jeudi 30 avril 2009

68. La malédiction du coffre - Amy Lachapelle

Katherine, un vrai garçon manqué, reçoit un cadeau qui lui déplait pour son 10e anniversaire : un coffre ancien rempli de trucs de fille comme du maquillage. Après qu'une bagarre éclate dans la rue entre son groupe d'amis et ses pires ennemis, Kath a un oeil bien amoché. Elle a recours au maquillage du coffre afin de camoufler les dégâts. C'est alors que son visage se transforme de façon épouvantable... Elle se rend vite compte que le fameux coffre n'a rien d'ordinaire; il est possédé... (Abrégé de la 4e de couverture.)

Cette Katherine est une fillette avec de la personnalité à revendre. Difficile de résister à son charme. C'est une fonceuse et elle anime le roman avec beaucoup d'entrain. L'anecdote de
La malédiction du coffre est simple à souhait. Katherine reçoit un coffret maléfique (adjectif supérieur à possédé qui ne s'applique pas à des objets, enfin pas dans ce sens-là), elle l'utilise et doit en subir les aléas. Elle se débarrasse sommairement du coffret... Il n'y a une seule anecdote, et aucune d'intrigue secondaire. C'est mince un peu, même pour un public beaucoup plus jeune.

Par contre, ce que le roman manque en aventures, il le gagne dans ce beau petit personnage qu'est Katherine. Ça promet, car la fin de La malédiction du coffre laisse présager une suite.

Un gros, gros bémol : il y a assez de fautes de français pour qu'elles ne passent pas inaperçues. Ce ne sont pas des coquilles, mais des impropriétés (par ex. percevoir pour soupçonner, entrevoir), des conjugaisons boiteuses (le verbe bouillir à l'indicatif, c'est bout pas bouille), etc. C'est malheureux parce que le livre a d'immenses qualités.

Cote jeunesse 5 / 10
Laisserais-je Benjamin lire ce livre s'il en avait l'âge ? Oui.

La malédiction du coffre
Amy Lachapelle
Z'ailées, 2009
100 pages

67. 38 ans derrière les barreaux - France Paradis

Pendant 38 ans, André Patry a été l'aumonier de la prison de Bordeaux, réputée la plus violente au pays. Il a consacré sa vie à accompagner les prisonniers, à écouter leurs confidences, à leur parler de l’amour inconditionnel de Dieu sans jamais les juger.

Il y a des gens qui ont une capacité de bonté et de dévouement qui vont bien au-delà de la compassion dont nous pouvons faire preuve à chaque jour. André Patry, dit le père Jean, est de ceux-là. Dans un style emphatique, France Paradis fait le portrait d'un être dévoué œuvrant milieu épouvantable. L'auteure et le sujet sont de bons amis, elle est meme devenue bénévole à la prison après avoir connu André Patry.

Je dois avouer ne pas avoir lu les passages s'attardant sur la foi et la religion du père Jean. Pour moi, cet aspect des choses est inintéressant. Je suis convaincu qu'animé par une foi vive ou non, André Patry se serait engagé d'une manière ou d'une autre envers les démunis et les oubliés de la société, le fait qu'il ait été prêtre lui a tout simplement ouvert les portes de la prison de Bordeaux. C'était là son destin. Il y a de belles pages émouvantes dans ce livre : le Noël à la chapelle avec quelques enfants, entre autres. L'auteure évite de nous présenter ces hommes emprisonnés comme des victimes, ce sont des hommes qui ont commis des crimes terribles, parfois de sang-froid, parfois à répétitions. Mais ce sont des hommes d'abord et avant tout, c'est ce que nous montre André Patry.

Seul bémol : la curiosité étant ce qu'elle est, j'aurais bien aimé quelques photos, du père Jean, bien entendu, de la prison, de la potence, de la chapelle, de la maison de la Paix, etc.

Sympathique petit livre qui fait du bien.

Cote 7,5 / 10

38 ans derrière les barreaux : L'histoire du père Jean
France Paradis
Novalis, 2008
152 pages

mardi 28 avril 2009

À défaut de télépathie, y a Twitter !

Quand on regarde ça de loin, sans en connaître les tenants et les aboutissants, on se dit que Twitter est le plus insignifiant des bidules modernes. Le boutte de la marde de la communication inutile. Le monde souffre d'une peine inassouvissable de parler, de se faire connaître, de se faire des « amis ». À preuve le million de connards qui vont désormais savoir qu'Anton Kuschner mange des toasts au beurre de pinottes le matin, qu'il chie mou le mercredi, et autres affabulations de védettes (comme dit Pinard).

L'Homme a soif de communication/pollution, il est incapable de s'empêcher d'en créer, le gadget lui exalte les méninges. On n'ose à peine imaginer la pollution dont nous serions victime si ces mêmes fashion connards qui sont sur Twitter s'adonnaient à la télépathie.
Ouïlle, ouïlle, le vacarme dans nos pauvres cervelles survoltées !

