à l'angoisse de sa nouvelle condition. Beau texte sur l'angoisse et la mort, malheureusement déparé par une explication quasi-simili-technique très naïve et qui a laissé ce lecteur-ci en mode incrédule. 6 / 10

Les zombies dans nos campagnes de Guillaume Voisine. Par accident un gaz est délesté dans la campagne, transformant les habitants d'un village en zombies que Romero n'auraient pas reniés. Quelques personnages tentent de s'en sortir. Sur un canevas classique, Voisine raconte une bonne histoire, avec des personnages bien campés et des événements bien amenés. C'est du divertissement mais super bien fait. Par contre, un gros, très gros bémol, la fin est garrochée et incomplète, Elle ne m'a pas satisfait le moins du monde. J'ai eu comme l'impression que l'auteur en avait eu assez de ce texte, ou encore qu'il s'agissait de la première partie d'une nouvelle encore plus longue (si oui, la suite presto). Pourtant, jusque-là, ça baignait terriblement. 7,5 / 10

Les chroniques habituelles suivent. Notons la couverture
très réussie, oeuvre de Valérie Bédard : un hommage zombie à Jean-Paul Lemieux.

Un bon numéro. 7 / 10

J'ajoute ce qui suit le lendemain de la publication de ce billet. Pour qualifier la fin du texte de Guillaume Voisine, j'ai utilisé une expression malheureuse, "garrochée", ce qui laisse entendre de la part de l'auteur une part d'insouciance et de négligence que je ne lui soupçonne pas. Les mots dépassent parfois la pensée, et je présente à Guillaume mes plus plates excuses.

samedi 22 août 2009

91. Asile n° 1

Le blogue du fanzine se trouve­­­­­­­ »»» ici.

Cinéphiles
de Guillaume Voisine. Une race d'êtres incorporels s'intéresse aux émotions humaines. Qu'arivera-t-il quand elle s'en lassera : cessera-t-elle d'exister ? L'auteur a écrit une nouvelle qui m'a laissé une très forte impression. L'écriture est parfaitement maitrisé et le ton, imperturbable. 10 / 10

Noir festin d'Ariane Gélinas.Une jeune femme tente de se libérer de l'influence néfaste que sa mère et l'amant de celle-ci ont sur elle. Sur son thème favori de l'enfermement, Ariane Gélinas livre une nouvelle puissante et fortement intériorisée. Du fantastique centré sur les personnages. Angoisse au rendez-vous
. 10 / 10

Mevinder de Vincent Filion. Je n'ai rien compris à cette histoire cryptique. Pourtant j'ai adoré cette courte déambulation dans un imaginaire étrange. 8 / 10

Le numéro est complété par deux poésies (je n'en parle pas, la poésie et moi, c'est comme des poux sur la tête d'un chauve), un cadavre exquis (exercice d'un intérêt limité) et un essai intéressant mais pointu sur Antonin Artaud.

Il y a un flottement quant au positionnement de ce fanzine : sf ou avant-garde. David Berthiaume-Lachance choisit l'attaque sur les deux fronts. Je ne suis pas sûr que ce soit une super bonne idée, mais enfin, affligé par un long passé d'erreurs de jugement, je risque donc me tromper encore une fois. Je pense simplement que les amateurs de sf ou d'avant-garde risquent fort de disconvenir (1) et de ne plus savoir sur quel pied danser. Qui vivra verrat, comme disait la truie.

À mon avis, Ariane Gélinas et Guillaume Voisine sont les deux plus talentueux auteurs de cette nouvelle génération d'écrivains de l'imaginaire qui compte aussi Mathieu Fortin, Jonathan Reynolds, Pascale Raud, Caroline Lacroix, Pierre-Luc Lafrance, Philippe-Aubert Côté, Dave Côté et quelques autres...


Le style d'Ariane Gélinas est reconnaissable et ses nouvelles abordent souvent les mêmes thèmes : l'enfermement, l'exclusion, le désir de partir ou de fuir, l'insoumission... Tout ça est maitrisé, bien qu'avec une légère tendance au détail qui fait surcharge et à l'emploi inutile de termes surannés. Quand on lit un texte de cette auteure, on retrouve immédiatement sa petite voix; on sait que c'est elle. C'est la marque d'un véritable écrivain.

