dimanche 31 mai 2009

Une anecdote de chevaux


À la mi-mai, nous sommes allés voir Cavalia avec Benjamin, papi et mamie. Excellent spectacle, en grande partie identique à celui présenté en 2004 ou 2005 que nous avions vu également, mais plus acrobatique et moins éthéré cette fois-ci.

Après le spectacle je me suis pris à songer à une anecdote que mon père a parfois raconté sur le traitement des chevaux dans les camps de bûcherons. Nous sommes au tournant des années 50, et papa travaillait comme bûcheron et draveur dans les camps (prononcez « campes »). C'était un travail extrêmement dur, l'abattage des arbres se faisaient à la hache et au bucksaw, et le débardage avec des chevaux. Le débardage consiste à sortir les troncs d'arbres du lieu de coupe et à les transporter vers un dépôt provisoire.

Les chevaux travaillaient tout aussi durement que les hommes. De longues journées qui allaient de la première clarté du jour jusqu'à la noirceur. Puis, quand la bête n'était plus en mesure de fournir à la tâche, soit par maladie, vieillesse, blessure ou usure prématurée, les hommes du campe l'attachait à un arbre, glissait un bâton de dynamite sous la corde et lui faisait exploser la tête. Expéditif, mais ignominieux. Cinquante ans plus tard, mon père parle de ces moments-là avec une petite émotion qui lui étrangle encore la voix.

La plus belle conquête de l'homme, dit-on. Mais que pourrait-on dire de son maître ?

PS Je ne me rappelle plus où j'ai trouvé cette photo, mais elle n'est pas de la famille. Elle illustre, simplement.

samedi 30 mai 2009

Ton sang crie vengeance ?

Tu en as assez de te faire insulter par un dinosaure hors de son époque qui ne comprend rien à la fiction moderne ?

Marre de te faire dire que ton éditeur aurait rendu service à la littérature en refusant de publier ton roman ou en pilonnant ta nouvelle avant même sa publication ?

Voilà ta chance de lui faire métaphoriquement la peau à ce lourdaud ! Taïaut ! Taïaut ! À la curée...

Toutes ces simagrées pour dire que j'ai mis un lien vers Maternité noire, chef d'œuvre intemporel et impérissable, couronné du prix Solaris en 1991. Jette un oeil là-dessus, lecteur, lectrice, sors ton knout et paie-toi la traite.

Même le rédacteur en chef de Solaris à l'époque, Luc Pomerleau, n'en pensait pas de bien !
C'est dire...

Maternité noire

PS Désolé pour la formatage, c'est Scribd qui fait ça.

Puisqu'on me signale que le lien ne fonctionne p-ê pas. Voici la chose en direct : pour mieux voir, cliquez sur l'icône dans le coin supérieur droit de l'image.

maternité noire maternité noire richard tremblay Prix Solaris 1991

78. Brins d'éternité n° 23

Je ne sais pas comment ils font, mais les responsables de Brins d'éternité viennent de produire trois numéros consécutifs avec des couvertures plus sensationnelles les unes que les autres (mais seulement si on les met dans cet ordre-là, comme ironise le roi dans The Wizard of ID). Depuis presque un an, BdÉ est la revue qui provoque un max de oh ! et de ah ! d'admiration et pas seulement chez ce lecteur-ci, j'en suis sûr.

Le tronc d'Yves Narbonne. Une histoire fantastique bien menée et plutôt réussie à propos d'une étrange créature trouvée dans un bois et sur laquelle la peur et la furie des hommes se déchaînera. Bonne création du malaise devant l'altérité. 8,5 / 10

REVEL d'Émilie C. Lévesque. Une curieuse nouvelle qui ressemble plus à un canevas d'histoire qu'à autre chose. Une société manufacturière intoxique ses employés pour les rendre plus productifs. Le côté désincarné de cette narration omnisciente faite dans un style distancé ne m'a pas convaincu. 6,5 / 10

Ceux qui vivent en banlieue de Vincent Filion. L'éditeur dit : « Inclassable nouvelle qui allie magie, apocalypse et zombies à travers une prose impressionnante et puissante ». Il a tout à fait raison, pas un mot de trop. J'ai été magnétisé par l'histoire, originale et déjantée, et par la manière de l'auteur, son style, sa voix tout à fait personnelle. 10 / 10

Sirat al Bunduquiyyah de Michael Moslonka. J'avais éprouvé des difficultés avec la seule autre nouvelle de cet auteur que j'aie lue, Le coeur sur la main, parue dans Nocturne n° 11. J'avais mis ça sur le compte de mes œillères personnelles, style vieux croûton pas capable de blairer ce qui est un tant soit peu moderne. Mais là, ça récidive. Et je pense savoir pourquoi : sous la dorure d'un esthétisme recherché, c'est assez fichtrement mal foutu. Voilà un auteur qui n'aime pas voir un nom sans lui coller une épithète. Ça donne une écriture surchargée, riche d'images rupturées, servie par un vocabulaire riche, incongru et parfois impropre. Et le texte est elliptique au point d'être insaisissable. Péniblos pour ce lecteur-ci
mais je peux me tromper. 3 / 10

Un arrière-goût d'enfer de Simon Bergeron. Une histoire apocalyptique et fantastique. Vraiment prenante et parfaitement maîtrisée. 8 / 10

Suit une excellente entrevue avec Daniel Sernine par Josée Bourdeau. On y apprend une foule de choses sur le métier et sur les aléas d'écrire et de publier au Québec. Sernine est franc, lucide et direct. Un grand écrivain et un grand bonhomme. 10 / 10

L'appareil critique (où je commente Un tour en Arkadie de Francine Pelletier, un retour à la publication depuis 1991) est lui même suivi par un article philosophique de Romain Lucazeau sur l'identité (article que je n'ai pas eu le courage de lire).

