samedi 28 février 2009

Un zombie, une bonne idée puis une autre bonne idée

Le fanzine Clair/Obscur prépare un spécial Zombie et son appel de textes se termine le 10 mars prochain. Ne m'étant jamais frotté à ces bibittes-là (C/O et zombie), je me mets à cogiter un peu là-dessus à temps perdu. Pour finalement me rendre compte, avec une certaine surprise, que je tiens une idée intéressante...

Cogite, cogite, cogite... Après l'idée se forme un plan et, à partir de là, tout déboule. Avec le plan vient un titre (Un tour à l'école), puis une idée extrêmement précise de la fin (primordiale pour moi) et de l'angle d'approche. Wow. Ça c'est fait insidieusement, ça môssieu, mais c'est du tout bon et je ne crache pas dans la soupe. Quand un auteur a tout ça entre ses mains, il ne lui reste qu'à se mouiller complètement et à se mettre à écrire. Ce que je. C'était il y a une dizaine de jours. Court le délai, mais certainement pas irréaliste.

J'étais super motivé : deux protagonistes et une histoire courte, simple et rigolotte.

Soudain, droit devant, un écueil surgit parce que le cerveau ne se déconnecte jamais, lui, il ne se lasse pas d'inventer. Mes trois neurones roulaient plein régime et ils ont réussi à me concocter une seconde histoire tandis que je m'échinais sur la première. Saleté de neurones. La nouvelle histoire ? Elle met en vedette les deux mêmes personnages qui suivent le même parcours vers l'école, mais cette fois un évènement dramatique vient la faire basculer vers le tragique. Une bien meilleure histoire. Considérablement meilleure.

Deux protagonistes et une histoire plus longue, complexe et pas jojo.

Et me voilà tout penaud. J'ai stoppé le travail sur Un tour à l'école I, et je n'ai pas commencé le vrai travail d'écriture sur Un tour à l'école II. Je vais rater l'échéance de Clair/Obscur, c'est sûr maintenant.

mardi 24 février 2009

45. Je hurle à la lune comme un chien sauvage - Frédérick Durand

Jacques est un prostitué mâle qui est engagé pour une partouze chez des bourgeois. Ce qui promettait d'être un petit travail assez peinard, se transforme en cauchemar quand un participant trouve la mort.

Je suis un peu coincé par ce roman, ou cette longue nouvelle. D'un côté, c'est un formidable récit d'action, emballant, haletant, qui attrape son lecteur à la gorge et ne le lâche pas avant le point final - ou le poing final, c'est selon.

D'autre part, je suis resté sur mon appétit. Il n'y a rien avant le roman, rien après. Le roman n'existe que dans cet instantané. On ne sait presque rien du personnage et à la fin on n'en saura guère plus. Les autres personnages, c'est moins encore : ils n'apparaissent dans le texte que pour faire avancer cette formidable locomotive lancée sur ses rails.


Au bout du compte, je donne une bonne note, parce que mon plaisir de lecture fut grand. Un petit livre pour passer admirablement une couple d'heures. Sans compter que le titre est génial

Durand, l'écrivain, est un entertainer de première.

Cote 8 / 10

Je hurle à la lune comme un chien sauvage
Frédérick Durand
Coups de tête, 2008
88 pages

lundi 23 février 2009

Les carottes poussent dans la terre

« Un plat fin, léger et émouvant comme ce moment où l'on découvre pour la première fois que les carottes poussent bel et bien dans la terre. » Marie-Claude Lortie, chroniqueuse, La Presse, dimanche 22 février 2009. Les italiques sont de moi.

J'adôôôre les critiques gastronomiques. Dieu de dieu que ces gens-là ont la sensibilité à fleur de peau, l'émoi vibrant et, surtout, surtout, les mots pour le dire. Ceux de La Presse, Marie-Claude Lortie et Robert Beauchemin n'y coupent pas.

Emphase et onction, les deux mamelles de la chronique gastronomique.

samedi 21 février 2009

44. Brins d'éternité n° 22

La couverture déployée

Décidément la revue améliore sa présentation graphique à chaque numéro, encore que je soupçonne que cette couverture sera bien difficile à surpasser. Œuvre de Martin Pelletier, c'est une illustration maîtresse.

