mardi 28 juillet 2009

89. Papa a acheté un camping-car - François Althabégoïty

Précision : Ce livre est un récit de voyage et non un roman.

Papa a acheté un camping-car -- une famille, trois continents, sept mètres carrés. Titre et sous-titre amusants, on croit qu'on va bien rigoler à suivre les aventures désopilantes d'une famille légèrement dysfonctionnelle sur les routes des Amériques et de l'Afrique. La photo de la couverture illustre bien cette idée.

Erreur, on ne s'amuse pas dans ce livre. C'est dû, en grande partie, à la personnalité de l'auteur. Il essaie bien de faire rigoler, d'amuser le lecteur avec les péripéties de son voyage, mais Althabégoïty est un homme entièrement tourné sur lui-même, sur ses petites préoccupations, sur ses petits malheurs, en résumé, il est égocentrique, méprisant et mesquin.

Ça commence mal : la famille est mal préparé à ce long voyage de neuf mois. Le but est d'atteindre la pointe supérieure de l'Alaska en traversant le Canada, puis de redescendre vers l'Amérique centrale, passer en Afrique et remonter vers Toulouse, le lieu de départ. Mais ils n'ont pas songé au froid (Yukon et Alaska, youhou quelqu'un, réveillez-vous), aux moustiques, à la désolation des paysages qu'ils devront contempler des jours et des jours entiers, à la promiscuité de vivre à quatre dans un petit camping-car...

Dans les cent premières pages, l'auteur passe son temps à se plaindre, avec à peine une trace d'auto-dérision. C'est bête à mourir et on a le goût de lui flanquer des baffes devant le traitement qu'il fait subir à sa famille : car sa femme s'occupe de tout, ménage, alimentation, divertissement des enfants, une fillette de cinq ans et un garçonnet de deux ans. Lui, il conduit, chiale et ronchonne contre sa femme qui lui fait des « crises ». Une couple de baffes pour ce connard à lunettes !

Althagoïty est le roi du cliché : les Québécois sont bien entendu gentils, encore qu'ils aient un accent « épouvantable », les Américains sont obèses et obsédés par le matériel, les Mexicains sont des canailles... Althagoïty assène clichés par-dessus clichés; de ce côté-là, il ne craint personne.

Comble du comble, ce gars-là est pingre comme c'est pas permis (à noter qu'une étude internationale vient corroborer que les Français sont considérés les touristes les plus pingres du monde...) Cheap. Du genre à vider sa tank à marde n'importe où -- même dans des aires à pique-nique !! -- à la condition que pouvoir le faire gratuitement. De façon générale, il est tout fier de laisser des pourboires microscopiques et de ne pas payer pour les services utilisés. Quel minable !

Pire,
il y a une méchanceté inhérente chez cet individu qui se réjouit constamment du mauvais sort qui afflige les autres, notamment lorsque de jeunes mariés au Mexique ratent leur repas de noces. Il jubile du malheur des autres. Quel taré !

Aussi, je mentionne brièvement les anglicismes dont on raffole tant outre-Atlantique : les Rockies, la Yukon River, l'Alaska Highway... Bientôt, je le jure, y a un Français qui va nous chier un livre tout en anglais, pour aller jusqu'au bout de son raisonnement. Par contre, j'ai appris que l'espace pour coucher au-dessus de l'emplacement du siège du conducteur s'appelle une capucine. C'est joli, une capucine.

Cerise sur le gâteau, ce lecteur-ci décerne virtuellement un coup de pied au cul de l'éditeur qui a fait un travail de cochon sur ce livre : coquilles, mots manquants, mots tronqués, mots concaténés, tout ça en assez grande quantité pour que ça se remarque sans effort... Chou à Laffont.

Il y avait très peu de joie dans ce périple. Il n'y en a pas eu du tout dans le cœur ni la tête de ce lecteur-ci.

Cote 3 / 10

Papa a acheté un camping-car
François Althabégoïty
Robert Laffont, 2008
230 pages, avec cartes et photos

lundi 27 juillet 2009

La Macaza, oui, oui, oui, La Macaza, non, non, non

La Macaza
oui oui oui
La Macaza
non non non

(Quand j'étais petit, c'est une ritournelle qu'on chantait sur l'air des Chevaliers de la table ronde lorsqu'on montait chez les parents de mon père à La Macaza. Inlassablement. On chantait et on rigolait, pétris de l'innocence de l'enfance.)