En somme, un très beau numéro, et fort bon par-dessus le marché. Un autre effort pas banal de Guillaume Voisine et ses sbirettes (si j'ose dire). 8 / 10

jeudi 28 mai 2009

77. Amour, chocolats et autres cochonneries - Évelyne Gauthier

Que faire quand on a vingt-huit ans, beaucoup d'imagination, qu'on s'appelle Amélie Tremblay, qu'on est un brin cynique, un peu cinglée, plutôt fantasque, pas mal délurée, assez tordue, franchement irrévérencieuse, et qu'on se donne pour défi d'améliorer sa vie, et ce, avant la trentaine ? En compagnie de ses amis, à la fois source de force, d'inspiration et de problèmes, face à une patronne-vampire abusive, à des parents protecteurs, et en proie à des relations fort houleuses avec la gent masculine, Amélie cherche à faire sa place. (Extrait de la 4e de couverture)

Amélie, l'héroïne de ce roman, est-elle cynique ? Naïve, oui, mais pas cynique. Cinglée, alors ? Impulsive, oui, certainement pas cinglée. Délurée ? Moins que sœur Angèle, si on veut mon avis. Jugez un peu sa réaction lorsqu'elle jette un coup d'œil sur la bibliothèque d'un copain : « Un livre me saute aux yeux. Comment faire jouir votre femme comme une folle. Je recule brusquement, comme si j'avais été brûlée vive et je me retiens de ne pas pousser un cri ». Tordue et irrévérencieuse ? Disons plutôt, franchement gourde et idiote.

L'auteure elle-même n'est pas dupe du personnage qu'elle a créé. En effet, ce lecteur-ci a eu comme un malaise vers la fin du roman, alors qu'Amélie se roule dans la fange de l'auto-admonestation et bat sa coulpe avec acharnement
il n'y a pas une page dans les soixante dernières menant à la résolution finale où l'héroïne ne s'accuse pas d'être gourde, idiote et, de façon générale, sans dessein.

Le roman met donc en scène une gourde extrêmement caricaturale pour laquelle, au bout du compte, je n'ai eu que peu de sympathie. Amélie est une girouette sans consistance, mise au monde pour se mettre les pieds dans les plats et se faire généralement humilier par ses pairs. L'auteure beurre épais.

Pire, elle se répète.
J'ai rigolé à quelques reprises face aux réactions d'Amélie, surtout au début avant que l'effet de répétitions ne vienne gâcher la sauce. Mais la rigolade s'est rapidement transformée en ricanement, et en exaspération devant cette accumulation de sottises. L'auteure utilise TOUJOURS la même recette pour créer des situations qu'elle voudrait drolatiques, amusantes ou embarrassantes. Après 100 pages, ce lecteur-ci a commencé à ressentir une certaine lassitude, voire une lassitude certaine – et le roman pèse 444 pages !

Si l'arc du roman repose tout entier sur le désir éperdu d'Amélie de se trouver un Prince Charmant et de faire un beau mariage, l'auteure a jugé bon d'incorporer deux intrigues mineures afin de donner du nerf à l'histoire et la diversifier un petit peu.

La première de ces sous-intrigues est d'ordre journalistique et place Amélie devant les dilemmes usuels qui se présente à n'importe quel journaliste, à savoir jusqu'où aller pour poursuivre un bon scoop ? Mettre sa vie en danger ? Menacer les emplois de ses collègues ? Ça aurait pu être intéressant et donner de la profondeur au personnage. Hélas, pour croire à ce qui nous est révélé et à la manière que cette révélation se produit, il faut suspendre sa crédulité au vestiaire et mettre son cerveau à off. Sérieux. Disons que le désarroi d'Amélie est loufoque et imbécile.

L'autre sous-intrigue, la vente du magazine où travaille l'héroïne à son principal concurrent géré par sa pire ennemie depuis le secondaire, disons (charitablement) qu'elle ne sert
qu'à étirer la sauce et qu'un éditeur professionnel aurait dû faire la sauter parce qu'elle n'apporte rien, mais rien de rien, ni au roman ni aux personnages. D'ailleurs, l'auteure s'en débarrasse assez cavalièrement, signe qu'elle-même ne croyait pas à sa valeur intrinsèque.

On aura sans doute compris que ce roman appartenant à la chick lit ne m'a pas plu. La chick lit se signale par la légèreté et l'observation humoristique des tensions entre amies de filles, travail, famille et chums de gars. Ces éléments se retrouvent tous dans ce gros roman, l'auteure connait le genre. Mais la légèreté et la finesse des observations ont été remplacé par l'ineptie et le gros trait.