Eva-Morph de Florent Jaga.
L'éditorial de Guillaume Voisine dit tout ce qu'il y a à dire sur la thématique de ce texte. Mais l'écriture est piétonnière comme disent les anglos, c-à-d sans grâce, sans rien pour la rendre remarquable, voire seulement intéressante. Correctement fait mais banal. 6 / 10

Le sort des autres de Benoît Bourdeau. Les troupes de chocs de l'Organisation tentent d'exorciser un démon du corps d'un homme. Il y a un prix à payer pour s'attaquer au Diable. La nouvelle est plutôt bien tournée. Ce qui a ruiné mon plaisir de lecture, malheureusement, c'est la faiblesse de l'écriture qui se révèle sporadiquement (je répète : sporadiquement) dans la structure de certaines phrases, le choix de locutions et de vocabulaire. Un exemple entre dix : confondre divertir avec faire diversion. Il y en a pas mal. Pourtant Bourdeau a de belles qualités : il sait faire avancer son histoire et sa mise en scène est très adéquate. 5 / 10

Héritages d'Élisabeth Vonarburg et Michel Lamontagne. C'est personnel, je sais, et je n'y peux rien, mais je suis incapable de lire de la bd dite sérieuse. La bd doit me faire rigoler, c'est tout. Mon ignorance est vraiment crasse, non ? L'idée d'une bd sérieuse est complètement aberrante pour ma pauvre cervelle. Alors, sur cette bd, pas de commentaires, sinon que je souhaite que cette expérience reste justement ça, une expérience.

Entrevue avec Sonia K. Laflamme par Mathieu Fortin. Cette entrevue, faite et mise en page par Mathieu Fortin, est un modèle, Voilà comment les choses devraient être faites. L'intervieweur prend le moins de place possible et laisse à l'interviewée l'espace nécessaire pour s'exprimer. Bravo. 10 / 10

Un numéro décevant côté fictions, remarquable pour l'entrevue, avec une couverture géniale. 7 / 10

mercredi 18 février 2009

Un lecteur d'atmosphères

J'écoutais l'autre matin Christiane Charette avouer à Neil Bissoondath qu'elle est avant tout une lectrice de personnages. C'est ça qui l'intéresse dans les romans, c'est ça qui l'attire. C'est ce pourquoi elle aime lire.

Curieusement, cet aveu de sa part m'a aidé à me soulager d'un poids que je porte depuis toujours sur mes larges épaules de culturiste (de nos jours faut toujours se beurrer la tartine soi-même, ne pas compter sur les autres, sinon ce ne sont que regrets et remords). Après avoir lu une nouvelle ou un roman, ce dont je me rappelle avec le plus d'acuité, ce sont les atmosphères. Beaucoup plus rarement des personnages ou de l'intrigue.

Ça m'a valu un lourd sentiment d'inadéquation toute ma vie, mes amis, mes connaissances, Suzanne (et je suppose Benjamin) se souviennent, on dirait, de tous les détails des livres qu'ils lisent. Pas moi. Je reste coincé avec mes atmosphères, des impressions fugaces, des sensations. Maudite cervelle pas au point.

J'ai appris à moins m'en faire avec le passage du temps, et aussi grâce à Pennac et maintenant à Christiane Charette. Je ne m'améliore pas, mais j'apprend à vivre avec mes déficiences.

(Les moins jeunes auront reconnu Arletty dans Hôtel du Nord. Elle y causait d'atmosphère; elle jouait le rôle d'une météorologue.)

mardi 17 février 2009

Enfin le droit au silence ?

Grosse nouvelle culturelle qui est pourtant passé inaperçue. La compagnie Muzak s'est mise sous la protection de la Loi américaine sur les faillites mardi dernier.

Je ne pleure pas.

Aura-t-on enfin la paix dans les ascenseurs et les centres d'achats ?

dimanche 15 février 2009

Du Feydeau, avec des portes qui claquent et quelques chats

Dramatis personae
Moi
, le « maître » de maison
Un chien : Pogo
Sept chats :
Joséphine, Margo, Cricri, Chinook, B-3, Krusty et Chanel, un mâle non-castré arrivé de nulle part et enfermé dans le solarium car il pisse partout

La scène
la salle à manger à aire ouverte de la maison, une porte à droite vers la cave, une porte devant vers le solarium, une porte-fenêtre à gauche pour l'extérieur

Il est presque 22 heures, Benjamin et Suzanne se sont finalement endormis au premier et je suis redescendu dans la maison silencieuse pour faire mes petites affaires à l'ordinateur, blogue, événementaire et écriture. Ce sont mes petites heures à moi. Pas pour longtemps décident mes félins et mon chien qui ont leur agenda personnel.