La télépathie est souvent représentée en sf sous une forme soit bénévolente (on entend ce que les autres pensent, un peu comme on entend ce qu'ils disent quand ils prennent la parole), soit malévolente (une corporation ou un tyran cherche à contrôler les pensées).

On n'a, semble-t-il, pas imaginé l'incroyable surpollution cérébrale causée par le bombardement de saturation des insupportables niaiseries que nos contemporains jettent à la tête du monde au nom de la communication (1) : Je mange du jambon, l'autobus est plein à matin, j'ai pété hihi, mes fenêtres sont sales, l'aile ou la cuisse, j'attends mon réparateur de lave-vaisselle...


Oh la navrance de tout ça. Dire que d'aucuns reprochent à la blogosphère son narcissisme.

(1) Et ce blogue-ci en est une preuve éloquente, hélas, hélas, hélas...

lundi 27 avril 2009

66. Morlante - Stéphane Dompierre

1701. Dans la cale d'un bateau anglais, Morlante poursuit tranquillement sa carrière d'écrivain. Mais on ne l'emploie pas pour son talent à raconter des histoires ou pour sa calligraphie soignée. Quand le bateau est la cible de pirates ou d'une armée ennemie, il range sa plume, sort ses machettes et rentre dans le tas. On ne marque pas son époque en écrivant des lignes, mais en tranchant des gorges. (Quatrième de couverture.)

J'ai aimé le premier roman de Dompierre, Un petit pas pour l'homme, et j'ai moins aimé son deuxième, Mal élevé -- allez savoir pourquoi, peut-être parce que c'était un peu bonnet blanc et blanc bonnet. Mais je me suis régalé avec Morlante, son troisième roman, un virage sidérant pour cet auteur que je n'aurais jamais soupçonné être capable d'un roman semblable.

C'est un roman d'aventures avec des pirates, des flibustiers et un écrivain au pouvoir destructeur si grand (quand il abandonne la plume pour ses machettes) que les empires se l'arrachent et les autres en sont terrifiés. Mais il fait son affaire tout seul... J'ai beaucoup ri. Dompierre a un sens de la répartie et du deadpan qui sont jouissifs. Et, malgré les anachronismes langagiers, il est arrivé à me faire croire à ses personnages et à leur histoire. Une jolie réussite à tous les points de vue, et non dépourvue de profondeur; puisque Dompierre parle en même temps du rapport de l'écrivain au monde.

Coups de tête passe à un nouveau format : plus grand et plus large (proche du trade paperback américain), avec un plus grand nombre de pages et une augmentation en conséquence du prix de vente à 15 $. Ce qui demeure très abordable quand même.

Drôlement recommandé par ce lecteur-ci.

Cote 8,5 / 10

Morlante
Stéphane Dompierre
Coups de tête, 2009
154 pages

dimanche 26 avril 2009

Un gars pis son VTT

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La première fois dessus !


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Sur le faux plat montant vers la maison.


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Pogo, Benjamin, Suzanne, Chinook et Chanel

Trop cool

Même pas quatre ans et déjà au volant...

L'attitude du conducteur rentrant à pied au puits... Cette photo-là, j'en suis super fier.

Pas de gaz à effet de serres, c'est un véhicule électrique !


Posted by Picasa

samedi 25 avril 2009

65. Les fantômes de Péka - Mathieu Fortin

Pierre-Karl, dit Péka, possède un double don, celui de voir des fantômes et de prédire la mort des gens qu'il connaît. Aidé du fantôme de son grand-père, il va tenter de déjouer la mort. Mais ce don exceptionnel ouvre aussi la porte à des individus aux intentions douteuses qui vont tenter d'utiliser Péka pour éveiller Shâ-Rhô, un esprit malveillant...

Au-delà du savoir-faire de Fortin, j'ai un curieux sentiment à propos de ce roman. En effet, dans la mesure où il s'agit du premier tome d'une série, alors là, c'est une réussite. L'auteur a tendu ses lignes à gauche et à droite, en en laissant sous-entendre plus qu'il n'en donne à comprendre. Le lecteur se prépare à des développements qui se produiront dans les prochains romans. Very goude. C'est l'effet « saga ».

Par contre, si Les fantômes de Péka sont un volume unique et sans suite, alors c'est un peu raté. L'arrière-plan occupe trop de place et les lignes tendues (relations avec le père, l'école, Mélodie et Jérôme les nouveaux voisins) forment des interférences nuisant à l'efficacité de l'histoire.

Le roman se lit bien, ça bouge en dépit d'une petite longueur au voyage de pêche. Il y a de l'action et les personnages sont bien typés. Mais ça demeure conventionnel, selon moi à cause des prochains tomes à venir.

Cote jeunesse 6,5 / 10
Ferais-je lire ce roman à Benjamin s'il en avait l'âge ? Oui.

Les fantômes de Péka

Mathieu Fortin
Z'ailées, 2009
109 pages

I'm walkin' on sunshine... hoo hoooo...

