mardi 30 juin 2009

Au zoo !

Pour leur sortie de fin d'année, les enfants de l'Atelier La boîte à surprise, où va Benjamin deux avant-midis par semaine, ont été au zoo Papanack, à Wendover, Ontario, à mi-chemin entre Montréal et Ottawa, sur la rivière des Outaouais.

Le zoo Papanack est une petite affaire familiale, pas bling bling du tout mais rustique et sympathique, avec assez peu d'animaux vraiment exotiques et surtout des espèces indigènes, ce qui impressionne toujours les enfants.

Suzanne et Benjamin ont bien aimé leur sortie - mais il n'y avait pas de crocodiles !!! (Monsieur B. est dans sa phase croco.) Quelques photos :

Première attraction au zoo : les jambes de mamans ! Benjamin s'extirpe de la poussette pour mieux apprécier le spectacle.

Un groupe de mamans et d'enfants s'étant échappés de leur enclos !

Un jeu : cherchez le loup dans cette photo.

Laissez venir à moi les petits enfants, susurre ce tigre angélique et évangélique.

Loups arctiques plutôt nerveux.

Showdown au sommet : Hey toé, débarque de là ! Scrame poutte !

Zèbres broutant de la garnotte.

Sous les arbres, des gazelles de Thompson !

Benjamin à l'avant-plan, nourrissant des chèvres.

Deux têtes de mule. Ha ha ha.

Deux garçonnets et un museau.

lundi 29 juin 2009

Une plogue n'est pas coutume

Sur son blogue, Sébastien Clarac annonce que le numéro 4 de Station Fiction sera 100 % québécois.

Que la revue est en appel de textes pour ses numéros subséquents, soit le spécial Zinzin (maladie mentale et espace) et Tempus fugit (problématique du temps).

Station Fiction est un fanzine sympathique, 100 % fiction, du même niveau que Brins d'éternité.

Ajout : Ça, c'est la couverture du n° 3 « Obscurité ». Vraiment jolie.



2e ajout (décidément). Quelques éclaircissements à propos du site de Station Fiction, qui est un joyeux labyrinthe, ou capharnaüm, ou foutoir, ou bordel, comme on veut..

Le blogue perso de Sébastien Clarac, rédacteur de Station fiction.

Le blogue des Chantiers imaginaires qui publient Station fiction. (On y cite l'ermite, merci.)

Présentation des numéros et abonnement à SF.

Le violoncelliste n'est pas mon fils

De la vie, de l'oeuvre ou de la mort de Michael Jackson, je n'ai vraiment pas grand chose à dire, sinon cette anecdote un peu nounoune :

Sa musique ne m'a pas touché, à l'exception de Billie Jean, que je me surprends à fredonner encore aujourd'hui. Mais cette chanson a été longtemps la source d'un quiproquo personnel.

En effet, au couplet, Jackson chante, en le répétant : The kid is not my son. Moi, je comprenais, allez savoir pourquoi, The cellist is not my son. Et comme ces paroles étaient suivis par une ligne musicale pleine de violons, cela confortait ma version. Longtemps, longtemps, j'ai cru que le violoncelliste n'était pas son fils...

Ça n'allait pas vraiment avec la chanson, mais, au fond, les paroles de chanson forment souvent une poésie bizarre, difficile à saisir, et je ne me suis jamais inquiété de la logique de cette chanson pop ou d'aucune autre à ce compte-là.

Les Anglais nomment mondegreen cette confusion homophonique particulière. Je n'ai pas réussi à trouver un équivalent français. Si quelqu'un sait, faites moi signe.

samedi 27 juin 2009

84. Où on va, papa ? - Jean-Louis Fournier

Jean-Louis Fournier et sa femme ont connu le plus terrible de tous les cauchemars de parents, celui d'avoir un enfant handicapé à la naissance, non pas une, mais deux fois.

Sur un ton caustique, sardonique par moments, Fournier entreprend de raconter sa vie et ses relations avec Mathieu et Thomas, ses deux fils lourdement handicapés physiquement et mentalement. Ça donne un tout petit livre de 150 pages divisé en petits chapitres de quelques paragraphes ou de quelques lignes seulement. Une lecture en forme de coup de poing tant l'émotion est à fleur de peau.