Je m'assois devant mon portable. Miaou, miaou, font impérieusement Joséphine, Krusty et Margo. Je me lève et leur sers leur petite gâterie habituelle de fin de soirée. Je me rassois. Miaou, fait Chinook qui veut aller dehors. Je me lève, sors le chat, je reviens m'asseoir. Clic clic clic clac, font les griffes de Pogo sur le plancher de bois. Il frétille, il veut sortir. Je me relève en soupirant, sors le chien, me rassoit. Miaou, Krusty veut descendre à la cave. Je me lève, gros soupir, ouvre la porte, reviens me rassoir. Miaou, Chinook veut rentrer. Je me lève, rentre le criss de chat, reviens m'assoir.

Miaou, B-3 veut aller dans le solarium piquer une jasette à Chanel. Je me lève, ouvre la porte, reviens m'assoir. Miaou, c'est Krusty qui remonte de la cave. Je me lève, ouvre la porte, reviens m'assoir. Ouaf ouaf, fait Pogo dehors qui jappe après les chevaux. Je dis à voix haute, limite pour ne pas réveiller mes ouailles : Fârme ta yeule, calvaire, Pogo ! Il arrête trois secondes, puis Ouaf ! Ouaf ! Là, il veut rentrer. Ouaf ! Ouaf ! Ouaf ! Je me lève, rentre le chien, me rassois. Miaou. Chinook veut aller à la cave lui aussi. Je me lève, ouvre la porte, Joséphine en profite pour descendre elle aussi. D'une pierre deux coups, excellent.

Le calme s'installe. Trois minutes chrono en main. Miaou ! Pfff ! La jasette entre B-3 et Chanel prend une vilaine tournure. Fallait s'y attendre. Miaou ! C'est Joséphine qui remonte ! Je me lève, m'enfarge dans Pogo qui était couché à mes pieds, ouvre la porte à Joséphine, la referme sur le museau de Chinook, va ouvrir la porte du solarium, fait sortir B-3 en empêchant Chanel de rentrer dans la maison. Ouf ! Un peu de paix. Miaou... Chinook est à la porte. Miaou ! Cricri veut retourner à sa place réservée dans le solarium. Miaou, c'est Margo qui a un petit creux encore une fois. Miaou miaou miaou !!!

Ce ballet digne des Keystone Kops dure parfois une trentaine de minutes, durant lesquels si je ne me lève pas 30 ou 40 fois, je ne me lève pas du tout. Ça me rend fou. Sois ferme, me dit Suzanne, tu es trop faible. Moi je dis que ce n'est pas de la faiblesse, mais de la bonté altruiste, dont certains animaux abusent sans vergogne.

(Même si la photo a été prise l'été dernier et en après-midi plutôt qu'en soirée, on peut y reconnaître certains de mes persécuteurs. Dans l'ordre : Cricri, B-3, Joséphine, et à l'arrière, Pogo)


samedi 14 février 2009

On me cite !!!

Si vous agrandissez l'image, vous verrez que Mathieu Fortin a fait un choix remarquable de citations pour promouvoir son livre (excellent, au demeurant !)

Moi, je rosis comme une pivoine, c'est la première fois que ça m'arrive. Petit velours.

Si la connerie permettait de voler


Ce week-end se tient le Salon spiritualité, bien-être et art divinatoire quelque part sur l'île de Montréal. Je ne mets pas le lien car si vous êtes assez gogo pour croire dans ces bêtises-là, vous ne méritez pas qu'on vous aide. En tous cas, ce salon râtisse large. Spiritualité. Bien-être. Art divinatoire. Un chausson astral avec ça ?

Je ne savais pas que ces gens-là tenaient salon et qu'il était aussi facile d'afficher aussi ouvertement son mépris de l'intelligence rationnelle et son sens de l'arnaque. Ça ne devrait pourtant pas m'étonner outre mesure. Ce qui m'a renversé, par contre, c'est une annonce de Danielle Médium dans le JdeM qui s'est trouvé un créneau vraiment original à mes yeux. Mme Médium, voyez-vous, elle dessine votre âme et en analyse les vibrations pour 75 ou 200 dollars selon le forfait. Ah ben... c'est du nouveau pour moi. «Vous dessinez les âmes, Mme Chose ?» «Oui, pis c'est Mme Médium.» «Et mon cul, vous le dessinez aussi pour le même prix ?»