J'ai évoqué la semaine dernière le plaisir que j'ai eu quand on m'a demandé d'écrire une critique de livre pour une revue de sffq. De ce côté, mon travail avance, encore que tant que ça ne sera pas publié, on ne peut pas parler de succès. Il ne faut pas vendre la peau de l'ours...

Hier, un autre bon coup m'a été asséné par une vieille connaissance, un gars actif dans le milieu de la sffq. Il prépare une anthologie et souhaite que je lui soumette un texte. Moi ? Imaginez ma stupéfaction... J'ai été si longtemps hors du milieu que je suis surpris qu'on puisse même se rappeler mon existence. J'ai accepté. Bon, encore là, il y a loin de la coupe aux lèvres. L'antho est prévue pour 2012, il n'y a que des ententes préparatoires pour le moment, rien n'est coulé dans le béton. Et, en plus, rien ne dit que le texte que je soumettrai passera le jugement des anthologistes.

Mais un plus un font deux et la vie est merveilleuse : I'm walkin on sunshine, hoo hooo, and don't it feel good.

D'autant que j'ai pris la décision d'aller à Boréal 09. Le samedi seulement, car dimanche, c'est l'anniversaire de Benjamin et rien au monde ne va me faire manquer la fête qu'on lui prépare.

vendredi 24 avril 2009

C'est à désespérer de l'humanité, des fois...

Décidément, la bête humaine est navrante. Il y a vraiment longtemps, il y a eu un jeu qui consistait à violer une amériendienne attachée à un poteau, ça s'appelait Custer's Revenge je crois ou quelque chose de similaire.

Dans les années 90, un autre jeu consistait à gérer un camp de concentration : KZ Manager.

Plus récemment, il y a eu Super Columbine Massacre sur le massacre du Colorado. À quand Polytechnique the Game ?

Aujourd'hui, il y a Baby Shaker. Bébé braille, vous le brassez jusqu' à ce qu'il en meure. Sensationnel ! Quelle idée merveilleuse ! On croit rêver. Une application pour le iPhone qui vient d'être retiré du marché par Apple. La question, c'est de savoir comment ça a pu se retrouver là. Personne tchèque cou'donc ?

Ah la navrance...

C'est à désespérer, des fois

Décidément, la bête humaine est navrante. Il y a vraiment longtemps, il y a eu un jeu qui consistait à violer une amérindienne attachée à un poteau, ça s'appelait Custer's Revenge je crois ou quelque chose de similaire.

Dans les années 90, un autre jeu consistait à gérer un camp de concentration : KZ Manager.

Plus récemment, il y a eu Super Columbine Massacre sur le massacre du Colorado. À quand Polytechnique the Game ?

Aujourd'hui, il y a Baby Shaker. Bébé braille, vous le brassez jusqu' à ce qu'il en meurre. Sensationnel. Quelle idée merveilleuse. On croit rêvé. Une application pour le iPhone qui vient d'être retiré du marché par Apple. La question, c'est de savoir comment ça a pu se retrouver là. Personne tchèque cou'donc ?

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Pour cause de sénilité galopante, j'ai affiché ce brouillon avant d'en afficher la version finale. Normalement, je devrais l'éliminer, mais il y a eu un commentaire, et donc je le laisse.
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jeudi 23 avril 2009

64. Une piquante petite brunette - Albert Chartier

Wilbrod Boisjoli, mon grand-père paternel, était abonné au Bulletin des agriculteurs, et chaque fois que nous montions à La Macaza, je me jetais sur les exemplaires qu'il gardait pour moi, juste pour lire Onésime, une bande dessinée super-drôle, avec des personnages bien typés et truculents, et des situations simples à comprendre pour un enfant de 8 ans. En plus, le fait que grand-popa ressemblait physiquement à Onésime, ajoutait un sel particulier à cette bande...

Je ne ferai pas le panégyrique d'Albert Chartier. Il y a un excellent article sur BDQuébec et un autre plus court sur Wiki. Vous y trouverez là ce qu'il y a à savoir sur l'auteur.

Chartier a tenté de percer le marché des strips, ces bandes en quatre cases que l'on retrouve dans la plupart des journaux. Une piquante petite brunette est le résultat global de tous ses efforts. Les strips ont été recueillis et restaurés par Jimmy Beaulieu, grand fan de bd et directeur de collection. Sur son blogue, Beaulieu donne à voir quelques-unes de ces bandes.

Il y a là des projets intéressants : Kiki, Elsinore, Suzette, Suzy, Cornelius, et quelques pantomimes anonymes. Si aucun de ces projets n'a connu une longue vie, quelques-uns virent le jour pour de brèves périodes de temps. Tous les projets sont des années 60. Donc, c'est fortement daté, l'humour de Chartier est mononcle sur les bords, mais le trait de son dessin est pur et fluide, en plus d'être instantanément reconnaissable.