Amour, chocolats et autres cochonneries a obtenu un excellent succès de librairie, semble-t-il.
Même Suzanne, ma tendre et douce, a apprécié ce divertissement. Il y a eu une édition française, je crois. Et l'auteure se prépare à lancer la suite aux mêmes éditions. Assommez-moi avec un deux par quatre, car je suis incrédule !

Ah oui, dernier point, mineur mais agaçant, l'auteure est une fan finie du point d'exclamation ! Elle s'en sert pour marquer n'importe quelle émotion : joie, horreur, jubilation, entêtement, morosité, peur, crainte, nommez l'émotion il y a toujours, toujours, toujours, un point d'exclamation pour la mettre en valeur !!! Treize à la douzaine. C'est affolant pas à peu près.

Cote 3,5 / 10

Amour, chocolats et autres cochonneries...
Évelyne Gauthier
De Mortagne, 2007
445 pages

lundi 25 mai 2009

Une vieille chatte édentée













Margot, convalescente, le poil encore hirsute, en boule contre le plat de graines duquel elle ne pourra plus manger.


Lorsqu'on a acheté notre maison à Rigaud en 2002, nous avons hérité d'une toute petite chatte qui habitait à plein temps dans ce qui était alors l'étable et que nous avons depuis reconverti en écurie. Son nom : Margot. Vu qu'elle était vraiment petite (six livres à tout prendre), nous avons cru qu'elle était toute jeune. Erreur.

Depuis quelques jours, elle avait une plaie purulente sur le côté du cou et ne mangeait plus que du mou. Hop chez le vet !

Une surprise d'abord, cette chatte que nous imaginions âgée de 7 ou 8 ans est vieille de 13 ou 14 ans ! Wow.

Deuxième surprise, sa plaie purulente au cou était causée par un abcès dentaire. Margot avait les dents dans un très mauvais état. D'ailleurs l'une d'entre elles est tombé sur la table d'examen alors que la vet lui palpait la mâchoire. Diagnostic : quelques analyses virales et sanguines pour connaître la condition réelle de l'animal, avec des travaux de dentisterie à la clé. Coût : 695 $.

La vet lui a enlevé toutes les dents, sauf les deux canines inférieures qui servent à maintenir la langue dans la bouche.

C'est une deuxième chatte qui nécessite des travaux de dentisterie. Une autre s'était fait enlever 7 dents il y quelques années. Décidément !!!

Pour clore, une photo de Chanel, un chat errant qui a abouti chez nous en janvier dernier et qui nous a adopté. On le voyait hier dans un paysage où son camouflage le rendait pratiquement invisible. On le voit ici dans un environnement où le même camouflage nous empêche de s'assoir dessus par inadvertance.

dimanche 24 mai 2009

Disparu comme le chat du Cheshire, sourire itou

Il y a un chat dans cette photo. Comme dirait Benjamin : Yéhou ?
**Réponse dans les commentaires**

samedi 23 mai 2009

Appels de textes et revues littéraires

Je ne sais pas si ça peut être utile à quiconque, mais voilà certaines revues et fanzines qui cherchent des textes. La plupart ont des exigences particulières en matière de formatage, il faut donc aller sur les sites respectifs voir de quoi il en retourne.

Je ne prétends pas être exhaustif sur le sujet. Il y a certainement d'autres possibilités de publication. D'autant plus que je me suis limité aux revues québécoises et canadiennes francophones que je connais et où je crois que j'aurais une chance d'être publié si je soumettais un texte. Si vous en connaissez d'autres, faites-moi part de vos découvertes. Je les ajouterai. (Il y aurait une section à faire rien que pour les concours de nouvelles et appels de texte pour anthologie, mais ça c'est une autre histoire.)

NB Selon ma vaste expérience (ha ha ha), un feuillet égale 250 mots. Mais ça vaudrait la peine d'être confirmé.

Biscuit chinois n° 12
3000 mots

1 juin
(Taxi)

Biscuit chinois 13
3000 mots
1 oct
(Hôtel/motel)

Biscuit chinois 14
3000 mots
1 déc
(Vedette)

Jet d'encre 15
1750 mots

15 août
(Dans quelle fiction vivez-vous ?)

L'inconvénient 38
15 feuillets
1 juillet
(Le sens du combat)

Virages 49
4000 mots
1 juillet
(Sur le pont)

Virages 50
4000 mots
Date de tombée inconnue
(Thème libre)

Katapulpe 9
4 feuillets
30 juillet
(Électronique)

Moebius 124
10 feuillets
15 juin
(Les Amérindiens)

Moebius 125
10 feuillets
1 sept
(La haine)

Le sabord
8 feuillets
Date de tombée et thème inconnus (appel constant de textes ?)

Les écrits
Longueur max., date de tombée et thème inconnus (appel constant de textes ?)

Brins d'éternité
7000 mots
Thème libre, appel constant de textes


Clair/Obscur
Longueur max. inconnue, thème inconnu, appel constant de textes

Nocturne
Longueur max. inconnue, thème inconnu, appel constant de textes

Solaris
8000 mots
Thème libre, appel constant de textes

Horrifique
Longueur max., date de tombée et thème inconnus (appel constant de textes ?)