C'est souvent très drôle, parfois méchant, quelquefois touchant quand on sent la petite émotion du père qui arrive à transpercer le blindage du sarcasme, ainsi quand Thomas ment à son père pour ne pas aller à la plage, petite lueur d'intelligence dans une tête « pleine de paille ».

Dans la presse et sur le web, on a beaucoup épilogué sur la part du vrai et du faux dans ce livre. Est-ce d'ailleurs un roman ou un récit ? Pour un point de vue différent, mais trop bref, on pourra visiter le site de la maman de Mathieu et Thomas, dont Fournier est séparé et qui n'apparaît quasiment pas dans le livre. Le site d'Agnès Brunet, joliment nommé Où on va, maman ?, offre un contrepoids intéressant.

Je crois qu'il faut lire ce livre en une seule séance pour ne pas diluer l'infinie tristesse qui se cache derrière les ricanements. Parce qu'il est absolument évident que l'auteur aime ses deux fils, qu'il souffre d'une culpabilité gigantesque de leur avoir imposé une vie de souffrances et de misère.

Mathieu mourra à quinze ans, Thomas vit toujours.

Il ne faut pas croire que la mort d'un enfant handicapé est moins triste. C'est aussi triste que la mort d'un enfant normal.

Elle est terrible la mort de celui qui n'a jamais été heureux, celui qui est venu faire un petit tour sur Terre seulement pour souffrir.

De celui-là, on a du mal à garder le souvenir d'un sourire.
p. 90
En somme, un livre qui m'a ému sans bon sens, dans le rire et dans la détresse. Chaudement recommandé.

Cote 9 / 10

Où on va, papa ?
Jean-Louis Fournier
Stock, 2008
155 pages
Prix Femina 2008

jeudi 25 juin 2009

Abandonné par ma femme et mon fils

Depuis dimanche, Suzanne et Benjamin me quittent lorsque le jour tombe. Ils vont sur le patio arrière, s'installent dans la tente et passent la nuit sous les étoiles.

Et laissez-moi vous dire qu'à Rigaud, dans la montagne, loin de la ville, on en voit des étoiles.

Généralement, Benjamin ferme les yeux pour de bon un peu après que Mars se soit montré le bout du nez rouge.

Moi ? Je ne suis pas à plaindre. J'ai maintenant le lit king à moi tout seul.

mardi 23 juin 2009

Là où je n'irai pas en vacances cet été


Il s'agit du Carminito del Rey, le petit chemin du Roi, dans le sud de l'Espagne. Sur cette photo, on voit la passerelle à mi-chemin du flanc de la gorge, à 300 mètres du sol. La passerelle mesure un mètre de largeur et a été construite de 1901 à 1905. Elle est dans un état de désuétude dangereux, ce qui n'empêche pas les esprits téméraires de s'y lancer.

Sur la vidéo, vous verrez qu'il y a plein de monde là-haut. C'est hallucinant et vertigineux.



Scariest Hiking Trail In The World - Watch more Funny Videos

samedi 20 juin 2009

83. Station fiction n° 2 - Premier contact

Les bâtisseurs du vide de Hans Delrue. Des extra-terrestres insaisissables bâtissent des cathédrales de verre et fuient les humains, qui les rattraperont un jour. On dirait une nouvelle écrite des années cinquante. C'est bien fait pour sûr, mais il y a une naïveté un peu nostalgique dans la manière de raconter et dans l'intention du texte qu'on ne rencontre plus de nos jours. 7 / 10

Peace and love de Bruno Faure. Les premiers extra-terrestres qui envahissent la Terre sont de superbes créatures féminines pour lesquelles les hommes abandonnent leur femmes. Il y a là un second degré, certes, certes, mais il est bête et banal. 4 / 10

Quatre étoiles au firmament de Romain Lucazeau. J'ai déjà commenté ce texte à sa première publication dans Brins d'éternité n° 19. Je répéterai seulement que j'adore cet ordinateur têtu et vulgaire qui envoie promener les commandants de la mission humaine. 6,5 / 10