Un bon album, ne serait-ce que pour sa valeur historique. 2012 marquera le centenaire de Chartier, il y a à l'heure actuelle une campagne pour que cet anniversaire soit commémoré par un timbre. Ce serait la moindre des choses.

Cote 8 / 10

Une piquante petite brunette
Albert Chartier
Les 400 coups, 2009
224 pages

Bilan de fin de saison

© Martial Loiselle, L'Étoile 2009

63. Cris de sang - Jonathan Reynolds

Un matin, Ève ne vient pas à l'école. Son amie Myriam est très inquiète de cette absence. Lily dit que c'est le croque-mitaine qui est venu la chercher durant la nuit. Mais peut-on donner crédit à Lily, qui est bizarre, peut-être même folle ? Peut-on encore croire aux monstres qui se cachent sous les lits quand on a 9 ans ? C'est stupide, dit Guillaume...

Un tout petit roman de 6000 mots à peu près. Bien fait et bien écrit, à l'exception de deux ou trois formulations assez bizarres (« Elle avale le contenu de sa bouche...»). Reynolds a du métier, ça parait.

L'action est rapide et le format très court ne donne pas la chance à l'auteur de créer une atmosphère qui aurait été plus convaincante pour ce lecteur-ci. Mais c'est de l'ordre de la peccadille.

J'ai particulièrement aimé la fin, étonnante et audacieuse; pour une fois qu'un roman jeunesse ne célèbre pas l'amitié victorieuse ; c'est même le contraire. On ne peut que compatir avec le désarroi de Myriam, une fillette solitaire, qui va perdre ses deux seuls amis...

(Sympathique collection au demeurant, avec des couvertures hautes en couleur et extrêmement attrayantes. Malheureusement, certains libraires placent les livres jeunesse en classant les maisons d'édition par ordre alphabétique. Les éditions Z'ailées se retrouve donc au bas des rayons, dans une zone obscure qui ne les avantage pas.)

Cote jeunesse 7 / 10
Ferais-je lire ce roman à Benjamin s'il en avait l'âge ? Absolument.

Cris de sang
Jonathan Reynolds
Z'ailées, 2009
90 pages

mercredi 22 avril 2009

62. Alibis n° 30

Comme une oeuvre de Turner de Leslie Watts. Quelle chouette petite histoire de vol de tableau (compliqué d'autre chose) mettant en vedette une délicieuse héroïne de onze ans, décidée et frondeuse. Ça donne le goût de lire d'autres textes de Leslie Watts. Bravo. 10 / 10

Petites coupures de Michel-Olivier Gasse. Nouvelle très réussie, où ce qui n'est pas dit explicitement est important. Excellente création de personnages impulsifs et vivants. J'ai beaucoup, beaucoup aimé. 10 / 10

Les cathédrales de la mort de Jean-Jacques Pelletier. Ce long texte (70 pages) constitue le prologue de la « Faim de la Terre », le dernier tome des « Gestionnaires de l'apocalypse ». Je suis réfractaire à la manière de Pelletier. J'aime qu'il y ait des personnages auxquels je puisse me raccrocher dans un roman, fussent-ils sympathiques ou antipathiques (concordance des temps, quelqu'un ?). Ici, les personnages sont des enveloppes vides. Je dois admettre que c'est bien fait, que ça bouge, qu'il y a un mouvement irrésisitble vers l'avant, mais au-delà de ce mouvement, qu'y a-t-il ? Pour moi : trop de mécanique, pas assez d'humains. 6 / 10

Suit la deuxième partie de l'Enquête sur le polar du même Pelletier. Érudite, profonde, mais s'attardant trop à mon goût dans les dédales du Nouveau Roman. 7 / 10

Le numéro se termine avec les sympathiques réminiscences de François Hardel sur son voyage au Salon du polar de Paris, le Crime en vitrine de Norbert Spehner et les recensions de livres.

Un très bon numéro : 7,5 / 10

mardi 21 avril 2009

Sur ma liste d'achats prochains

Péka et les fantômes de Mathieu Fortin
Morlante de Stéphane Dompierre
L'anglais n'est pas une langue magique de Jacques Poulin
Tarmac de Nicolas Dickner.
L'arracheur de rêves de Pierre-Luc Lafrance

Un chausson avec ça ?

Benjamin et les dinosaures 3

Suzanne craignait que Benjamin aurait trop peur. Mais dès qu'on lui a présenté les images et les vidéos, fiston a démontré de l'enthousiasme pour le spectacle. Or donc, au mois d'août, nous irons tous les trois voir ce spectacle pas banal en apparence.

lundi 20 avril 2009

Loco Locass et la sainte Flanelle

Les Loco Locass ont pondu une tite ritournelle pour aider les Canadiens à gagner. Les chances que ça marche ? Aussi bonne que leur Libérez-nous des libéraux avait contribué à la « défaite » de Jean Charest. Ha ha ha.