XYZ
2500 mots
1 juin
(Char/hors-thème accepté)
Pour soumettre un texte à XYZ, il faut remplir le formulaire qui se trouve à l'intérieur de la revue !!!

XYZ
2500 mots
1 sept
(Décadence/hors-thème accepté)

Zinc
10 feuillets
16 juin
(Les dettes)

Alibis
8000 mots
Thème libre, appel constant de textes

Brèves
1500 mots
Thème libre, appel constant de textes

vendredi 22 mai 2009

Un problème, une solution inattendue et un bisou

Côté écriture, c'est le vide à peu près total depuis le début de l'année. Quelques idées disparates, généralement médiocres, sauf une. Je me tiens au courant des appels de textes, je me dis à chaque fois que là, c'est le moment d'en profiter, allez hop mon coco, un p'tit effort, fais ton texte et participe.

Y a l'appel de textes de Biscuit chinois qui se termine le 1er juin, thème Taxi. Ça fait quatre jours que je cogite là-dessus avec zéro, mais alors zéro, idée intéressante. Que des resucées et du déjà vu. Je ne panique même plus devant ce désert. Je me résigne à ne pas écrire de texte pour BC, de passer mon tour.

Au souper, entrre deux bouchées de maïs, je demande à Suzanne si elle aurait pas une idée sur le sujet, si Taxi ne l'allumait pas un tout petit peu. Je lui dis : « Prends ton temps pour y penser. »

Elle fait une petite moue, me demande une seule précision sur le thème. « Taxi, comme dans taxi ? » « Oui. Taxi comme dans Heille, Taxi, Taxi pour l'enfer, Taxi pour Tobrouk... »

Elle réfléchit quelques secondes, puis elle annonce un titre (que je tais, il n'est pas fabuleux mais il est révélateur) et me déballe une sacréfice de bonne idée, complètement originale (à mes yeux) et qui est à la mesure de mes moyens. (On ne cause pas de Dostoïevski, ici, on se comprend).

Et l'espoir revient. Merci Suzanne, ma douce muse.

lundi 18 mai 2009

Le Musée des enfants

Mardi, nous sommes retournés au Musée des enfants de Laval. C'était notre deuxième visite. Il y a eu quelques améliorations, notamment la vieille bagnole de contreplaqué a été remplacée par une Fiat 500 d'époque.

Pour les parents, c'est toujours un peu éprouvant, il n'y a aucun siège, aucun banc pour poser ses fesses dans le musée. Mais pour les enfants, c'est du plaisir ! Rien que du plaisir !

Youkaïdi youkaïda, on s'en va finalement au Musée !

Le plein de régulier, mais pas dans les pneus !!!

Suzanne et Benjamin dans la Fiat 500. Dieu du ciel que les gens étaient minuscules dans ces années-là.


Aux commandes de la pépine.


La cafétéria : c'est là que Benjamin a eu le plus de plaisir.


Le chef et sa sous-chef.


Le gros sandwich en plastique, c'est pour qui ?

Le prof jette un oeil sur sa classe.


Le crime ne paie pas.
Au feu, les pompiers !

On va devoir y retourner encore une fois cet été. Benjamin est fou de cet endroit.

dimanche 17 mai 2009

76. Les Allergiks 1 : Où est Agota ? - André Marois

Agota, la soeur de Vincent n'est pas rentrée ce soir. Tout le monde est inquiet. Aidé de ses amis et de sa mère, Vincent part à sa recherche.

On ne peut pas dire grand chose de cette intrigue puisqu'elle ne fait que débuter dans ce premier épisode de la série des Allergiks. J'ai déjà dit ce que je pensais de la collection Epizzod, je n'y reviendrai donc pas.

Les Allergiks sont une série plus prosaïquement policière (sur la base du premier livre à tout le moins). L'auteur a un sacré métier, ça parait. Tout est maîtrisé, la langue, les descriptions, les dialogues, l'établissement des liens entre les personnages. C'est pas génial, mais c'est sans bavure (à l'exception de deux ou trois expressions franchouillardes qui détonnent un peu dans la parlure québécoise, mais enfin...)

De la littérature jeunesse qui ne prend pas son lectorat pour des gnochons.

Deux petits points en finissant : 1. N'importe qui peut obtenir un livre gratuit d'une des séries de la collection Epizzod. il suffit de s'inscrire à cet endroit. 2. Le prix du livre passe de 7,95 $ à 4,95 $. Ce n'est pas moi qui va applaudir. Comme une série est construite sur 13 épisodes, voilà que le total atteint la rondelette somme de 65 $ pour un très, très court roman qui, dans des circonstances ordinaires, coûterait au plus 15-18 $. Une arnaque prohibitive et franchement dégueulasse. Chou à la Courte échelle !

ERRATA : On me signale que si tous les épisodes étaient réunis en un seul volume, ça ne ferait pas un « très court roman » comme je le prétends ci-haut. Ça donnerait plutôt un roman d'une assez bonne épaisseur, l'erreur est mienne.

Cote jeunesse 6,5 / 10
Ferais-je lire ce livre à Benjamin s'il en avait l'âge ? Oui.