L'exécution de Mozart de Dominique Molès. Les Arcturiens débarquent, ils sont comme nous, mais prodigieusement avancés et ils aiment la musique de Mozart. Écriture maîtrisée, histoire bien developpée, une fin peut-être trop prévisible. 7 / 10

Renouveau de Hubert Szymczak. Un immense objet intersidéral vient à la rencontre de la Terre, la fin du monde est annoncée. Une nouvelle apocalyptique racontée sur un ton sardonique. Quelle belle surprise ! Il faut surveiller Szymczak car cet auteur a du tempérament. 9 / 10

Les explorateurs de V.K. Valev. Quelle splendide nouvelle ! Rien que tu bonbon. Une si courte nouvelle avec de multiples personnages, faut le faire, se dit ce lecteur-ci. Une bonne histoire, un traitement idoine, de bons personnages, une fin originale bien que légère. Quoi demander de plus ? 10 / 10

Un numéro qui pète le feu. 8 / 10

mercredi 17 juin 2009

Vingt mille fois merci.

20 000 visiteurs pour mes petites fariboles, sans chicane. Merci tout le monde pour votre gentillesse et votre assiduité.

82. Station Fiction n° 1 : Récif de Dante

Station Fiction est un tout nouveau trimestriel français de sf. Soixante pages, broché, format Brins d'éternité. Que des fictions pour le plus grand bonheur de ce lecteur-ci. Pas d'articles de fond, pas de critiques, juste une toute petite bd en guise d'édito. Direction littéraire : Sébastien Clarac.

Le désert éternel
de Cyril Carau. Un potentat, son assassin qui s'enfuit. Se libérer d'un monstre signifie-t-il qu'on acquiert la liberté pour autant ? Jolie interrogation sur le thème de la libération, mais la prose est surchargée, parfois maladroite, et l'intention n'est pas toujours limpide. Élagage et resserrement, les deux mamelles de la fiction. 5 / 10

La malédiction du Lamba Mena de Sophie Dabat. Un journaliste interviewe une jolie jeune femme qui a une histoire d'outre-tombe à raconter. Joliment écrite, avec ce qu'il faut d'exotisme, cette nouvelle laisse un excellent souvenir. 7,5 / 10

Aussi loin que la glace... de Tepthida Hay. Pas de commentaire sur ce texte parce que je l'ai lu dans des circonstances irritantes qui ont pulvérisé mon éventuel plaisir de lecture.

Hors du voile de Roman Lucazeau. Dans un monde d'artifices, qu'est-ce qui est vrai ? Qui est le coupable du dérapage de la société ? Arrière-fond social fortement mis en valeur. L'auteur oublie cependant de mettre des personnages intéressants dans son histoire. C'est ce que j'appelle de la science-fiction touristique, c'est-à-dire on regarde les paysages, on est ébloui par l'architecture, mais on ne s'approche pas des gens. 6 / 10

Le pénitent rouge de Nikola Stelja. Un monde postapocalyptique, un prêtre va dans les villages bénir et « absoudre » les villageois atteints d'un virus transmis par des mouches mutantes. Remarquable texte, puissamment atmosphérique, mené de main de maître. Stelja est tout un écrivain. Bravo. Ce lecteur-ci en redemande. 10 / 10

Le prisonnier de Nicolas Bénard. Un prisonnier dans une capsule pénitentiaire en orbite géostationnaire s'interroge sur la nature de sa peine, de la vie, etc. Très bien fait. Avec un fin un peu mélancolique qui m'a charmé. Cependant, la question est de savoir quel genre de société pourrait se permettre de mettre en orbite des criminels dans des capsules individuelles, compte tenu des coûts de fabrication, d'entretien et de ravitaillement. L'idée de base ne tient pas la route, mais le traitement est vraiment réussi. 8 / 10

Un très, très bon premier numéro. Ça tombe bien, je l'ai reçu en même temps que le numéro 2, dont j'entame la lecture illico. 7,5 / 10

En plus, l'abonnement est vraiment pas cher. Environ 25 $ pour 4 numéros. Voir le blogue de Station Fiction.