Samedi nous sommes allés voir mon père à La Macaza. C'était l'occasion d'une réunion familiale où ne manquait que mon neveu et filleul, Antoine, parti dans un camp pour les cadets de l'aviation.
Pour monter, nous avons pris la 327, une route à deux voies, pittoresque mais pas rapide, qui nous a fait économiser 50 kilomètres de route sans nous faire gagner une seule minute. Décidément, ça prend 2 h 30 pour monter là-bas, que notre chemin d'accès vers la 15 soit la 40, la 640 ou la 327.
Benjamin s'est montré très impressionné par le VTT à trois roues de mon papa. Il était fasciné et a insisté pour donner des leçons de conduite à chacun d'entre nous, qu'on le veuille ou non.

On a profité d'un trou pour aller faire un tour chez les (quasi) voisins de mon père, mon oncle Yves et ma tante Françoise qui tient un blogue familial particulièrement fourni. Ça faisait longtemps qu'on les avait vu et on a passé un très agréable moment.

Nous sommes arrivés au début de l'après-midi et nous avons remis le cap vers Rigaud à 21 h 00, avec arrivée à 23 h 30.

Une belle journée. Quelques photos.

Benjamin et grand-papa Gonzague; la bière n'est pas à Benjamin !

Mon frère Claude mangeant de la laitue, un événement à immortaliser.

Nathan, Suzanne et Benjamin au parc de La Macaza.

Là où je cache le pneu de secours (pleine grandeur) de ma Camry. (Photo par Benjamin.)

Françoise, la femme de Yves qui est arrivé trop tard pour la photo.

Taîaut ! Taïaut !

Ne vous fiez pas aux apparences, c'est Benjamin qui conduit !

Mon petit-neveu Nathan, endormi solide contre le bord de sa poussette.

Benjamin, Suzanne, Nathan, l'Ermite. Notez que Suzanne et moi penchons la tête dans le même angle, ce que c'est que d'être un vieux couple ! (Merci à Françoise Laramée pour la photo.)

vendredi 24 juillet 2009

Mouvements intestinaux intempestifs, dites-vous

Après dix jours d'angoisse, d'insomnie et de mouvements intestinaux intempestifs, j'ai enfin trouvé une idée, un titre, l'intrigue principale et les personnages pour la nouvelle que je dois écrire pour l'atelier d'écriture d'Élisabeth Vonarburg.

Un scoop, le titre, que j'aime beaucoup : À Laval, dans marde jusqu'au cou.

Ne reste qu'à l'écrire maintenant.


*Ce billet est le 300e que je rédige. Franchement, je m'épate.

mardi 21 juillet 2009

88. Un combat - Patrick Süskind

Quatres nouvelles forment ce très court recueil.

L'exigence de profondeur. La vie d'une dessinatrice à qui on reproche son manque de profondeur prend une tournure dramatique alors qu'elle s'enfonce dans une recherche de profondeur personnelle. Un texte tout à fait saisissant sur le mal que l'on peut se faire à soi quand on accorde trop d'importance à l'attente des autres.

Un combat. Un vieux maître d'échec affronte un jeune aspirant qui respire tellement la confiance que le public le donne gagnant avant même que la partie ne commence. Même le vieux maître cède au sentiment général et voit la fin de sa domination et sa mise au rancart. La fin, attendue, ne sera pas celle qu'on croit. Ironique et profond.

Le testament de maître Mussard. Le plus long texte du recueil et le plus ennuyeux. Une histoire fantastique d'obsession personnelle et de la découverte d'une vérité fondamentale inconnue jusque ici dont la révélation risque de bouleverser les fondements de la civilisation. Rien de bien neuf, même pas la manière de raconter l'histoire.

Amnésie littéraire. Un vieil homme qui a tout lu, tout vu, fréquenté le beau monde ne parvient plus à se rappeler les détails de ses lectures et des gens qu'il a fréquenté. Un texte ironique sur le sujet poignant de la mémoire qui flanche, voire des souvenirs qu'on s'invente.

Trois très bons textes sur quatre. Cote : 8 / 10

Un combat et autres récits
Patrick Süskind
Le livre de poche, 2005 (éd. or. fr. 1996)
87 pages

lundi 20 juillet 2009

Un souvenir en partie contrefait

C'est drôle comment la mémoire peut nous jouer des tours et contrefaire nos souvenirs. Je me rappelle avoir assisté à l'alunissage des astronautes et au premier pas d'Armstrong. J'avais 14 ans à l'époque. Nous étions en vacances chez les parents de mon père, à La Macaza.