Quant à Guillaume Voisine, sa manière est plus éclectique et protéiforme. Mais encore là, on a affaire à un jeune auteur extrêmement doué.

Départ canon pour Asile. 8 / 10

(1) Ce verbe là ou un autre, hein, du moment qu'on se comprenne.

jeudi 20 août 2009

Me r'voilà


Ces dernières semaines, j'ai considérablement ralenti le rythme d'intervention sur ce blogue parce que, well, well, mes turbulences intérieures ont refait leur apparition. En effet je souffre de dépression majeure, une maladie sérieuse dont il faut se méfier, et malgré l'antidépresseur Paxil, je fais des rechutes épisodiques. Pour paraphraser Lenny Bruce, on peut dire que même les dépressifs font des dépressions. J'expliquais déjà tout ça l'an dernier dans ce billet.

Bon, ça m'a repogné à la fin de juillet et c'est tout juste en train de se dissiper. Ça a gâché mon mois d'août : le congrès Boréal, l'anniversaire de Benjamin, mes deux projets d'écriture...

Puisque les nuées s'en vont, je vais donc retrouver mon rythme de croisière sur ce blogue. J'ai quelques commentaires de livres à rédiger, un compte-rendu de l'anniversaire de Benjamin (côté famille). Quelques informations et des réflexions d'écriture à faire.

Gros programme. Je reprends donc la route, pioume pioume comme on dit.

vendredi 14 août 2009

Jeudi à la plage

Jeudi après-midi, nous sommes alés à la plage tous les trois. Pas bien loin, à la plage de Saint-Timothé à Valleyfield, à une quarantaine de minutes de la maison. C'est une plage bien entretenue, avec une eau fortement sablonneuse, la pente est douce et la profondeur de l'eau atteint 160 cm à environ 50 mètres du bord.

L'eau était presque chaude, peut-être à 80° F. Comme celle de la maison reste désespérément à 70-74 (c'est l'ennui d'être en montagne), pour Benjamin et moi, ça ressemblait à la Floride.

On s'est bien amusé. Nous sommes restés là presque quatre heures. À se baigner, à faire des châteaux et des digues de sables, à se saucer, à refaire des digues, etc.

Il n'y a pas de photos de la baignade, puisque nous étions tous les trois à l'eau ! Même Suzanne !

Une partie de la plage.

Suzanne et Benjamin revenant de s'être mis en maillot.

Vaillants citadins se préparant à l'entrée à l'eau avec armes et bagages.

Après une longue baignade, des châteaux de sable.

Le directeur des travaux.

Un jeu facile, il y a une mouette dans la photo. Trouvez-la.

mercredi 12 août 2009

Une jeune grand-mère

Ma soeur Michelle et son petit-fils Nathan, qui se trouve être mon petit-neveu.
(Merci à Françoise pour la photo.)

mardi 11 août 2009

Quatre chandelles sur un gâteau

Dimanche, c'était pile le 4e anniversaire de Benjamin. On a décidé de réunir ses amis chez Zig Zag Zoo et de le fêter là. Merveilleuse idée ! Les enfants s'en sont donnés à coeur joie dans les structures de jeux, chacun selon son humeur et sa fantaisie. Comme on était assez de parents pour garder un oeil sur les petits, il n'y avait aucune inquiétude.

Benjamin s'est beaucoup amusé, avec peut-être juste un moment difficile lorsque est venu le temps du repas. Il y avait soudain beaucoup de monde autour de lui. Benjamin et la foule ! Ha la la... Comme son papa. Il avait l'estomac retourné soudainement. Mais ça a passé.

Avec Keira, ça a été le coup de foudre immédiat. La petite blondinette l'a entraîné à sa suite et Benjamin s'est laissé faire sans aucune difficulté. Ah, les femmes !!!

En somme, un très beau dimanche. Un beau grand merci à
  • mamie et papi
  • Sarah, Mathieu, Vincent, Tristan
  • Isabelle, Rick, Taylor, Tyler
  • Marie Claude, Robert, Matthew, Ethan
  • Ann, Malaky, Keira.
La semaine prochaine, avec la famille.

Benjamin adore les glissoires...

