vendredi 30 janvier 2009

À Tombouctou ou Chibougamau

Mardi soir, 20 h 30. Suzanne travaille sur son portable dans la cuisine, Benjamin roule dans la maison à toute vitesse avec son plasmacar et il y a moi, assis devant le téléviseur, les yeux dans la graisse de bines, à regarder une émission pour enfants sans la voir véritablement... Comme Benjamin ne l'écoute pas, je met le hockey, pas que j'aime vraiment ça, mais juste pour changer de décor télévisuel. Aussitôt bébé fait un pit-stop devant moi, une expression genre kesséssapapa sur le visage.

Je fais remarquer rationnellement à mon cher fiston que vu qu'il n'écoute pas son émission, je peux peut-être écouter quelque chose qui m'intéresse, moi; il demande pourquoi, je lui dis que ça me tente, il redemande pourquoi, je lui dis que c'est comme ça, Benjamin, papa veut écouter autre chose.

Il repart avec son plasmacar et, du fond de la cuisine, j'entends cette phrase assassine : Papa veut se débarrasser de bébé. (Benjamin parle encore de lui à la 3e personne, c'est royal en diable.)

Ça m'a secoué comme ça a pas d'allure. (En même temps, paradoxalement, j'éprouve un frisson de plaisir en entendant mon garçon de 3½ ans employer un mot comme débarrasser, wow.) Sans doute parce que ça joue sur les désirs secrets, inavouables et fugaces de tous les parents de voir leurs enfants se taire, arrêter d'être là, d'exiger tout le temps tout le temps (bien lire cette phrase, il n'y a pas de répétition), de les expédier temporairement loin, loin, loin, à Ouagadougou, Pondichéry ou, pire, Ottawa.

Confus et émotionnellement pulvérisé, je me suis tassé sur mon fauteuil. Darn, me suis-je dit. Ça me fait tellement mal, c'est la plus cruelle des douleurs, et pourtant il ne sait même pas ce qu'il dit. Qu'est-ce que ça va être dans quelques années, quand il va connaître mes vraies faiblesses et les exploiter sans merci ?

jeudi 29 janvier 2009

39. Solaris n° 169

Cherche criminel de génie de Matthew Hughes. Bien faite la nouvelle, du vrai travail professionnel. Est-elle « très drôle » comme le claironne Champetier dans l'éditorial ? Pas pour ce lecteur-ci en tous cas, qui a trouvé le comique forcé et étiré, mais ça se laisse lire sans embûches et ça s'oublie rapidement. Correct et ordinaire. 5,5 / 10

Un poisson qui tue un homme n'est pas toujours une tragédie de Marc-André Charron. Une étonnante première nouvelle qui se déroule au Japon. J'ai bien aimé, à part deux ou trois petits décrochages langagiers sous forme d'apparitions de québécismes dans un texte autrement écrit en français international, décrochages injustifiés à mon avis. Autrement, c'est très bien. 7 / 10

Éternelle jeunesse d'Isabelle Piette. Une courte fable moderne sur la mémoire qui s'inscrit aussi dans le corps. Une joli réussite, mais un texte trop court à mon goût 7 / 10

Nourrir les monstres de Michel Lamontagne. Alors là, coup de cœur full intense. Sur une idée extrêmement bizarre, le lecteur a droit à un texte absolument impeccable, ramassé, et pourtant plein d'émotions. C'est remarquable. Lamontagne est un auteur qui se fait rare. Doit-on s'en désoler si c'est pour écrire des joyaux comme Nourrir les monstres ? 10 / 10

Singulier pluriel de Lucas Moreno. Une autre histoire de phagocytes, il y en a tant. Mais tout est dans le traitement; et Moreno opère un sans faute à partir d'une idée un peu éculée. Tout est dans la manière. Jeune auteur à suivre. 8 / 10

Deux soeurs - Plan fictif - Lima Pérou de Hugues Morin. Cette histoire au traitement extrêmement intellectuel ne m'a pas convaincue, mais elle est plaisante à lire. Je ne suis pas sûr d'avoir tout bien compris, mais j'ai aimé la ballade avec Morin. 6,5 / 10

La voix qui chantait le coeur du monde d'Élisabeth Vonarburg. Une histoire bien construite, avec une toile de fond foisonnante de détails et de mystères. L'écriture est typiquement Vonarburg, avec tous les tics habituels de l'auteure. Seule la fin sirupeuse à souhait m'a déçu. Autrement c'est bon à s'en lécher les doigts. 8 / 10

Deux articles viennent clore le numéro.