C'était une affaire d'hommes, ça, et nous, les mâles, étions rassemblés autour du téléviseur : mon grand-père, mon père, son beau-frère, un ou deux de mes oncles, moi, peut-être mon frère Claude. Le téléviseur était noir et blanc, bien sûr, mais il ne captait que le canal 2, et pas si bien que ça pour tout dire. La réception ce soir-là était plutôt désastreuse. Je me souviens que mon grand-père et mon père faisaient des allers-retours réguliers pour tenter d'ajuster les oreilles de lapin parce que le signal rentrait mal ou se perdait épisodiquement

Tout ça est vraisemblable, mais là où la mémoire m'a joué un vilain tour, c'est dans l'appréciation du temps. Dans mon souvenir, Armstrong mettait le pied sur la lune très, très tard dans la nuit. Il était deux heures du matin dans mon esprit, et longtemps je l'ai cru et soutenu.

Cette semaine, j'apprends que c'est vers 23 h que l'événement a eu lieu. Diable ! Pourquoi mon esprit a-t-il décidé que ce premier pas avait eu lieu trois heures plus tard. J'avais 14 ans, j'étais habitué à veiller jusqu'à 23 heures. Tout ce que je peux voir, ou imaginer, c'est que l'impression d'une heure très avancée m'est venue du salon où nous étions et qui n'était éclairé que par la lumière du tube cathodique, on ne pouvait faire de la lumière sans gêner la qualité de l'image. Et aussi parce qu'en campagne profonde, la nuit est opaque, mais alors vraiment très opaque...

Une fois foulé le sol de la lune, la chose a perdu un peu de son intérêt. Sont forts les Américains, a dit mon grand-père. Les Russes ont déjà envoyé du monde sur la Lune et ils sont morts là-bas, a dit quelqu'un d'autre gravement. Moi, j'ai écouté ça encore quelques minutes, mais on voyait si mal que je suis finalement monté me coucher.

Quizz pour les jeunes : oreilles de lapin, tube cathodique, canal 2 : qu'ossé-ça ?!

dimanche 19 juillet 2009

Félicité dans la grisaille de juillet

Ça, c'est moi et Benjamin au parc Chartier de Rigaud. Il faisait frais, le temps était nuageux et il a même plu à un certain moment. Rien pour nous empêcher de nous amuser et de nous arroser.

En gris, ce n'est pas Moby Dick, c'est votre humble bloggeur; en bleu, c'est fiston.








mercredi 15 juillet 2009

Appel de textes - ... Lapsus

Aah Facebook !
La revue Lapsus vise à encourager un dynamisme créatif, que vous soyez étudiants ou non, envoyez-nous vos textes! Nous publions environ deux fois par semestre vos critiques, commentaires, théories, révolutions, poèmes, nouvelles...

Thème du prochain numéro : Origine
Tombée : 21 septembre 2009
Faites parvenir vos textes, d'une longueur maximale de 800 mots, au lapsus@lit.ulaval.ca
Sur Facebook, Lapsus se trouve à cet endroit. Pas de site internet.

mardi 14 juillet 2009

87. Le petit Nicolas : Le ballon et autres histoires inédites - Goscinny et Sempé

Même quand on en est rendu à publier ce qui est le fond des tiroirs du Petit Nicolas, je n'ai aucun problème. La prose de Goscinny est sensationnelle et il n'y a au bout du compte très peu de boulettes dans cette oeuvre.

Le ballon et autres histoires inédites se signale par sa dizaine d'histoires seulement, ce qui en fait le recueil PN le plus léger de tous. Et aussi par les très beaux dessins pleine couleur de Sempé. La présentation est irréprochable, le contenu merveilleux. Quoi demander de plus ?

Ce lecteur-ci, qui adore le Petit Nicolas, en a eu pour son argent avec ce bien bel objet cartonné.

Cote 10 / 10

Le Petit Nicolas
Le ballon et autres histoires inédites
Goscinny - Sempé
IMAV, 2009
165 pages

lundi 13 juillet 2009

L'atelier d'Élisabeth

Ce weekend, je me suis inscrit à l'atelier d'écriture d'Élisabeth Vonarburg qui aura lieu à Montréal l'été prochain.