Si la connerie permettait de voler, Danielle Médium serait chef d'escadrille.

vendredi 13 février 2009

43. Alibis n° 25

Le monde change ! de Norbert Spehner. Une galipette spehnérienne typique. Ce n'est son meilleur opus, mais c'est lisible et léger comme de la crème fouettée sans gras. 4 / 10

Le double de Geneviève Blouin. L'écriture n'est pas complètement maîtrisé il y a de l'eau dans l'huile , mais le récit l'est. Et ça se termine sur une excellente chute. Prometteur. 6 / 10

La piqûre du scorpion de Sébastien Aubry. Une longue nouvelle dont la chute est amenée par un événement récent de l'astronomie qui ne surprendra pas le lecteur le moindrement informé. Mais c'est très bien fait au demeurant, l'auteur navigue allègrement dans la thématique qu'il a choisi. Le ton est léger et les personnages sont intéressants. Ce lecteur-ci a beaucoup aimé et il en redemande. 7 / 10

Retour de bâton de Peter Sellers. On vante beaucoup Sellers dans les pages d'Alibis. Jusqu'ici, je demeurais sur ma réserve. Ses textes étaient bons, mais pas géniaux. C'était, pour moi, un bon hacker (excusez mon latin) comme il s'en fait treize à la douzaine, rien de plus. Puis arrive cette excellente et extraordinaire nouvelle : sombre, riche de ramifications, et mettant en scène de vrais personnages en chair et en os. Et une chute inattendue et tragique. Désormais, je suis un fan. 10 / 10

En conclusion, le numéro offre deux articles :
Entrevue avec Patrick Sénécal par Steve Laflamme. Excellente conversation où Sénécal se révèle énormément. Par contre, c'est une entrevue à la Marc Cassivi, c'est-à-dire que les questions (reproduites texto) sont tellement longues que les réponses de Sénécal sont parfois plus courtes. Laflamme croit que son analyse et ses questions sont au moins aussi importantes que les réponses de l'interviewé. Ben non, Steve. Une question, ça se résume, on laisse la place à l'invité, please... (On se rappellera que dans ses entrevues, il arrive à Cassivi de résumer les réponses des personnalités qu'il interviewe avec des points de suspension entre parenthèses (...), mais jamais ses questions si cruciales !) Cassivi m'irrite au plus au point, il fait partie de cette nouvelle génération de pseudo-simili-quasi-journalistes qui se croient des vedettes par-delà de l'information. Masbourian en est un autre, mais talentueux celui-là. Mais là, je dérape. 9 / 10

Polars écolos de Pierre Monette. Un chouette article, bien documenté. Qui m'a semblé manquer d'ampleur pourtant. 7,5 / 10

Un très bon Alibis. 7 / 10

mardi 10 février 2009

Elles sont de retour et je ne parle pas des tartelettes aux fraises de Tim Horton

Ni des ventes rabais chez Brault & Martineau.

Je parle des coccinelles asiatiques. Depuis une semaine, elles sortent petit à petit de leurs caches hivernales et se sont mises à folâtrer dans la maison. Il n'y en a pas beaucoup pour l'instant, une, parfois deux, pas plus. Pourtant il fait encore froid dehors, et si la maison est relativement bien chauffée, elle ne l'est pas plus qu'au début janvier, par exemple. La survenue pré-printanière de ces très détestables bestioles me donne le cafard (tiens, une autre bestiole heureusement introuvable chez moi, sinon au sens figuré).

Elles pusent quand on les écrase.