Rien à voir avec la fantasy
de Thibaud Sallé. Ça n'apprendra pas grand chose à un lecteur le moindrement informé et l'auteur padde son texte avec une très longue bibliographie de 4½ pages. Wow, je suis ébloui. Bof.

Mario Tessier livre un autre volet du Carnet du futurible, comme toujours c'est un véritable exercice de futilité et d'érudition. Bravo.

Décidément, Solaris est la meilleure revue littéraire sur le marché. 8 / 10

lundi 26 janvier 2009

Les rêves dans lesquels je meurs...

La chanson Mad World de Tears for Fears reprise par Gary Jules telle qu'on peut l'entendre dans le film Donnie Darko.

Frisson dans le dos garanti pour ceux qui se rappeleront ce film confus, à moitié raté et presque génial.

dimanche 25 janvier 2009

38. Retour à la Terre 3 - Jean-Pierre Andrevon, anthologiste

La guerre du pou de Roger Blondel. Blondel a écrit de très nombreux romans de sf et de fantastique sous le pseudonyme B.R. Bruss, ce qui rappellera de bons souvenirs aux papy et mamie-boomers. Il livre là un petit texte absurde et surréaliste, ennuyeux comme un jour de pluie à écouter TQS. Cote 0 / 10

Un si bel I.M.P. de Daniel Phi. Ici, on retrouve presque un calque de la première partie de Malevil, celle de la descente aux enfers, désespérante et hypersexuée (ce qu'évitait Robert Merle, fin renard et gigantesque écrivain). C'est assez bien fait, mais la dégradation ultime est téléscopée et ce lecteur-ci n'y a pas adhéré. 4 / 10

Deux personnages dans un paysage vide d'Alain Dorémieux. Une ville déserte, un cataclysme, un homme seul qui erre, une belle femme erre elle aussi. Ils se rencontrent. Ça soliloque sans bon sens et ça baise dans la tristesse. Cette nouvelle est un pastiche en forme d'hommage à J.G. Ballard. C'est remarquablement bien écrit, mais soporifique au-delà de tout. 6 / 10

Petits moments exquis de résistance dans les garrigues de René Durand. Un autre texte post-cataclysmique. Saisissant celui-là, court et ramassé. 7,5 / 10

Entre parenthèses de Christine Renard. Une nouvelle très faible d'une auteure à la plume habile. 4 / 10

Les foetus ne passeront pas de Bernard Blanc. La seconde meilleure nouvelle du recueil même si elle a considérablement vieillie. De tous les auteurs présents, Blanc était le plus politiquement hardcore, le plus militant; sa fiction, c'était ici et maintenant qu'elle avait lieu (par dérision pour la collection Ailleurs et demain, je crois même qu'il a dirigé une collection Ici et maintenant pour une quelconque maison d'éditions). Ici, tout est gros, caricaturé, mais l'auteur arrive à insuffler une véritable vie intérieure et une tristesse à son personnage principal. 8,5 / 10

Le futur t'attend de Jean-Pierre Andrevon. C'est la plus longue des nouvelles et la plus inutile dans la mesure où Andrevon vend son punch à la cinquième page. Au lecteur de décider s'il se tape ou non les 35 pages restantes. Comme Andrevon tire à la ligne sans vergogne, j'en ai sauté des bouts. Médiocre et inutile. 1 / 10

Un amour de vacances (avec le clair de lune, les violons, tout le bordel en somme) de Pierre Pelot. Comme Andrevon, Pelot vivait (ou tentait de vivre) de son écriture. Il écrivait donc beaucoup, dans tous les styles, dans tous les genres, avec un bonheur très inégal. Pelot, tout comme Andrevon, tire à la ligne sans présenter d'excuses. La nouvelle est faussement gouailleuse, et surtout insipide. 1 / 10

Terre, si douce Terre... de Claude-François Cheinisse. Dans ce ramassis de textes éminemment oubliables, une perle, et une vraie. Un texte remarquable, d'une intelligence rare avec une fin d'une rare subtilité. 9 / 10

J'ai acheté ce livre en 1978. Il a pris la poussière 30 ans sur les étagères de ma bibliothèque avant que je ne me décide à le lire, comme ça, par accident... Probablement que mon subconscient subodorait quelque chose de pas franc, là. Reste que c'est un livre marqué par son époque, par des idées manichéennes, par un style coup de poing, par des auteurs apprentis ou préoccupés de mettre du jambon sur les tartines.

Cote 3,5 / 10

Retour à la Terre 3
Une anthologie dirigée par Jean-Pierre Andrevon
Denoël 1977
250 pages
Posted by Picasa

samedi 24 janvier 2009

Séparés à la naissance

L'humble bloggeur de service, en pleine crise d'insomnie, et Maurice Bénichou, acteur et comédien, surtout connu au cinéma pour son rôle dans Le fabuleux destin d'Amélie Poulain. Là, j'ai ôté mes verres.