Avec le temps va, tout s'en va

J.G. Ballard est mort avant-hier. C'était un écrivain costaud. Ils commencent à se faire plus rare ces écrivains de sf que j'ai connu et admiré alors que j'avais 20 ans dans les années 70.

Il reste encore Ellison (75 ans), Bradbury (89), Silverberg (75), Aldiss (85), Pohl (90), Malzberg (70), Moorcock (70), Le Guin (80), Spinrad (70)...

J'en oublie certainement, mais les prochaines années vont être lourdes de rubriques nécrologiques et de nos souvenirs.

Merdouille, ça me fout la trouille.

dimanche 19 avril 2009

61. Par hasard... rue Saint-Denis - Chloé Varin

Un abonnement de saison au théâtre en cadeau d'anniversaire, ça fait cinq spectacles, cinq soupers au restaurant, cinq occasions de mieux connaître ce père que la pétillante Stella Champagne, 21 ans, n'a pas vu depuis son enfance. Au fil de ces cinq soirées, deux esprits libres se croiseront, s'affronteront, se lieront, et Stella, d'abord farouche, en apprendra plus sur celui dont l'absence était une blessure inavouée... Sous le couvert d'un humour caustique et irrévérencieux, Chloé Varin démêle avec tendresse les ficelles d'une relation père-fille bien particulière. (Abrégé de la 4e de couverture.)

La chick lit se signale par la légéreté du propos et du ton. On y retrouve souvent humour badin, auto-dérision, shopping, obsession pour les apparences, relation désopilante avec mère/copine/copain/patron, etc.

C'est un genre volontiers frivole, souvent amusant
ici je pense à Sophie Kinsella dont j'ai lu tous les livres (sauf un) et qui figure sur ma liste des auteurs préférés.

Mais légèreté n'égale pas n'importe quoi. Sur la base prometteuse d'une rencontre entre un géniteur qui a fui ses responsabilités familiales et sa fille, Varin a écrit un court rom
an inégal. Il y a du bon, il y a du moins bon...

Le bon ? Tous les artifices du genre s'y retrouve, bien dosés. On sent que l'auteure maîtrise sa matière, elle a lu de la chick lit, elle aime, elle est capable d'en écrire.

Le moins bon ? Le comique forcé, les traits de pseudo-humour qui jaillissent sans cesse aux dépens des personnages, l'auteure qui se croit supérieure à l'histoire qu'elle raconte. Trop, c'est trop. Pour reprendre l'exemple de Sophie Kinsella, les meilleurs de ses romans sont ceux où Rebecca Bloomwood existe véritablement et agit comme un être humain, le pittoresque en plus; les moins bons sont ceux où Kinsella jette l'accent sur le pittoresque au mépris de la vraisemblance des dialogues, de l'histoire et des personnages.

Bon, ça va peut-être s'arranger avec le temps. Je l'espère.

Ce que je pardonne moins, ce sont des phrases comme celle-ci, que l'éditeur aurait dû corriger : « C'est sans doute cette propension à l'autocruauté qui m'empêche de courir à l'abri de la pluie et me statufie au beau milieu d'un trottoir ruisselant et de cette foule interrogatrice à la vue de cette jeune femme que je suis, le visage possédé par la tristesse et les larmes. » Clonk ! Lourd comme un pavé et aussi agréable à recevoir en pleine poire.


Un roman que je ne recommande pas.

Cote 4,5 / 10

Par hasard... rue Saint-Denis

Chloé Varin
Stanké, 2008
127 pages

samedi 18 avril 2009

60. Grandeur nature - Henri Troyat

Antoine Vautier est un comédien qui tire le diable par la queue, les engagements sont rares et il parvient difficilement à faire vivre sa femme et son fils. Pourtant, un jour, son fils passe une audition et devient la vedette d'un énorme succès cinématographique. Antoine Vautier devient alors « le père du jeune Christian Vautier ». Les projecteurs se braquent sur le jeune prodige, alors que le père est dépossédé du peu de prestige dont il jouissait. Commence une rapide débâcle, des humiliations, un abandon...

Impossible de sympathiser avec le personnage principal, cet acteur imbu de lui-même, chiant pas à peu près, et fat.
Antoine Vautier est un être égocentrique et mythomane, qui agit et réagit dans la vie comme un mauvais acteur, avec des effets de voix et de bras qui sonnent faux.

Et comme tout le roman est centré sur lui, on craindrait que la lecture dudit soit un pensum. Mais Troyat a un sacré métier même s'il s'agit d'un de ses premiers livres. On ne s'ennuie pas.

Mais en même temps que l'auteur fait le portrait d'un être peu amène, il parle aussi de la difficulté de s'adapter à un nouvel environnement. Antoine Vautier est un artiste de théâtre et de radio, incapable de faire le passage au cinéma.
Le jeu naturel et allégé de son fils, comparé à son jeu factice et plein d'artifices. Conflit des générations, apparition de nouvelles technologies, monde en mutation.