Les Allergiks 1 : Où est Agota ?
André Marois
La courte échelle, 2008
37 pages

Une petite montée de lait pour clore ce commentaire. Epizzod. Epizzod. C'est beau vouloir faire moderne, langage malléable, cool, sms, texto, mais, sacrament, on vas-tu arrêter de nous prendre pour des cruches incultes pis écrire comme du monde ? (Ouf, ça fait du bien.)

jeudi 14 mai 2009

75. Le procès de Jean-Marie Le Pen - Mathieu Lindon

Ronald Blistier, jeune membre du Front national, abat de sang-froid un adolescent maghrébin en plein Paris. La stratégie de son avocat, ironiquement un juif homosexuel, est de citer à comparaître Jean-Marie Le Pen pour incitation à la haine et au racisme.

Il y a un aspect prémonitoire dans ce roman. En effet, il a été publié en 1998, soit avant les élections de 2002 où, contre toute attente, Le Pen a passé le premier tour et s'est retrouvé au second tour des présidentielles contre Chirac.

Ce petit livre est venu me chercher comme c'est rarement arrivé. Sans doute parce que dans ma vie professionnelle et ailleurs, j'ai connu de beaux cas de racistes patents, pleins de suffisance...

La question posée par le roman est celle-ci : qui porte la responsabilité la plus lourde ? Celui qui parle, celui qui laisse parler ou encore celui qui écoute ? La réponse n'est pas simple, mais pour le personnage principal du Procès de Jean-Marie Le Pen, le coupable c'est celui qui parle, celui qui par ses discours incandescents, ses allusions perfides et ses amalgames irresponsables, incite les autres aux actions violentes et désespérées, celui qui joue de la peur et l'exacerbe...

Le racisme, dit Lindon, « c'est de l'eau empoisonnée, comment l'empêcher de couler si on s'interdit de tarir la source ? » Dans le livre, la stratégie de l'avocat de faire répondre Le Pen de ses paroles en justice réussit-elle ? Le lecteur curieux le saura en lisant ce très court roman.

Je ne voudrais pas donner l'impression que ce livre est pesant, intense et indigeste. Au contraire, Lindon est un sacré écrivain, et ce roman est tout à fait passionnant, drôle par moment et touchant... C'est rien que du bon.

Dans la vie réelle, suite à la publication de ce roman, Lindon et ses éditeurs ont été cité à procès pour diffamation par Le Pen. L'affaire s'est terminée en 2007 devant la Cour européenne des droits de l'homme qui a rejeté l'appel de Lindon et maintenu le verdict.

Cote 9 / 10

Le procès de Jean-Marie Le Pen
Mathieu Lindon
Folio, 2000 (éd. or. 1998)
132 pages

Le dernier refuge du vrai mâle

Les filles conduisent des motos, souvent des grosses et des lourdes. Elles n'ont rien à envier aux gars. Pour les autos, c'est pareil depuis longtemps; et moi qui aime observer, je vois que lorsqu'un couple est dans une voiture, il y a à peu près autant de femmes qui conduisent que d'hommes.

Cette observation ne tient pas pour les couples de plus de 60 ans. Là c'est l'homme qui est plus souvent au volant que passager. Idem pour les plus jeunes où le gars conduit le char - son char -, sa blonde à ses côtés.

Mais il y a un lieu où la prédominace du mâle ne se dément pas, mais alors là, pas du tout : c'est sur la moto.

Je n'ai jamais vu une moto conduite par une femme alors que son passager était un homme. Jamais vu ça, pourtant sur la route je suis constamment à l'affût. On peut croire que le premier gars qui va oser s'assoir derrière sa conjointe va passer pour une vraie moumoune, digne de chauffer un scooter et de boire de la non-alcoolisée.

L'homme des tavernes d'antan est dorénavant assis sur son bicycle à gaz, sa pitoune derrière.

mercredi 13 mai 2009

74. Paul à la pêche - Michel Rabagliati

Je ne sais pas lire les bandes dessinées « sérieuses ». J'oublie tout simplement de regarder le dessin. Je lis le texte et je peux lire plusieurs pages en remarquant à peine le dessin.

J'ai choisi Paul à la pêche à la bibliothèque sur la base des excellentes critiques que la série reçoit à travers la presse et les blogues. « Ça risque d'être pas mal, tant d'unanimité, c'est bon signe », me suis-je dit in petto.

Mon verdict est mitigé. Paul à la pêche est un roman, avec moins de mots et plus de dessins. Ça se lit en une heure, deux heures si vous vous attardez aux dessins.

L'histoire est mince mais habilement menée. Le dessin est simple, rustique à la limite, mais correct, c'est pas sophistiqué pour cinq cennes, mais c'est parfaitement cohérent avec le propos.

C'est léger, presque amusant, les retours en arrière sont joliment amenés. C'est léger même si l'histoire prend un tour dramatique à compter de l'épisode de la fillette et de son chien. Suivent alors d'autres revirements qui donnent au récit un tour tragique. Puis ça devient mélo comme un film mexicain des années 60 et ça se termine sur une note tellement sirupeuse qu'un lecteur diabétique va devoir prendre de la metformine rien que pour lire la fin sans défaillir.