AJOUT : Avec un abonnement vous recervrez gratuitement un volume de la collection Rivière blanche, je viens de réceptionner Noir Duo de Sylvie Miller et Philippe Ward.

Félicitations à l'équipe.


mardi 16 juin 2009

Une lubie extrême

Depuis son accouchement il y a trois mois, ma nièce Alexandrine a un peu perdu les pédales (pour être charitable). Le stress, le manque de sommeil, l'oisiveté à la maison... qui sait ? Preuve à l'appui, voici sa dernière lubie : se mettre le nez dans les godasses des autres.

C'est triste. C'est moche. Ça se passe dans la famille.

Autour d'Alexandrine, on voit Michelle, sa mère, qui préfère ne pas regarder, Cyrice, le chum de Michelle, incrédule, et mon frère Claude qui préfère rire que pleurer.

lundi 15 juin 2009

Littérature... troisième prise, t'es out !

La Presse va cesser de publier son édition du dimanche à la fin du mois de juin. Le dimanche, c'était ma Presse préférée à cause du cahier Lectures.

J'espère que les bozos de Gescan vont rapatrier ce cahier-là une autre journée, parce que ce serait moche en sivouplait. Et avec les coupures de postes, je crains pour les Norbert Spehner, Mathieu Perreault et autres David Homel, tous des gens admirables qui m'ont fait connaître bien des auteurs et des livres et ont ouvert mon horizon...

Si jamais les gestionnaires du réaménagement avaient du mal à choisir entre quoi garder et quoi éliminer, qu'ils n'hésitent pas à m'envoyer un courriel, je vais leur souligner quelques cahiers proprement insignifiants qu'ils peuvent faire sauter bien avant Lectures. Le cahier de la Guénille, pardon de la Mode, celui des Chars, Actuel, par exemple.

Dong dong, sonne le tocsin.

Et la solidarité, alors ?

Bon billet d'Émilie sur l'affaire des groupes anglophones à la Fête nationale, même si je ne suis pas entièrement d'accord avec sa démonstration qui amalgame trop de choses disparates. Mais elle écrit sa révolte avec son coeur, et des fois ça manque sur nos blogues, ça, la passion. Bravo.

Mon grain de sel, donc : La Fête nationale, ça le dit, c'est la fête de tous les québécois, qu'ils soient francophones, allophones, anglophones, voire aphones. La Saint-Jean-Baptiste, c'était la fête des canadiens-français, ces nègres blancs d'Amérique comme disait Vallières, mais on a dépassé cette étape, je crois.

Et si, par solidarité, les artistes francophones menaçaient de se retirer de tous les spectacles ? Eux, toujours si prompts à monter au front, surtout quand il est question de subventions. Pourtant, ce dont on fait état ici, c'est bel et bien plus grave, il s'agit rien de moins que de censure ! Un organisme qui menace de retirer sa commandite parce que les artistes ne lui plaisent pas, c'est de la censure. Et autrement plusse pire que celle des subventions coupées par les Conservateurs.

Aurons-nous droit à un beau petit vidéo dénonciateur avec Rivard ?

Imaginez seulement si le contraire s'était produit ? Si des artistes francophones avaient été retirés d'un spectacle national canadien ? Rappelons-nous le ramdam causé par l'exclusion de la prestation de Claude Dubois lors du spectacle télévisée des prix de la Gouverneure Générale.

Youhou, les artistes, la solidarité, vous connaissez ?

Épivardage

Tout comme Pierre Charron et Mathieu Fortin, me voilà rendu du côté de l'empire de PKP, sur Côté blogue, avec mes petits commentaires de livres, les mêmes qu'on retrouve ici.

Un nanane, c'est qu'on fait tirer chaque mois 20 prix de 50 $ en cartes cadeaux Archambault parmi les auteurs des commentaires les plus lus et les blogueurs les plus prolifiques.

Je rêve de recevoir de l'argent de Pierre-Karl. Chaque fois qu'on lui soutire une piasse, ça doit lui créer un petit inconfort.

dimanche 14 juin 2009

Tempus fugit... en diable !