J'en ai quelques autres comme ça, avec des vedettes de la sffq. Quand il y aura un petit creux dans le blogue, j'en mettrai un pour rire bien entendu.

vendredi 23 janvier 2009

37. Si l'oiseau meurt - Francine Pelletier

J'applaudis :
- la cohérence de l'univers concocté par Pelletier;
- l'écriture souple et compétente, presque sans faute (on y reviendra);
- l'analyse des personnages;
- la complexité de l'arrière-plan géopolitique;
- le rythme lent (j'aime);
- les péripéties nombreuses et variées;
-
l'intrigue très tight (excusez mon latin), élégante même dans la disposition des échos et des renvois de la thématique : le mensonge, la mémoire et la rédemption;
- la fin, absolument prenante, qui m'a mis les larmes aux yeux.

Je fronce les sourcils sur :
- le titre poche et la couverture franchement laide;
- la pauvreté de l'imaginaire (ce qui n'est pas en contradiction avec la cohérence de l'univers) : en effet, ce roman est supposé se passer en 2452, mais on dirait que nous sommes en 2020 tout au plus tant le monde que décrit Pelletier est similaire au nôtre,
à l'exception de quelques bidules comme les médicaides, les mekkas et le Monde; nous sommes censés être 400 ans dans le futur et on n'y croit pas une seconde;
- le roman est un peu trop long, il y a un certain nombre de scènes plutôt inutiles, qui ne font progresser ni l'histoire ni les personnages, et qui donc ne servent à rien.
C'est un dérapage incontrôlé de l'auteure qui, portée par l'enthousiasme, veut tout nous montrer de la vie sur San Cristobal, y compris ce qui n'est pas pertinent, et le lecteur se lasse un peu. On aurait pu facilement couper 20-30 pages sans rien enlever au texte;
-
la manière de présenter et de nommer les personnages dans la narration. (Il y a certainement un terme littéraire pour ça, mais je ne le connais pas.) Ils sont toujours présenter par leur titre, la docteure Gurtu, toujours la docteure Gurtu, jamais Gurtu, jamais « elle » (troisième personne du singulier, pronom simple et facile d'emploi), jamais simplement la docteure, toujours la docteure Gurtu au long s'il vous plait... Les exemples foisonnent. Ça m'énerve au point de gâcher irrémédiablement mon plaisir de lecture. C'est un tic qui abonde chez les écrivains québécois, spécialement ceux qui, comme Pelletier, ont beaucoup écrit pour la jeunesse, où il faut répéter constamment la position sociale ou familiale des personnages pour les jeunes lecteurs. Je vois ça comme une insulte à mon intelligence de lecteur. Et j'arrête là avant de faire une vraie montée de lait...

Pour finir :
Un point m'a furieusement chicoté en lisant Si l'oiseau meurt. Pourquoi ne vient-il pas à l'idée de Manuel, ou de ceux à qui il se confie, que les souvenirs qui lui reviennent en mémoire puissent être de faux souvenirs? Peut-être cette idée ne peut-elle pas venir à Manuel qui vit de l'intérieur ce flot de souvenirs qui ressurgit, mais les autres, pourquoi n'envisagent-ils pas cette hypothèse ? Hého, là-bas, les personnages, vous êtes bardés de diplôme de médecine, mais incapables de penser au syndrôme des faux souvenirs ? Hu-hum.

Un dernier point, le seul crime dont Manuel est assurément coupable, c'est la pédophilie. C'est aussi le seul qui n'est pas nommé expressément.


Il y a plein de bonnes choses dans ce roman et pourtant ce que j'en retiens ce sont les choses qui ne m'ont pas plu. C'est moche de ne pas être capable de voir le bon et de le garder en mémoire, au-delà de ce qui déplaît. Mais bon, à l'âge où je suis rendu, je ne vais pas me changer. D'autant que, comme je le disais sur un billet tout récent (World War Z), je n'ai plus la patience que j'avais ni la charité de ne pas bougonner quand je trouve ça moins intéressant.


Cote 5,5 / 10

Si l'oiseau meurt
Francine Pelletier
Éditions Alire
334 pages

jeudi 22 janvier 2009

Mea culpa

Mes plus plates excuses à ceux et celles qui ont laissé des commentaires depuis environ une semaine. Par inadvertance, j'avais activé la modération des commentaires et les vôtres attendaient dans les limbes électroniques depuis quelques jours que je les en libère. Voilà, c'est fait.

mercredi 21 janvier 2009

Bilan de lecture 2008

Année de lecture moyenne avec 90 livres lus (20368 pages), je ne compte pas les livres abandonnés ou simplement amorcés.