Tout compte fait, Paul à la pêche, ce sont les petites affaires de la vie ordinaire dans un emballage lui aussi plutôt ordinaire. On pourrait parler de parfaite concordance entre le propos et la manière. Cependant, aux yeux de ce lecteur-ci, l'enthousiasme que la série génère relève soit d'une mouvance snob, soit d'une sensibilité qui lui échappe totalement. Il refuse de se prononcer là-dessus parce qu'il reconnait bien qu'une partie de ce qu'il peut reprocher au roman dessiné est en relation avec sa propre incapacité à prendre le médium avec le sérieux qu'il mérite.

Bref, ni le dessin, ni le texte, ni l'anecdote n'ont fonctionné pour moi.

Cote 5,5 / 10

Paul à la pêche
Michel Rabagliati
La pastèque, 2006
208 pages

lundi 11 mai 2009

Souper de la fête des mères chez maman

Dimanche après-midi, nous nous sommes réunis chez maman à Longueuil pour le souper de la Fête des mères. Ne manquait que mon frère Claude qui n'a pas pu se rendre. On a passé du bon temps et on a bien mangé. Suzanne, Benjamin et moi avons dû partir un peu plus tôt que prévu car la personne qui devait nourrir les chevaux durant notre absence n'a pas pu venir...

Maman avait fait du poulet et du porc, mais elle a failli manqué de patates en purée, ce qui l'a mis dans tous ses états. On s'est régalé comme des rois (si vous me permettez le pléonasme).

Nathan dans les bras de son arrière-grand-mère.

Oupse ! Le 10 mai, c'était aussi le 23e anniversaire de naissance de ma nièce Alexandrine, que j'ai to-ta-le-ment oublié même si on me l'a rappelé à quelques reprises. On la voit ici, faisant de son mieux pour contenir son chagrin ; derrière, menaçant, son chum Stéphane qui s'apprête à me faire un mauvais parti pour corriger mon erreur...

Le somptueux buffet de ma maman : deux branches de céleri, la moitié d'un sac de chips, du raisins pis des biscuits soda ;-)

Ma soeur, une vraie étincelle dans un party !

Ma soeur, l'intellectuelle

Alexandrine et Nathan, son fils. Si Nathan a les yeux rouges, c'est qu'elle lui donne du jus de tomates pour son boire.

Benjamin au paroxysme de la fête !

La collection presque complète des livres de mon beau-papa. (Il y en a d'autres cachés ailleurs.)

La belle et la bête

Alexandrine, Cyrice (le chum à Michelle), Nathan, un sombre inconnu, ma soeur Michelle

Michelle, Nathan et moi

La chevelure d'Alexandrine, le sourire d'Antoine, mon filleul amateur de choses militaires !

Une longue et grosse comme ça...

Oui, je sais, le titre est raccoleur; c'est juste pour attirer du monde et faire grimper ma cote Tout le monde en blogue ;-)

Mais quand même, regardez cette affaire-là, on jurerait un boa constrictor. J'en ai eu un frisson pour mon chat.
En un mot, j'ai la trouille des serpents - y compris des petits et des inoffensifs.




Et oui, Chanel me sauve la vie et mange la couleuvre ! Comme je ne suis pas un ingrat, ce soir, il a eu en récompense du manger mou dans sa gamelle.

Appel de textes - Jet d'encre n° 15

Reçu via Facebook, la revue littéraire Jet d'encre lance un appel à textes. Ça peut certainement intéresser quelques-uns d'entre nous :

Jet d'encre publie tant des auteures et auteurs de la relève que ceux qui sont confirmés, qui sont libres d'aborder les thèmes qui leur sont chers, en autant que le traitement soit original, fasse preuve d'audace et soit l'expression d'une voix singulière.


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Avant de nous envoyer votre texte, n'oubliez pas de vérifier les points suivants :

Nom et coordonnées : indiquez votre nom sous le titre et vos coordonnées (incluant votre adresse électronique s'il y a lieu) à la fin du texte, ainsi que tout autre renseignement utile au moment de communiquer avec vous
Nombre de mots maximum : 1750
Notice biobibliographique : joignez une courte notice biobibliographique de trois à cinq lignes
Envoi de préférence par courriel : jetdencre@usherbrooke.ca

Pour les envois par la poste :

Sur disquette ou CD en format Microsoft Word
3 exemplaires sur feuilles 8 1/2 X 11 po, paginées et non agrafées (25 lignes par page), non justifiées à droite
Sans en-tête ou pied de page


Date de tombée et appel de textes

Numéro 15 : 15 août 2009

Centre de gravité : Dans quelle fiction vivez-vous?

Pour son quinzième numéro, la revue Jet d’encre propose d’explorer la transtextualité, avec ses imitations, transformations et débordements, suivant les avenues qu'elle emprunte et les voyages littéraires auxquels elle prête lieu. Autant de jeux qui permettent aux textes de dialoguer entre eux, mais également de ranimer, avec de nouvelles saveurs, les mondes foisonnants des maîtres jeunes et moins jeunes de la littérature. Que ce soit en prose, à l’instar de Jacques Poulin ou de Paul Auster, en vers et en prose, comme le font René Lapierre et Carole David, ou bien encore en vers, à la manière de Barnabooth, nous voulons être témoins de vos voyages littéraires et de vos promenades avec des personnages et des auteurs.