Le blogue de l'ermite a un an aujourd'hui. En chiffres, ça fait :

1 bougie

270 billets

± 440 commentaires

± 55000 mots, c'est-à-dire l'équivalent d'un petit roman, comme quoi si j'avais travaillé mes fictions au lieu de ce blogue, hein

1 troll qui n'aime pas Sarkozy

81 lectures commentées, quelques empoignades

tout près de 20 000 visites

Merci à tout le monde. Je partage virtuellement le gâteau avec vous : vanille et fraises.

samedi 13 juin 2009

81. Nocturne n° 12

L'Empereur Ghoule a été renversé, l'éMinence Malveillante le remplace ! Le peuple de l'ombre et des fanges reste quand même ébahi par la similarité des styles. Encore que l'éMinence aime bien s'écouter parler comme le lecteur peut s'en rendre compte lors de l'entrevue avec Jess Kaan.

Autoportrait de Max Hellen. Un vol de banque qui dérape. Une tuerie gratuite entre bandits. Une chirurgie plastique qui est l'oeuvre d'un maniaque. Dans le ton des films de série B, assez réussi comme pastiche du genre. 6 / 10

La leçon de tango d'Éric Girold. Un homme prend des leçons de danse, sa partenaire est une obèse pas commode. Le tango comme symbole de l'enfer ou des limbes. Voilà l'image qui reste de ce texte étonnant, pas tout à fait réussi, mais très sympathique et original. 7,5 / 10

À réveiller les morts de Christian Perrot. Deux garçons ont une idée pour tirer les morts de leur long sommeil. Mais les morts souhaitent-ils se faire éveiller ? J'ai été surpris par cette courte nouvelle, une fin punchée comme on retrouve rarement chez les auteurs débutants (j'assume ici que Perrot est un auteur à l'aube de sa carrière). Pas de mots de trop, c'est efficace, parfaitement réussi. 9 / 10

Le coeur sur la main, 3e partie, de Michael Moslonka. Décidément je fais une allergie à Moslonka. Désolé. Pas été au-delà de l'expression « damner les morts ». Surcharge de mots, imprécision du vocabulaire, logorrhée d'images (je sais, je sais). Tout ça en trois pages ! Non-coté.

Le numéro se termine avec deux critiques de livres et une longue analyse d'un film culte que je n'ai jamais vu.

Deux excellents textes sur quatre, plus un pas mal. Très bonne note. 7 / 10

vendredi 12 juin 2009

Quelqu'un peut-il me dire...

video

...à quel âge ils arrêtent de rire comme ça quand on leur fait proutt sur la bedaine !

mardi 9 juin 2009

La page 7 du Journal de Montréal

Je ne sais pas quoi penser de la couverture du dernier numéro de Biscuit chinois, dont le thème est Viande ? Est-ce rigolo, ou un pénible retour aux années 70 et à la page 7 du Journal de Montréal ? Second degré, alors ?

C'est joli, pourtant ! Je ne le nierai pas. Mais il y a une pensée assez primaire derrière ça.


Je me sens bien vieux aujourd'hui...


80. Marmotte - Bryan Perro

Marmotte est le tout premier roman de Bryan Perro, paru en 1998 chez Glanures, un petit éditeur aujourd'hui disparu. Les Intouchables ont eu la bonne idée de reprendre les trois romans littéraires de Perro, avant qu'il ne se mette à Amos Daragon et connaisse le succès que l'on sait.

Marmotte, c'est l'histoire d'un jeune garçon vivant dans une famille dysfonctionnelle des années 50 à Shawinigan. Et dysfonctionnelle est un terme bien faible, car dans cette famille règne l'abus, l'inceste, la violence, l'alcoolisme, le crétinisme, la maladie...

Si le sujet est sérieux, le ton, lui, est enjoué. Le narrateur, qui souffre d'un manque de connaissance pour vraiment nommer les choses qui l'entourent, a une vision naïve, simple et (bien entendu) puérile des gens et des événements. Ça donne une histoire souvent drôle, parfois touchante, avec une fin apocalyptique inattendue. Tout est dans le ton.