42. Alibis n° 22

Œil pour œil de Nancy Kilpatrick. Une histoire de vengeance longuement ruminée et mise en place, assez improbable pourtant. En effet, comment la fille de la victime peut-elle devenir l'agent de probation du meurtrier ? À lire en laissant sa crédulité au vestiaire. 6 / 10

Une fois le miroir traversé de Christiane Lahaie. Ouille. Une courte nouvelle à chute, dont la chute, justement, tombe complètement à plat parce qu'elle arrive du champ gauche et qu'elle n'a rien à voir avec les tergiversations du meurtrier. Bon climat, gâché par la dernière phrase. 4 / 10

Fin de soirée dans le métro de Martine Latulippe. Tout le contraire de la précédente. Ici, la chute fonctionne parfaitement parce que tout le texte mène vers elle. Excellent, mais si court. 8 / 10

Avis de tempête de Norbert Spehner. Spehner a trop longtemps enseigné la littérature pour en faire un objet plein de gravité et de futures dissertations. Jolie histoire, amusante, pour passer le temps sur un mode léger. 7 / 10

Les voies du Seigneur sont impitoyables de Luc Baranger. Une réjouissante nouvelle qui se passe en Abitibi dans les années trente. La laideur n'empêche pas la mesquinerie, ni la bêtise, et la justice immanente frappe toujours. 8 / 10

Poissons rouges d'Éric Holstein. Percutante, cette histoire ? Like a freight train running through the middle of my head, chantait Springsteen. Sans conteste la meilleure nouvelle d'Alibis jamais lue par ce lecteur-ci. Ce Holstein a du Frederick Forsyth en lui, incontestablement. De qui se réclamer en effet lorsqu'un auteur arrive à rendre palpitant le dispositif de sécurité d'un meeting du Front national lors des présidentielles de 2000 ? La nouvelle est extraordinaire, ancrée dans le présent politique, cynique, amère, avec des personnages puissamment dessinés. Même l'intrusion d'un peu de fantastique dans la résolution ne m'a pas gêné, c'est dire. 10 / 10

Le numéro est complété par un article « alimentaire » de Norbert Spehner, ainsi que par sa Vitrine du crime qui est un incontournable.

Le meilleur Alibis que j'aie lu, avec un texte vraiment bien (Baranger) et une nouvelle monumentale (Holstein).

Cote 9 / 10

lundi 9 février 2009

Wow !!!

Ce blogue a reçu sa dix millième visite, après un tout petit peu moins de huit mois d'existence.

Wow
et l'expression est faible !!

Merci à ceux et celles qui viennent de temps en temps jeter un coup d'oeil sur mes petites élucubrations.


Dix milles visites : encore 990 000 et on atteindra le million. Je serai alors tenu par la promesse faite ici.

dimanche 8 février 2009

Soirée au resto avec photos des chiottes

Pour célébrer le 30e anniversaire du chum de ma nièce Alexandrine, nous sommes allés samedi soir souper au restaurant L'Académie à Anjou. C'est un restaurant à succursales qui se donne des airs semi-chics.

La nourriture y est bonne, encore que la salade d'artichauts soit trop vinaigrée, mais les portions de pâtes et de moules étaient plus que correctes. Le service est gentil et cordial. Mais le décor, ouache, le décor est une horreur quétaine rétro lounge : teintes de brun, d'orange, de vert pâle, panneaux de verre plombé, belle fenestration donnant sur le parking du Rona juste à côté, sièges capitonnés usés à la corde...

Enfin, bon. J'ai amené Benjamin aux toilettes et il a pris deux photos. Allez savoir pourquoi la cuvette et le séchoir ont capté son œil, mais c'est comme ça. Il est pas banal, mon garçon.

En avant la zizique...

Je me suis fais un cadeau cette semaine : l'intégrale Jacques Brel. Ça fait des années et des années que je surveille le prix des intégrales du grand Jacques, jusqu'à ce que celle-ci soit offerte à un prix défiant, vive le cliché, toute la concurrence.

Il y a Brel, les Beatles et Schubert. Ma sainte trinité.

mardi 3 février 2009

41. Alibis n° 29

Le prix de Diane de Luc Baranger. L'explication du complot derrière la mort de Lady Di enfin révélé. Un complot dans un complot dans un complot. Très bien fait, le narrateur est un personnage haut en couleur qui en a vu d'autres et l'histoire est prenante. Une réussite. Bravo à l'auteur pour l'utilisation modérée, mais d'autant plus authentique, de quelques expressions québécoises. 8 / 10

Horn de François Aussanaire. Alors là, chapeau. Quel texte amusant, ironique, méchant et grinçant. J'ai rigolé tout du long, et pourtant il n'y a pas de quoi rire dans cet hospice où les morts se bousculent au portillon. Aussanaire est un auteur qui rafle tous les prix sur son passage, vivement un livre. 10 / 10