Publications Jet d'encre
Département des lettres et communications
Faculté des lettres et sciences humaines
Université de Sherbrooke
2500, boul. de l'Université
Sherbrooke (Québec) J1K 2R1

jeudi 7 mai 2009

73. Solaris n° 170

Le boucher de Nicolas Weinberg. Petit-Coude et Pot-de-Rouge font la rencontre du Boucher à l'auberge en plein coeur de la nuit. Le meilleur de cette histoire fantastique qui n'est pas piquée des vers, c'est la truculence des personnages et la justesse des dialogues et des situations. Excellente nouvelle. 10 / 10

Grains de silice de Mario Tessier. Si vous lisez le texte contenu dans la nouvelle, l'humanité va cesser d'exister. L'enthousiasme de Joël Champetier pour cette nouvelle me fait sourciller. À le croire il s'agit du texte le plus déterminant de 2009 - année à peine entamée. Je ne partage pas son point de vue. À vrai dire, je me suis un peu ennuyé bien que ce soit très court. 5 / 10

La règle des tiers
de François Lévesque.
Peines d'amour et cauchemars ne font pas bon ménage comme on l'apprend dans cette nouvelle urbaine. Agréable lecture. 7 / 10

Hoenzolam d'André Dumaine. Un couple visite une ville de saltimbanques. Elle est emballée, il a l'impression que c'est une arnaque prétentieuse. Dans cette nouvelle tout l'art réside dans l'habileté de l'auteur à créer une atmosphère bizarre, fellinienne, juste par esquisses. 9 / 10

Comme des nuages dans un ciel d'été de Georges Boulevard. Une histoire de survie dans un monde en pleine décrépitude. Fortement onirique, mais parfaitement réussie. J'ai embarqué dans cette histoire et j'y ai pris un plaisir considérable jusqu'au dernier mot. C'est le genre de texte que je souhaiterais avoir écrit. 10 / 10

La jolie fille de Pol Pot de Geoff Ryman. La fille de Pol Pot essaie de trouver sa place dans un Cambodge moderne où le passé est partout. Brillant. Une pure merveille. Élégiaque et lent. More of Geoff Ryman, Mister Champetier. 10 / 10

Un très fort numéro. Tout excellent, ou presque.

Cote 8,5 / 10

mercredi 6 mai 2009

Réglisse 2003-2009

Réglisse, un cochon vietnamien, était avec nous depuis l'été 2003. Il était arrivé à Dorval en direct de Hamilton par avion. Il était tout petit et mignon.

Il est mort aujourd'hui, très probablement d'une série fatale d'infarctus. Mais je ne suis pas vétérinaire. Depuis l'an dernier il avait pas mal cessé tout mouvement, se contentant de dormir et de manger. Il n'aimait pas le contact avec les humains.

On ne peut pas dire qu'on va regretter sa présence comme on regrette la disparition d'un chat ou d'un chien, mais il faisait partie de notre quotidien.

C'est la vie. On va tous y passer, c'est le message.

mardi 5 mai 2009

72. Les Moufettes attaquent au crépuscule - François Bélisle

La maison des jeunes de Dorbourg, une ville de 20 000 habitants, ferme ses portes dans des circonstances plutôt louches. Daniel accepte mal la décision et décide, avec ses amis, de faire entendre haut et fort son mécontentement à la haute société de la municipalité. (Abrégé de la 4e de couverture.)

Les Moufettes attaquent au crépuscule est le premier d'une série de deux (pour l'instant, il semble y en avoir un 3e en lecture). Ayant déjà dit tout le bien que je pensais des Moufettes livrent de la pizza, je dois admettre que le premier tome n'est peut-être pas aussi limpide que le deuxième. En effet, la narration, un peu plus hachée et nettement plus elliptique (voire trop), demande une attention de tous les instants. Ce n'est pas une lecture facile et coulante, il faut y mettre un effort.

Le tome est aussi plus politique dans son propos, avec des jeux de coulisses et des crocs-en-jambes administratifs qui ne seront pas à la portée des lecteurs moins aguerris, et met en scène des adultes calculateurs et fourbes comme on les aime.

Encore une fois, l'auteur apporte un grand soin à la vérité psychologique de ses personnages, et offre un bon choix de narrateurs qui apportent tous et chacun quelque chose à l'édifice romanesque. Mais, au bout du compte, sans que ce soit un défaut, il reste que les Moufettes attaquent au crépuscule est un roman plus exigeant que celui qui le suit.

Cote jeunesse 6,5 / 10
Ferais-je lire ce livre à Benjamin s'il en avait l'âge ? Oui.