... c'est héréditaire, maman aussi !

Benjamin, Tyler, Taylor, Suzanne.

Dans le sens des aiguilles d'une montre :
Benjamin, Suzanne, mamie, Marie Claude et Ethan, Sarah et Vincent, Tyler & Taylor.

Le plus grand bébé du monde.

Tristan, éberlué d'avoir descendu tout seul.

La moitié gauche du gâteau.

Monsieur Sourire, Vincent, le frère aîné de Tristan.

Matthew, ses points de suture et son dessin de patte de chien.

Playmobil ! Playmobil ! Playmobil !

Tyler, sa maman Isabelle, Malaky.

Ann et Keira.

La photo est floue, mais il y a quelque chose dans leur regard.

Keira a la langue bleue, Malaky a la langue jaune. Mystère de la sloche !


lundi 10 août 2009

Papillons dans l'estomac : Boréal

Propre, rasé, les dents brossés, les cheveux coupés, j'ai mis le cap samedi vers le centre-ville de Montréal où se tenait le 26e congrès Boréal. C'est la deuxième fois que j'assiste à un congrès, moi qui aime tant ne pas sortir de mon antre, l'autre fois, c'était vers 82 ou 83. Après une nuit d'insomnie, j'avais, dois-je l'avouer, des papillons dans l'estomac. J'ai même fait trois fois le tour de l'hôtel où se tenait l'événement avant de me stationner.

Sur le site même, je suis tombé en pays de connaissance. Je reconnais sans problème des gens qui me sont familiers alors que je les vois pour la toute première fois en chair et en os : Ariane, Claude, Carmélie, Guillaume, Émilie, Jonathan, Caroline, Isabelle, Chantal (dite Chula) et spécialement Pierre...

Ça crée une étrange dynamique, on est dans une sorte d'intimité immédiate. On se connaît. Se voir en personne, c'est comme renouer.

Je fais aussi la rencontre d'auteurs de la première équipe de Requiem/Solaris : Daniel Sernine, René Beaulieu, Guy Sirois, des gens de ma génération, des vieux avec des cheveux gris en quantité non-négligeable sur la noisette.

J'ai assisté à trois panels : SFF et mainstream, l'illustration de l'imaginaire, uchronies et univers tordus, qui me font dire qu'il ne faut jamais mêler des universitaires avec des écrivains. Donner une tribune à un universitaire, aussi bien intentionné fut-il, c'est comme donner un os à un chien affamé... après on n'est plus capable de le reprendre.

Je m'étais fait beau, selon les préceptes de Guillaume Houle, espérant rencontrer justement Guillaume pour lui parler d'un petit projet que j'ai à propos de zombies. Il était occupé et la seule occasion que j'ai eu de lui parler, c'est quand je suis parti et encore là il était occupé. Bon. Enfin. La prochaine fois.

C'est fou le web. Un exemple : Parmi les participants, j'ai reconnu Éric Gauthier, l'auteur d'Une fêlure dans le flanc du monde qui est dans ma pile de livres à lire. Ma foi du bon dieu qu'elle n'a pas été ma surprise quand c'est lui qui est venu me voir en me demandant si j'étais bien l'ermite de Rigaud. Wow. Ça m'a souffé comme une bougie. On a jasé quelques secondes à peine parce que tout ce que j'arrivais à articuler, c'était euh euh euh... comme un imbécile.

J'ai pis un tout petit nombre de photos, ce que je regrette. Félicitations à l'équipe qui a organisé le congrès. C'était très réussi à mon avis.

René Beaulieu

Daniel Sernine, Guy Sirois, Benoît Simard; debout à l'arrière, Pierre-Alexandre Bonin.

Pierre-Luc Lafrance

Mathieu Fortin

Jonathan Reynolds

Serena Gentilhomme et Claude Bolduc

Émilie C. Lévesque, Mathieu Fortin, Carmélie Jacob, Claude Bolduc, Jean-Louis Trudel

Jean-Pierre Laigle, Marie Laporte, Dave Côté, Luc Dagenais, Élodie Danielou, Guillaume Houle

Serena Gentilhomme, ?, Gabrielle Delavoie, Jonathan Reynolds, Jocelyne Mailloux