Ce roman a été publié en 1936 : alors que la France était tétanisée par des conflits sociaux importants, en Allemagne, c'était Hitler, entre les deux, la réoccupation de la Rhénanie par les troupes nazies...

Grandeur nature
est un roman d'une époque qui se transforme brutalement. De l'incapacité de certains d'y faire face.

Recommandé avec quelques réserves par ce lecteur-ci : l'écriture est parfois surchargée et le vocabulaire horriblement daté (par exemple, grapefruit pour pamplemousse !!!)

Cote 6 / 10

Grandeur nature
Henri Troyat
Le livre de poche 1969 (éd. or. 1936)
255 pages

mercredi 15 avril 2009

À la télé

Ils ont donné de longues entrevues au Livre Show du canal Vox sur leurs livres qui viennent de paraître, entrevues qui sont reprises ici :

Francine Pelletier pour Un tour en Arkadie

François Lévesque pour Un automne écarlate

Il y a une trâlée d'autres auteurs, connus et moins connus. Very interesting.

Maurice Druon 1918-2009

Maurice Druon est mort hier, il avait 90 ans. Druon, dont je me suis moqué à quelques reprises sur ce blogue en lui attribuant des répliques joualisantes ou simplement ineptes, était un sacré écrivain tout de même.

Il a écrit les Rois maudits, titanesque saga en sept tomes. Mais aussi Les grandes familles, grand feuilleton bourgeois au ton ironique, et la Demi-brigade, un très, très bon roman de guerre basé (semble-t-il) sur son expérience durant la seconde.

Des Rois maudits on a tiré deux téléséries, un chef d'oeuvre télévisuel inégalable en 1972 et une merde de belle facture en 2005.

lundi 13 avril 2009

Monsters vs Aliens

C'est l'histoire de Susan qui, le jour de son mariage, voit sa vie transformée lorsqu'elle reçoit une météorite de quantonium sur la tête et devient une géante de 50 pieds. Susan sera séquestrée par l'armée américaine et intégrée à un groupe de monstres. Le vilain extraterrestre Gallaxhar, déjà responsable de la mort de sa propre civilisation, vient sur Terre pour récupérer le quatonium contenu dans le corps de Susan, sans hésiter à éliminer la race humaine par le fait même.

Voilà une historiette simpliste qui ne vous endommagera pas les méninges. Un film vraiment fait pour les jeunes : rien de compliqué, du cousu de fil blanc d'un bout à l'autre, avec une galerie de personnages caricaturaux et généralement amusants (pensez 7 à 10 ans). Rien pour soutenir l'intérêt d'un public plus vieux, mis à part quelques références à des films science-fictionneux. Ça ne casse pas la baraque.

Si l'histoire est banale, le graphisme est d'une beauté lumineuse, en revanche. Le rythme est soutenu tout au long et je dois dire que Benjamin (3 ans 8 mois) a bien réagi aux scènes d'humour, ainsi qu'aux scènes semi-épeurantes (il se cachait derrière le sac de pop-corn !).

À voir avec des enfants ou de très jeunes ados...

Cote 4 / 10

dimanche 12 avril 2009

Chick Litt for Men

Ne reculant devant rien, je viens de m'inscrire au challenge Chick Litt for Men, c'est français et c'est juste ici. Je vais lire Bridget Jones's Diary et en faire un compte rendu sur le blogue d'ici la fin de l'année.

Rien à gagner. Pour le plaisir. Mais comme j'aime déjà Sophie Kinsella qui œuvre dans ce courant-là, ça risque d'être plutôt plaisant.

Dimanche de Pâques

Aujourd'hui, dimanche, c'était brunch de Pâques chez maman à Longueuil. La famille était presque toute réunie, ne manquait que le frère de Suzanne. On a bien ri; Claude, Michelle et moi avons évoqué des souvenirs d'enfance; et on a mangé comme des rois : jambon à la bière de maman (ça faisait un bail), bines à la mélasse de Suzanne, des salades d'Alexandrine, et les desserts de Michelle. Quelques photos pour marquer l'événement.

Maman posant devant les deux électroménagers qu'elle a acheté avec l'argent recueilli lors de son 75e anniversaire.

Michelle, ma soeur, se posant une question existentielle : ai-je oublié de mettre le rôti au four ?

Benjamin recevant et déballant ses cadeaux de Pâques : chocolat et beaucoup de livres !!!

Dans le salon de mamie, des petites roches, c'est un petit bout de paradis rocailleux...

Ce garçon-là va briser le coeur des filles dans une douzaine d'années.

Maman cherchant ses lunettes.