Le dormeur de Martine Latulippe. Mystérieuse et vaporeuse cette très courte nouvelle, pleine d'atmosphère, de bruits sourds, avec un chat et un amant qui dort. 7 / 10

Warren Road de Peter Sellers. La livraison de pizza mène au crime. Cette nouvelle, plus axé sur la psychologie que le suspense ou l'action est prenante et extrêmement bien réussie. Je dois souligner la traduction de Luc Baranger qui, ici comme dans la nouvelle suivante, donne un tour résolument québécois au texte sans joual ni sacre. 8 / 10

Les habitués du Backroom de Peter Sellers. Là, j'ai trouvé que Sellers étirait la sauce un petit peu. Une nouvelle psychologique encore une fois, avec une formidable traduction de Baranger. 7 / 10

Je note toutefois que sur les 5 nouvelles de ce numéro, une seule est originale, celle de Baranger. Les textes de Latulippe et Aussanaire sont des reprises, ceux de Sellers des traductions. Est-ce un signe ?

Le numéro se termine deux articles : une espèce de table ronde sur le polar jeunesse au Québec avec sept auteurs du cru. Plus ou moins intéressant parce que trop dispersé, finalement les auteurs révèlent peu de choses. 5 / 10

Un excellent article de Jean-Jacques Pelletier sur le polar. Long, érudit, écrit avec un soin de clarté et une bonne dose d'humour. C'est un modèle. C'est aussi la première partie d'une enquête dont on attend la suite impatiemment. 10 / 10

Aucun Alibis ne serait complet sans le Crime en vitrine de Norbert Spehner. Cette recension exhaustive des livres est pimentée de résumés pertinents et surtout de commentaires pas piqués des vers. Sans oublier les calembours. Chaque recension est un amuse-gueule (comme on ne dit plus). 10 / 10

Un bon numéro avec un texte hors du commun, ou devrais-je écrire horn du commun : 7 / 10

lundi 2 février 2009

Maman aura 75 ans demain

Samedi soir, nous avons fêté avec quelques jours d'avance les 75 ans de maman au restaurant Miss Italia de Saint-Hubert. C'est la première fois que nous organisions une fête pour elle, autrement que les sorties ou repas en famille restreinte. Là, il y avait 49 personnes bien comptées, dont 48 adorent totalement ma chère vieille maman. Qui est la 49e ? Ha ha. Un coco en chocolat pour 'çui ou celle qui devine.

On reste toujours un peu sidéré par l'amour, la générosité et la bonté des gens. Maman est une chouette personne, que tout le monde aime parce qu'elle est, elle même, aimante, bonne et généreuse de son temps, de son affection et de ses rires. Comme chantent les Beatles : And in the end, the love you take is equal to the love you make. Elle a distribué beaucoup d'amour dans sa vie, samedi les gens étaient là pour le lui faire savoir.
Elle a beaucoup aimé être fêtée, revoir des gens qu'elle voit moins souvent maintenant. Il y avait beaucoup de jeunes personnes entre 3 et 18 ans. Un peu stupéfaite, elle m'a confié qu'elle les avait tous gardé à un moment ou à un autre de sa vie. De Simon et Olivier jusqu'à Benjamin, maman les a tous serré dans ses bras et leur a fait un câlin dans leur vie. Elle a eu un impact positif.

Mais je crois que ce qui l'a le plus émue, c'est que mon frère vienne à la réception. Claude est agoraphobe, je crois. Les foules et les rassemblements, c'est vraiment pas sa tasse de thé; il a même quitter un emploi qu'il adorait à cause de ça. Ça lui a pris du courage pour venir. Mais il était là, et maman était fière comme seule une mère peut être fière de ses enfants. Merci Claude.

Maman aura 75 ans demain, le 3 février.

1. Un gros merci à Alexandrine qui a mis énormément de temps et d'énergie dans l'organisation. Alex, c'est une jeune femme décidée, charmante et drôle; c'est ma nièce favorite (c'est la seule, mais elle ne le serait pas que ce serait ma préférée quand même). Elle transporte avec elle un petit passager clandestin. Merci à Michelle qui a trouvé le temps de faire plein de choses, sans elle la fête n'aurait pas été telle qu'elle fût. Michelle, c'est ma soeur unique, la maman d'Alexandrine.