Les Moufettes attaquent au crépuscule
François Bélisle
Z'ailées, 2007
164 pages

71. Clair-obscur n° 5

Vente avec démonstration de Patrick Senécal. Senécal n'a pas besoin de 400 pages pour faire la démonstration de son talent. Six lui suffisent dans cette histoire à l'humour grinçant. 10 / 10

Inspire-moi ! de Jonathan Reynolds. Un texte amusant des excès d'un fan fini avec une chute appropriée au genre. 7 / 10

Pincez-moi ! Oniria Odile Tremblay de Joel Champetier. Odile Tremblay, critique cinéma au Devoir, livre son commentaire acerbe sur le film Oniria basé sur le roman de Sénécal. Banal et sans intérêt, mais correctement fait. 5 / 10

En attendant Senécal de Gregor Gordon. Alors là, surprise. Un point de vue différent sur Sénécal, qu'on mélange à la sauce Samuel Beckett. Ça a vraiment amusé le simili-intellectuel qui se terre en moi. Dialogue truffé de références à l'oeuvre de Senécal. Très, très bon. 10 / 10

La mort au bout des doigts Mathieu Fortin. Le texte le plus étoffé du lot. Un véritable histoire qui marine dans le bouillon de Sur le seuil avec un certain bonheur. Je dis « certain » parce que la nouvelle est affectée par de drôles de ruptures de ton et par une mise en scène à la CSI où les personnages arrivent dans les scènes avec du matériel nouveau, sans autre interaction. Par moment, ce procédé fait un peu plaqué. Mais le suspense est maintenu et ce lecteur-ci avait hâte de savoir comment ça allait se terminer. 7,5 / 10

Clair-obscur 5 démarre avec une bonne entrevue de Sénécal par Mathieu Fortin genre qui sied bien à Fortin, soit dit en passant. Il se termine avec une analyse hypertextuelle de l'identité dans Aliss (zzz, zzz, ça m'est tombé des mains après deux paragraphes), une autre analyse de l'oeuvre (lisible celle-là par le commun des mortels, dixit moi le très commun) et un texte de Senécal lui-même expliquant la genèse d'Aliss.

Un très bon numéro : de bonnes fictions, des articles de fond solides. Reste à régler la mise en page des textes et ça sera tiguidou.

Cote 7,5 / 10

70. Terreur au camp d'hiver - Zachary Icks

Pascal et ses amis se retrouvent au Camp de la terreur, un camp d'hiver dont la thématique est... la peur ! Pendant toute leur semaine de relâche, ils ne vivront que pour une émotion : la peur, sous toutes ses formes ! Activités basées sur les films d'horreur, bal costumé, chasse au trésor... la semaine sera palpitante... Sauf qu'avant de partir en relâche, madame Bergeron, une suppléante, a juré de se venger des mauvais coups de Pascal et ses amis... Et si l'horreur devenait réalité ? (4e de couverture)

Cet auteur se décrit comme un ermite, voilà de quoi le rendre sympathique dès le départ ! Mais trêve de billevesées, comme disait le Capitaine.

Wow ! Quel formidable roman et quel coup d'envoi pour cette surprenante nouvelle collection. Un roman d'action enlevé et sans merci, sans pause publicitaire, une redoutable machine qui roule à toute allure vers la finale. Les personnages sont bien typés, spécialement Pascal, le héros de cette aventure, et dans la personne de Mme Bergeron, Icks a créé un vrai beau monstre, plein de rage débordante. Les dialogues sont naturels.

J'ai lu ce roman à toute vitesse, entraîné par le mouvement. Cette histoire de vengeance disproportionnée est cousue de fil noir (le blanc ne s'impose pas), à la limite elle ne tient pas la route. Il y a trop d'incohérences et d'invraisemblances pour être même-un-peu crédible : comment Bergeron entre-t-elle chez Pascal, comment les X apparaissent-ils puis disparaissent-ils ? On imagine guère des moniteurs laissant des enfants retrouver seuls le chemin du camp en pleine forêt. Bon, ça ne tient pas la route quand on examine les péripéties de plus près, mais tout le plaisir vient de la promenade.

Cote jeunesse 9,5 / 10
Laisserais-je Benjamin lire ce livre s'il en avait l'âge ? Deux fois plutôt qu'une.

Terreur au camp d'hiver
Zachary Icks
Z'ailées, 2009
103 pages

69. Gina - Emcie Gee

Hank est-il gangster, tueur à gages ? Le Noctambule est-il le repaire qu'il semble être ? Le Balafré est-il mort ? Et Gina est-elle une simple pute dont Hank tombe amoureux en la découvrant entre les bras de tous les salauds du coin ? Est-elle, oui ou non, la fille du boss ? (Abrégé de la 4e de couverture.)

Voilà un roman si parfaitement maîtrisé que ce lecteur-ci a de la difficulté à croire qu'il est vraiment l'oeuvre d'une si jeune auteure. Parce que nous sommes face à une incontestable réussite.

Roman noir et riche en atmosphère. Sans compter la connaissance experte du français argotique et des mécanismes psychologiques de la sexualité masculine que l'auteure possède. On a là un roman bien ficelé, solide, dur et rigolo dans sa truculence, avec des moments de franche comédie (les poivrots qui se tiennent la bite aux chiottes, c'est pas banal). Le montage est serré, et franchement j'ai été complètement happé par le livre. Une belle heure de lecture. Recommandé par ce lecteur-ci.

Cote 8 / 10

Gina
Emcie Gee
Coups de tête, 2009
92 pages