Un Benjamin hilare, un Nathan fasciné et un pitre qui fait le guignol. Comment ne pas être heureux ?

samedi 11 avril 2009

59. Les Moufettes livrent de la pizza - François Belisle

Les Moufettes, Larry, Daniel, Philippe et Stéphanie, sont à exécuter leurs travaux communautaires à la suite du geste commis pour sauver La Hutte, la maison des jeunes de Dorbourg... Nos quatre Lascars se retrouvent alors bénévoles pour le bazar annuel de l'école primaire Cocon d'Or. Alors qu'elle veille aux préparatifs, Stéphanie fait une horrible découverte. Les Moufettes se transformeront alors en enquêteurs en herbe... (abrégé de la 4e de couverture)

Les moufettes livrent de la pizza
sont le deuxième tome de la série des Moufettes. C'est celui que j'ai acheté car mon libraire n'avait plus le premier en stock, ça m'apprendra à découvrir des auteurs en retard.

L'intrigue de ce petit roman est simple et se développe dans deux directions qui ne semblent pas reliés en apparence mais qui se rejoindront à la toute fin : alors que la police enquête sur une histoire de trafic de drogue, Stéphanie découvre une main humaine sectionnée dans un sac laissé pour la vente du bazar.

Si l'intrigue est simple, son traitement est assez étonnant en raison surtout de la multiplicité des points de vues ; ça, et la narration à plusieurs personnages du déroulement d'une même scène apportent une sophistication dont on est rarement témoin dans un roman jeunesse.

Finalement, je n'ai que du bien à dire de ce roman. Belisle apporte beaucoup de soin à la psychologie des personnages principaux. On y croit. Son écriture est maîtrisée, l'histoire est racontée avec vivacité et vraisemblance. Il y a du pathos, de l'amour, de l'humour avec les policiers Beauregart et Beauregard (qu'on peut appeler les Dupont et Dupond de Dorbourg), du suspense, mais tout ça est correctement dosé
et si l'amitié triomphe à la fin comme il se doit dans ce genre de littérature, l'auteur parvient à son but sans faire la morale. Un roman sans faux pas, sans fausse note. Yé.

En somme, un excellent roman que ce lecteur-ci recommande avec chaleur. En plus, à 9,95 $, c'est une aubaine.

Cote jeunesse 8 / 10

Ferais-je lire ce livre à Benjamin s'il en avait l'âge ? Et comment donc.

Les Moufettes livrent de la pizza
François Belisle
Éditions Z'ailées, 2008
165 pages

mardi 7 avril 2009

Benjamin et les dinosaures 2

J'ai ajouté un diorama de photos sur notre visite au Musée canadien de la nature. C'est en haut à droite. Cliquez sur l'image pour les gros plans. Si ça ne fonctionne pas, faites-le-moi savoir.

lundi 6 avril 2009

La déesse callipyge

Il se pourrait qu'on revoit ma signature dans une publication bientôt. Ça fait chaud au cœur qu'on ait pensé à moi. En attendant, j'ai du pain sur la planche.

Paris ne s'est pas bâti en un jour, conclus-je cryptiquement.

En passant, le titre n'a pas rapp'. C'est juste que ça me tentait d'employer cette épithète si jolie, si peu connue, si printanière...

dimanche 5 avril 2009

Benjamin et les dinosaures

C'est par un billet de La tête dans les étoiles que j'ai appris l'existence d'un Musée de la nature à Ottawa, et de la présence de dinosaures ! Comme ceux-ci jouent un rôle important dans la phase que traverse actuellement Benjamin, il n'en suffisait pas plus pour que nous prenions la route vers la capitale nationale (l'autre) avec armes, bagages et fiston. Hop ! En voiture.

Le Musée canadien de la nature est sis dans un gros édifice historique de pierres taillés imposant en diable ; encore que pour le moment il soit ceinturé de barrières de protection en raison de travaux de rénovation. En passant, le public a accès à la moitié de la surface du Musée, l'autre moitié sera rouverte en 2010. Malgré ce handicap, il y a quand même assez de matériel pour une visite de plusieurs heures. Au premier étage, ce sont les fossiles et les dinosaures ; au second, les mammifères ; au troisième, une exposition spéciale consacrée aux chimpanzés et mettant en vedette les travaux de Jane Goodall ; au quatrième, les volatiles, une collection d'environ 500 oiseaux naturalisés. Quand nous sommes finalement arrivés au quatrième étage, Benjamin commençait à ressentir de la fatigue, moi j'avais mal aux pieds (je me suis tordu la cheville vendredi soir), et nous avons donc levé les voiles rapidement non sans faire un détour par la boutique.

Nous avons passé un après-midi absolument merveilleux, Suzanne, moi et tout spécialement Benjamin. C'est une choses de connaître les statistiques vitales des dinosaures, c'en est une autre de le constater de visu. Y a du gros bestiau, là, ma p'tite dame.

(Un gros merci à Caroline Lacroix pour cette suggestion involontaire.)

Quelques fossiles, ou moulages, en entrée.

Ça, si je me rappelle bien, c'est un mesohippus, l'ancêtre du cheval. Gros comme un berger allemand.

Benjamin fasciné par une fouille paléontologique.

Les tyrannosaures font de piètres animaux de compagnie; ils intimident les jeunes garçons.