Ce premier roman d'un jeune auteur n'est pas tout à fait réussi. Par moments, Perro s'offre des petits solos de flûte, comme dit si bien Pennac. Et il y aurait eu lieu d'élaguer la marchandise pour en tonifier le propos. Mais c'est un problème extrêmement mineur.

En somme, un bon roman, dur et noir, que ce lecteur-ci recommande.

Cote 7,0 / 10

Marmotte
Bryan Perro
Les Intouchables, 2008 (éd or. 1998)
186 pages

79. Army Group South - Antonio J. Muñoz

Depuis presque vingt ans, un des grands axes de la recherche historique sur la Seconde guerre mondiale porte sur la responsabilité de la Werhmacht quant à sa participation aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité commis sur le front de l'Est.

De la fin de la seconde guerre jusqu'au début des années 90, la Werhmacht a bénéficié d'un traitement de faveur dans l'opinion publique occidentale. Pour les besoins de la guerre froide, le rôle qu'elle a joué dans le génocide des Juifs et des Tsiganes, l'assassinat de masse des populations civiles soviétiques et le traitement criminel des prisonniers de guerre russes, n'a jamais été questionné sérieusement.

Sa responsabilité a été balayé sous le tapis grâce à la complicité des Américains qui, dans le cadre de la guerre de l'espionnage qui s'amorçait, avaient besoin d'hommes connaissant bien l'ennemi, à la fois le terrain et la machine militaire de l'URSS. Et
quoi de mieux que les commandants de la Werhmacht (spécialement ceux de l'Ostheer) qui venaient de combattre durant quatre ans dans les territoires appartenant à l'ennemi. Ces hommes-là ont occupé des postes de commandament prestigieux dans la nouvelle armée allemande, la Bundeswehr, et à l'OTAN. Il ne fallait pas que le passé déteigne sur la « cause », ce qui fut fait. La couleuvre de l'innocence de la Werhmacht fit aussi l'affaire de l'Allemagne abattue, puisqu'elle montrait que ce n'étaient pas tous les Allemands qui étaient coupables, que la Werhmacht avait fait une guerre dure, mais chevaleresque.

Il est singulier de constater que le rôle et l'innocence de la Werhmacht n'ont été remis en question qu'à partir des années 90, à l'effondrement de l'Union soviétique, effondrement qui marque la fin de la guerre froide. Il est aussi singulier de penser que la guerre froide a été gagné en partie grâce à des criminels de guerre et des génocidaires. Depuis ce moment les historiens remettent en question « l'innocence » de l'armée allemande et interroge les liens entre les directives hitlériennes, l'aide apportée aux unités d'extermination SS et la prise en charge des bataillons de la police.

Alors que les preuves s'accumulent contre les groupes d'armées Nord et Centre, Antonio Munoz entreprend de montrer la connivence
factuelle, mais inavouée, du groupe d'armées Sud (dans l'axe Kiev-Odessa-Rostov) avec les Einsatzgruppen C et D et les diverses forces policières allemandes et nationales de l'arrière-front.

Je dois admettre que si la démonstration apparaît solide et bien faite, elle est par contre extrêmement difficile à lire car l'auteur utilise un mélange touffu de pédanterie et de statistiques de déplacement et d'assignation. À sa décharge, il faut admettre que la nature de ce style d'ouvrage est plutôt technique, basé en grande partie sur des rapports de mouvements de troupes.

En somme, un ouvrage nécessaire mais exigeant.

Cote 6,5 / 10

Army Group South
Rear Army Security and the Holocaust 1941-1943
Antonio J. Mu
ñoz
Academic Publishing Group, 2009
140 pages
photos, illustrations et cartes

lundi 8 juin 2009

À la demande générale

À la demande générale de mon ami bloggeur Pat Isabelle, je vais tenter de répondre aux questions qu'il me pose après avoir lu Maternité noire. «Comment t'étais-tu préparé pour la rédaction de cette nouvelle? Et aujourd'hui, avec l'expérience acquise, comment perçois-tu ton texte?»

Derrière Maternité noire, il y a la lecture de L'Épiphanie des dieux de Catherine Hermary-Vieille et du Royaume de ce monde d'Alejo Carpentier, deux extraordinaires romans qui se déroulent en Haïti et à St-Domingue, pleins de sensualité et de violence.