Élisabeth fait un bref survol de son atelier 2006 qui montre quelques vedettes locales : c'est ici. Pour sa part, Philippe-Aubert Côté fait un résumé plus exhaustif (ben oui, j'ai écrit un « résumé exhaustif », frappez-moi sur la tête) sur son blogue : c'est là.

C'est un atelier de deux jours (peut-être trois l'an prochain), mais qui durait cinq jours dans le bon vieux temps, si mes souvenirs sont bons. J'y étais en 85, ce qui ne me rajeunis pas !


Pourquoi un atelier ? Parce que je ne suis plus sûr de mes moyens littéraires et de ma capacité à écrire de la fiction. Parce que, là, tout seul, je n'arrive plus à me motiver convenablement...

Je vis en plus une petite appréhension personnelle : celle de prendre la place d'un plus jeune qui aurait peut-être un plus grand besoin ou besoin pour de meilleures raisons de cet atelier que moi.

D'ailleurs, il y a déjà un certain effet. La nervosité me gagne. J'ai à produire un texte pour le 10 août prochain. Une échéance ! Longueur inconnue pour le moment, mais je crois savoir que ça doit faire pas plus de quinze pages. J'ai aucune, aucune, aucune idée : et hier, mon désarroi et mon impuissance m'ont complètement empêché de dormir ! Ça promet...

L'angoisse est au rendez-vous. Et je n'ai rien produit encore !

vendredi 10 juillet 2009

86. Paul à Québec - Michel Rabagliati

C'est le deuxième Paul que je lis. Paul à la pêche ne m'avait plu qu'à moitié. J'avais avoué mon incompréhension devant l'ampleur du phénomène Rabagliati.

Paul à Québec, c'est mon épiphanie. Là, je retourne ma veste de bord.

Il y a deux soirs, j'ai commencé à lire ce roman dessinée, m'imaginant une fin de soirée agréable et sans histoire. Je me trompais lourdement.

Parce que Paul à Québec, c'est le quotidien de Paul et Lucie et de leur fille Rose, alors que le père de Lucie se meurt d'un cancer en maison de soins palliatifs.

On ne rigole pas. Ou si peu.

Cette histoire-là et la manière simple et directe avec laquelle elle est racontée m'a complètement chaviré. Je me suis mis à brailler quand le père a dû être placé en centre hospitalier pour terminer sa longue agonie et je n'ai pas arrêté de hoqueter jusqu'à la fin.

(J'ai beau me dire que j'étais off mon Paxil depuis deux jours, et que ça crée un environnement favorable au surgissement des émotions refoulées, mais quand même... Je pleurais à gros bouillons et j'étais estomaqué de ma réaction; comme dans une transe schizophrénique, j'étais ému et je me voyais ému comme de l'extérieur, bizarre, bizarre, une espèce d'expérience extracorporelle.)

Le dessin de Rabagliati est d'une remarquable simplicité.Son dépouillement n'est pas sans rappeler celui de Tintin au Tibet. Un roman dessiné que je recommande chaudement. N'oubliez pas vos kleenex.

Cote 8,5 / 10

Paul à Québec
Michel Rabagliati
Pastèque, 2009
187 pages

Chut, Benjamin dort...

Benjamin et Chanel, le petit roupillon d'après-midi

jeudi 9 juillet 2009

Nirvana culinaire

Ça fait longtemps que je souhaitais avoir une mijoteuse. Dans l'idée que je me fais de la cuisine idéale, cet objet avait atteint un statut quasiment mythique.

Or, lundi, profitant d'un passage chez Wal-Mart, j'ai finalement cédé à la tentation. J'ai acheté le modèle le moins cher (20 $), un livre de recettes, et ce soir j'ai étrenné tout ça. Pour l'occasion, j'ai choisi un classique : le boeuf Strogonoff !

Benjamin et moi, nous avons préparé le plat, c'est-à-dire qu'on a sorti le consommé de bœuf et la pâte de tomates auxquels on a mélangé la sauce Worcestershire et la moutarde de Dijon. On a haché un gros oignon et je suis sûr que si on avait eu des champignons, on les aurait coupé en gros morceaux. Benjamin a bien ri quand le bloc encore congelé de cubes de bœuf a fait plouf dans la préparation ! Une giclée de sauce forte aux piments. Du poivre.