2. Hélas, je suis un très mauvais photographe. Je fais des photos sur le fly, trop gêné de demander aux gens de prendre la pose deux secondes pour la caméra (tous les autres le font pourtant). J'ai pris une trentaine de photos, à peu près toutes ratées. Zut et flûte. J'en mets quelques-unes tout de même, pour l'ambiance.
Maman faisant son entrée dans la salle du restaurant : photo floue et sombre avec sujet très éloigné, mes talents de photographe se dévoilent...

Ma soeur Michelle se terrant derrière la queue d'un écureuil, maman, Antoine, fils de Michelle.

Y avait du monde à droite... (Claude, c'est le grand gars debout au fond de la salle)

...pis du monde à gauche !

La jubilaire, dont la vue de la salle était obstruée par des ballounes.

Le talent de photographe coule dans les veines de mon fils aussi : ici, mon cousin Jacques et Suzanne dans presque toute leur splendeur (photo prise par Benjamin).

Alexandrine et son petit passager clandestin (Nathan)

Moi et maman, lors d'une autre occasion, juste pour montrer qu'on peut être charmant tous les deux... (Photo prise par Benjamin, hé oui !)

dimanche 1 février 2009

40. Pavel - les quatre premiers épisodes - Matthieu Simard






















Avec la collection Epizzod, nous voilà confrontés avec une nouvelle couleuvre de marketing. Achetez un roman en 13 épisodes, il vous en coûtera au-delà de 100 $, au lieu des 15 ou 20 habituels. On peut imaginer les bénéfices pour l'éditeur
idem pour l'auteur car, outre les profits, il s'assure d'une présence en librairie de six mois minimum avec la publication d'un nouvel épisode aux deux semaines. C'est une visibilité dure à battre... Tout le monde va y trouver son compte, excepté l'acheteur qui va casquer une somme rondelette pour un assez court roman finalement. Le rationnel étant que les ados se paieront les livres avec leur argent de poche hebdomadaire. À noter que les livres sont des épisodes, pas des tomes, ou des aventures complètes en elle-même, que les épisodes forment un roman en soi et n'aller surtout pas en sauter un.

Les livres sont très minces, une trentaine de pages à la typo bien aérée. Il faut compter dans ces pages, un récapitulatif des épisodes précédents. Au bout du compte, il ne reste pas beaucoup de texte original. Ça sent l'arnaque, très fort.

Mais allons y voir. Les quatre premiers titres sont :
Plus vivant que tous les pornstars réunis
Les gens qui pognent, c'est des épais
L'amour m'écoeure
Quand Lemaire s'est pendu.
Le 5e épisode s'intitule J'ai frenché la gueule du diable.

C'est pas de la littérature pour dépressifs, ça. On pourrait même avancer que c'est glauque en ta... Il y a heureusement la plume vive et alerte de Matthieu Simard.

1.Plus vivant que tous les pornstars réunis
nous présente les principaux protagonistes : Martin, le héros solitaire, complexé et asocial, Anouk la fille qu'il aime et qui n'a d'yeux que pour Paiement, le chef de la gang du jet-set, et Pavel un jeune Russe qui semble avoir des pouvoirs mystérieux. C'est noir, mais raconté avec entrain. Simard a le sens de la formule.

2. Les gens qui pognent, c'est des épais. On apprend que Martin agit comme délateur à l'école, Pavel le tire d'un mauvais pas et Anouk se rend compte que Martin existe. Il y a un peu d'espoir à la fin de l'épisode.

3. L'amour m'écoeure. Pavel se fait enlever. Anouk se rapproche de Martin. Martin se fait des illusions.

4. Quand Lemaire s'est pendu. Alors là, c'est noir, sombre et désespéré. On retrouve Pavel, mais Anouk semble s'éloigner de Martin, qui vit cela très mal.

C'est assez convenu comme histoire (au point où je suis arrivé) mais le style de Simard est sans faille. C'est le liant de la sauce. Pour la suite des choses, on verra. Je n'ai pas l'intention d'acheter un seul des volumes de cette collection, ceux que j'ai lu appartenaient à la bibliothèque municipale de Rigaud. Si Mme B. achète la suite, je lirai, autrement va falloir se contenter de ça...

Cote : 5 / 10.