Je voulais reproduire un peu cette couleur et de ces odeurs, la sensualité, la touffeur. Faire une nouvelle dont la forme serait pleine de sonorités, riche en allitérations (ma figure de style préférée) et d'une nature proche des contes oraux qui se transmettent de génération en génération. Ambitieux ? Pas vraiment, puisque les choses se sont précisées au fur et à mesure que le texte se bâtissait, avec quelques ajustements rétroactifs.

Maternité noire parle essentiellement des rapports des individus au destin et tente de montrer comment naissent les légendes tribales. Indirectement, la nouvelle cause, en prime, de mes rapports à l'écriture.


Est-ce que c'est réussi ? Je ne me prononce pas, il y a trop longtemps que j'ai lu ce texte-là. Mais je suis déçu de n'avoir pu écrire que ça, de ne pas avoir fait mieux, de n'avoir écrit qu'un mood-piece à la manière des autres textes que j'ai publié. Avec le recul du temps, Maternité noire m'apparaît être un gâchis et me laisse en tête une curieuse sensation de morosité et de médiocrité.

Mais, pourtant, cette nouvelle a laissé des traces, en dépit de mon insatisfaction. J'ai depuis longtemps l'idée d'une novella extrêmement colorée et sonore, dans un environnement assez similaire. Il suffirait simplement que je passe à l'acte parce que, de ce nouveau texte, j'ai à peu près tout ce dont j'ai besoin pour le mener à terme : arc principal, synopsis, personnages, géographie, etc.

Voilà, c'est tout.

jeudi 4 juin 2009

Une chanson sur Joséphine, pas celle de Bashung

Aussi répondant aux noms de Jojo et Fifine, Joséphine est âgée de quinze ans, ce qui en fait la doyenne des félins de la maison. Ce n'est pas la p'tite poulette du printemps.

Il y a dix-mois, elle a fait un AVC qui l'a laissé avec un curieux sens de l'équilibre, une difficulté (intermittente) à tourner vers la droite et un léger strabisme qui rend son regard assez mélancolique. Malgré tout, son caractère n'a pas changé : elle est fine comme tout.

Joséphine la pas fine
a pissé dans ses bottines,
son mari pas plus fin
a pissé dan' boîte à pains

mercredi 3 juin 2009

Le vendeur de machinerie agricole

L'Attila 1500, là où cette machine passe, la mauvaise herbe ne repousse plus !

En véritable fer forgé d'importation !

'tention, ça coupe !!!
La conduire, c'est un plaisir !

On peut amener un chien, à condition qu'il soit pas plus haut que ça.

Admirez l'espace arrière !

Oupse, v'là le propriétaire... Je me sauve.

mardi 2 juin 2009

Ça parle au diable !



Je viens de m'apercevoir que la jolie et sémillante groupie d'ermite qui illustre le billet d'hier présente une ressemblance troublante avec Élisabeth Vonarburg, célèbre auteur québécoise de sf.

Le visage en tous cas, il y a quelque chose dans le sourire, la rondeur du visage et les lunettes...


Ou la la... Heureusement que je ne participe pas à un atelier d'écriture cette année. Diable ! Diable ! Diable !

lundi 1 juin 2009

On me cite 2

Constamment assoiffé de vaine gloriole, l'ermite de Rigaud rate rarement une occasion de googler son nom sur internet, voir si on ne causerait pas de lui en quelque part sur cette bonne vieille boule.

Il arrive même que la chasse soit fructueuse. Merci au fureteur de recherche Bing qui lui a permis de scorer deux fois ce soir. (Attention, jeunes auteurs et auteures, méfiez-vous des métaphores incongrues.)

Tout d'abord les éditions Stanké ont reproduit un extrait de sa critique du livre Envoyé spécial de Michel Jean.

Et les éditions SixBrumes qui ont pris un petit bout de son commentaire sur le Loup du sanatorium de Mathieu Fortin.

À lui, la célébrité et la fortune ! À lui, les groupies d'ermite !

Groupie typique !