Puis on a mis ça à feu doux à 10 heures le matin et à 18 heures, c'était prêt. Vers la fin, j'ai ajouté des pommes de terre bouillies et des rottini. J'avais pas de paprika et j'ai oublié de mettre la crème à la fin.

Miam miam...

La patte dans le sac !!!

Depuis le début de l'été, je me demandais qui donc pouvait bien faire des trous dans le beigne de ma piscine gonflable.

Le mystère est résolu.


Ce qui me donne l'occasion de vous présenter Cri-Cri.

De son vrai nom Criss, une chatte arrivée chez nous à Saint-Thomas d'Aquin, près de Saint-Hyacinthe, tout simplement en entrant par la chatière avec son frère (Câlisse). C'était il y a une douzaine d'années. Leurs noms viennent du cri du cœur que fit entendre Suzanne en les voyant tous les deux confortablement affalés sur les coussins des chaises de la cuisine : « Criss de câlisse, pas encore des chats ! » Faut dire qu'on en avait déjà une dizaine. Les noms sont restés, comme les chats. Câlisse s'est fait écraser quelques années plus tard.

Criss est devenue Cri-Cri avec la venue de Benjamin.

mardi 7 juillet 2009

Les larmes de sang de Pierre-Karl

Yes monsieur, yes madame, c'est réjouissance à Rigaud, dans la chaumière de l'ermite.

Je me suis mérité une carte-cadeau de 50 $ chez Archambault pour la « qualité de mes billets et la fréquence de ma participation » à Côté blogue.

PKP est dans les câbles, sonné. Viande à chien, tant d'argent perdu !!! L'Empire va sombrer !

Yes yes yes.

vendredi 3 juillet 2009

85. Prison de poupées - Édouard H. Bond

Prison de poupées, c'est une pénétration à vif dans l'univers ensanglanté d'une prison pour femmes où les prisonnières tentent de survivre aux fantasmes d'une directrice et de sa meute, toutes plus animées les unes que les autres par des instincts sauvages. Les captives sont violées, humiliées, torturées et soumises aux abus de manière telle que même les prisons d'Abou Graïb et de Guantanamo se mettent à ressembler à des CPE. . Un roman décapant, à ne pas mettre entre toutes les mains.

Ayoye ! Prison de poupées n'est pas un livre à mettre entre toutes les mains. Sainte-Nitouche s'abstenir, idem pour les cœurs innocents. Cette histoire sordide et déjanté se déroule dans un milieu carcéral complètement destroy. À mon avis, ce livre appartient plus à une collection qui se serait mieux appelé Coups de bite que Coups de tête.

D'entrée de jeu, il convient de savoir que le H du patronyme de l'auteur, c'est pour Hardcore (on imagine quand même qu'il s'agit d'un subtil nom de plume, là, parce que je ne suis pas sûr que la Direction de l'état civil aurait accepté un prénom pareil). En tous cas, ça nous le place tout de suite. Et, après avoir lu son roman, je peux dire qu'en voilà un qui remplit ses promesses (contrairement à cette Mme de Saint-Phalle, par exemple, dont j'espérais beaucoup de sa Chandelle au titre si prometteur, ah là là, quelle déception ce fut naguère).

Bref, pour orvenir à nos brebis, celles qui broutent et se broutent avec entrain, avouons qu'on ne s'ennuie pas avec Bond. Prison de poupées est un mix de Jean-Jules Richard, de Mickey Spillane, de San-Antonio, de Jean Narrache et de roman porno. Les événements se déroulent à la prison à sécurité ultra-maximale des femmes de Saint-Jean-de-Matha, haut-lieu de l'imaginaire de l'auteur. Où il donne libre cours à ses délires et autres obsessions : cul, bondage, viols, violence sont au rendez-vous.