Benjamin devant un diorama qui illustre comment les souris ont conquis le monde.

Miaou ! Un jeune tigre à dents de sabre. Mon préféré.

Des poissons des chenaux fossilisés. Ils font à peine 1 ou 2 centimètres de long.

Deux animaux têtus se préparant à un coup de tête.

Earthlings, do not be afraid ! Maman and bébé come in peace !

Un gamin au vent abandonné et deux dinosaures en résine.

jeudi 2 avril 2009

L'ermite de Rigaud changera-t-il de nom ?

Journée faste puisqu'on cause de l'ermite deux fois aujourd'hui sur le web.

Primo, Joël Champetier qui envoie un courriel au groupe de la SFFQ-liste signalant un commentaire que j'ai fait sur le roman d'Yves Meynard, Un oeuf d'acier. Puis Hughes Morin (l'Esprit vagabond) fait à son tour référence à ce blogue et ce, pour la même raison que Joël : le commentaire que j'ai laissé sur le roman de Meynard.
C'est fou la vie.

Permettez que je plastronne. C'est pas tous les jours fiesta. Si ça continue, l'ermite
dont la tête gonfle à vue d'œil va changer son titre pour le Glamour Boy de Rigaud. Hé hé hé.

Voilà, c'est surtout l'occasion de vous inviter à vous inscrire sur SFFQ-liste, un groupe de discussion sur la science-fiction entre individus
généralement civilisés mais parfois hermétiques. C'est aussi l'occasion d'aller faire un tour chez l'Esprit vagabond de Hughes pour les photos et les impressions de voyage.

La nouvelle console de jeux pour les filles

mercredi 1 avril 2009

58. Une gourmandise - Muriel Barbery

C'est le plus grand critique culinaire, le Pape de la gastronomie... Demain, il va mourir. Il le sait et il n'en a cure : aux portes de la mort, il est en quête d'une saveur qui lui trotte dans le cœur, une saveur d'enfance ou d'adolescence... Alors il se souvient. Il vogue au gré des méandres de sa mémoire gustative, il plonge dans les cocottes de son enfance, il en arpente les plages et les potagers, entre campagne et parfums, odeurs et saveurs, fragrances, fumets, gibiers, viandes, poissons et premiers alcools... Il se souvient - et ne trouve pas.

L'histoire est banale : sur son lit de mort, un critique culinaire tente de se rappeler une saveur qui a marqué son enfance. Il évoque donc par courts chapitres les repas et les mets qui l'ont marqué dans sa vie. Chacune de ses évocations est coupée par un chapitre où un enfant, un membre de la famille, sa femme, la bonne, un restaurateur, le chat, un buste de bronze (mais si) et d'autres encore, viennent donner leur appréciation de l'homme derrière le critique. Pas beau, cet homme. Il a tout sacrifié à son Art et à son Ambition, et les gens ne le regretteront pas. C
ette séance de bitchage est assez jouissive et nous réserve les meilleures pages du livre.

Si l'histoire est ordinaire et fut souventes fois l'objet de romans, l'emballage, lui, est remarquable. Car il y a beaucoup de jolies phrases dans ce court roman. En fait, la prose est riche, variée, poétique, sucrée, suave attendez que j'ouvre Antidote, oui, voilà : fastueuse, opulente, copieuse. C'est un régal ! C'est un festin ! Bon... cessons de faire l'andouille ! (Ciel que je m'amuse.)

Remarquable, si, encore que... On y trouve aussi de bien vilains canards : « Sur la table de marbre patientaient une assiette de porcelaine et un verre de cristal... » Ah oui ?!? Une assiette qui patiente et un couteau à beurre qui s'énerve, peut-être. Pas forte l'image. L'auteure aime aussi se jouer de petits solos de flûte ; ainsi, parlant du pain que l'on mange, elle écrit : « L'attaque, qui se heurte d'emblée aux murailles de la croûte, s'ébahit, sitôt ce barrage surmonté, du consentement que lui donne la mie fraîche » et aussi « Ce qui en fait [du pain], sans l'ombre d'un doute, l'instrument privilégié où nous dérivons en nous-mêmes à la recherche de nous-mêmes. » Tsoin tsoin tsoin. Manifestement, mâââme Barbery aime s'entendre causer. C'est son droit.


En somme, pour ce lecteur-ci cette Gourmandise, ç'a été comme manger du chinois. Sur le coup, c'est le bonheur, c'est bon, sucré, juste assez exotique, on a l'impression que ça nous rassasie en totalité ; puis une heure après, on a encore faim. C'est idem et ibidem.

La critique de Loïc à propos de l' Élégance du hérisson (second roman de l'auteure, gros succès dont on a beaucoup parler) m'incite à l'éviter. Barbery n'est pas ma tasse de thé, manifestement.


Cote 6 / 10

Une gourmandise
Muriel Barbery
Folio, 2002 ( éd. or. 2000)
166 pages