Ce n'est pas l'histoire qui intéresse ici ; elle est banale au point d'être insignifiante. C'est le traitement trash que Bond fait subir au langage. Ce gars-là a une voix unique, un sens de l'image qui fait mouche, du détail précis et pittoresque. Dans le paysage de la littérature de genre au Québec, plutôt sage, voilà une voix extraordinairement neuve et originale, qui utilise la langue avec une virtuosité qu'on ne voit pas souvent, témoin cette scène où une convicte est en train de mourir :
La Grande Faucheuse se donne un swing, orlève sa lame impitoyable dins air, son frêle corps élancé, son crâne semble sourire en coin mais c'est pas évident à évaluer d'icitte. [...] Dans le reflet de son arme, dans le miroir du métal, Olivia se mate les fuckin diapositives de sa pauvr'existence. Des jpg pour la plupart flous, des souvenirs à moitié effacés, des histoires pas super mémorables...
C'est comme ça d'un bout à l'autre. Moi, j'ai adoré. J'aime mieux une voix nouvelle qu'une histoire saisissante. Comme a écrit Foglia tout récemment : J'ai pris plaisir au texte beaucoup plus qu'à l'histoire qu'il raconte.

On trouve le blogue de l'auteur en cliquant ici. Divertissant, pas fait pour les enfants.

Cote 8 / 10

Prison de poupées
Édouard H. Bond
Coups de tête, 2007
122 pages

jeudi 2 juillet 2009

Ok, woa, ça fait...

Hey, les réseaux d'information amaracains : Michael Jackson est mort depuis une semaine maintenant, lâchez-nous avec ça.

Hier encore à CNN :
Breaking News
Where is Bubbles ?

Bubbles, pour ceux et celles qui l'ignorent, c'est le chimpanzé avec lequel Jackson vivait une belle intimité, disons... Son compagnon de vie, en vérité.

Buzz off.

Dire qu'il y a une semaine (plus un jour) tout le monde exultait devant la force de twitter et des nouveaux réseaux de communication. La violence des démonstrations en Iran nous assaillait chaque jour, chaque heure même. Les yeux du monde étaient braqués sur l'Iran.

Puis le roi de la pédo meurt, les caméras se braquent sur sa dépouille, et ce qu'on peut entendre quand retombent les ténèbres ce sont les ricanements de soulagement des autorités iraniennes...

mercredi 1 juillet 2009

J'cours les concours

1. Québec. Concours de nouvelles des éditions Popfiction. Date limite : 29 janvier 2010. (Popfiction est aussi à la recherche de manuscrits pour leur collection de sf.)

Chaque nouvelle de science-fiction, inédite et en français, doit comporter entre 8 et 12 pages (2000 à 3000 mots), et ce, à double interligne (environ 250 mots/page), en plus de respecter le thème dicté par l’affirmation suivante :

Les anges et les démons sont en fait des êtres venus de l’espace.

2. France.

Les Editions Oskar Jeunesse recherchent des romans pour leur nouvelle collection Fantasy pour adolescents (11-15 ans).

La taille 200 000 signes minimum

Le contact : christineff@wanadoo.fr

Fête nationale

En ce jour de la fête de Canada parlons donc un peu de ce nous fîmes le 24 juin. Benjamin et moi nous nous sommes rendus aux festivités familiales organisées à Rigaud pendant que Suzanne faisait du bénévolat et vendait du pop corn et de la barbe à papa au kiosque de l'Atelier La boîte à surprises sur le site même des festivités sous un soleil cuisant (j'entends grogner : hey ça manque de virgules dans ce paragraphe en voici une poignée faites-vous plaisir mettez-les où vous voulez ! ,,,,,)

On s'est bien amusés, mon moussaillon et moi. Tous les deux seuls, pendant les deux premières heures dans les manèges gonflés à l'air; puis, plus tard, quand Suzanne a eu fini sa prestation, dans la pataugeoire du parc. Nous sommes revenus tous trois épuisés et cuits par le soleil. Je crois que j'ai même fait un début d'insolation.


Un jeu assez facile : trouvez Benjamin et Suzanne dans cette horde populacière.

Un p'tit tour de tricycle avant que maman n'aille faire son bénévolat.

Suzanne, avec des collègues, au kiosque de l'Atelier La boîte à surprise ! (En passant, Nathalie n'est pas si grande, là elle est jouquée sur un tabouret pour brasser la barbe à papa.)

C'est pas l'Everest, mais c'est du sport quand même...

Le plus gros des manèges gonflables, very populaire !

Ça ne glissait pas du tout, le plastique était trop chaud, mais ça sautait en pas pour rire.

Le manège préféré de Benjamin, un saut de skate désaffecté pour l'occasion.

Non mais, qu'est-ce qu'il est beau ce petit bonhomme.

À la fin, un petit sac de pop corn !

Un sponsor pour Boréal 09 ?

Pourquoi pas ?