Là-dessus : 44 titres québécois et 28 essais/documents.

Top palmarès :

1. Les bienveillantes de Jonathan Littel

2. Le modèle occidental de la guerre de Victor Hanson Davis

3. La trilogie Millenium de Stieg Larsson

4. The railway man d'Eric Lomax

5. Tragédie à l'Everest de Jon Krakauer

6. Les deux premiers tomes de la trilogie Killer Cat d'Anne Fine

Deux découvertes notables : Alain Ulysse Tremblay (La vie d'Elvis) et Jean-Marc Ligny (Jihad).

lundi 19 janvier 2009

Le Zeppelin (extrait)

C'est le début de la nouvelle, premier jet retouché.

L'après-midi du 14 mai 1948, le Graf Diogen amorça son approche vers les buses d'amarrage spécialement aménagées pour lui. Sa longue masse d'argent obstruait tout le ciel montréalais. C'était un monstre, un véritable cachalot du ciel, le plus gros aéronef jamais créé par les hommes; l'orgueil de la Deutsche NordAtlantik. Au sol, une centaine d'hommes aidait à diriger le zeppelin vers ses amarres. Le bruit des trente-six moteurs du Graf Diogen était assourdissant même si leur régime était au minimum.

J'étais légèrement en retard et dus me frayer un chemin dans la foule pour arriver à ma place réservée : debout, un peu en retrait des dignitaires. Ils étaient tous là, les ambassadeurs et les représentants officiels, les consuls et leurs assistants, dignitaires de tous niveaux. Un joli parterre de quelques centaines de personnes, debout elles aussi; ce qui n'était pas sans me faire plaisir.

J'avisai un petit homme très chauve, rondelet, revêtu d'une gabardine anthracite. Le touchant à l'épaule, je lui dis :

Guten tag, Herr Benvenuto.

L'homme se retourna et me fit un signe de la tête en me reconnaissant immédiatement. Après un mot d'excuses à la jeune femme rousse qui l'accompagnait et que je savais être sa maîtresse, Antonio Benvenuto me prit par le coude et fit deux pas avec moi. Il désigna la formidable masse suspendue dans les airs, presque immobile.

— C'est magnifique, n'est-ce pas, Herr Trépanier ?

— Absolument. Je n'ai jamais vu rien de tel. C'est immense.

Herr Benvenuto souriait de contentement. Il me fit un clin d’œil amusé :

— Un pur produit du génie allemand !

Je claquai les talons l'un contre l'autre, en saluant brièvement de la tête. Le second secrétaire du consulat allemand à Montréal parut euphorique.

— C'est un grand jour pour l'Amérique.

Ja, mein Herr. C'est aussi un grand jour pour l'Allemagne.

L'expression de Herr Benvenuto devint subitement sérieuse. Il scruta mon visage d'un regard intense.

— Voulez-vous dire, Herr Trépanier, qu'il y a des jours moins fastes pour l'Allemagne ?

— Je veux dire que tous les gens ici sont venus applaudir le grand génie de votre peuple et de ses dirigeants, Herr Benvenuto. Un pareil hommage est forcément un grand jour pour une nation.

Comme répondant à mon invitation, les vingt-cinq mille personnes amassées sur le terrain de la base de Longue-Pointe jetèrent des plaintes admiratives quand une brise souleva le zeppelin et l'éloigna des buses d'amarrage. Aussitôt, les moteurs se mirent à vrombir puissamment et l'appareil, après un mouvement de queue assez comique, recommença son approche.

Herr Benvenuto me dit à l'oreille.

—Speer est à bord. Le saviez-vous ?

Le dauphin du Führer arrivait à Montréal dans le plus grand secret, c'était une nouvelle incroyable. Je profitai du bruit des moteurs du Graf Diogen pour faire répéter Herr Benvenuto; la surprise était trop grande pour me donner le temps de me composer un air.

— Pourquoi le secret ?

— Il vient s’entretenir avec Taft.

— Une association entre le Reich et la Confédération américaine ?

Herr Benvenuto rayonnait, comme s'il eût été responsable de cette affaire bouleversante.

Pendant ce temps le Graf Diogen s'était accroché à ses buses antérieures. Au sol, des cris retentissaient en anglais, en français et en allemand et tous les hommes des équipes d'arrimage se mettaient à hâler d'un bord ou de l'autre sur les câbles, en alternance, de manière à amener à force de bras le zeppelin le plus doucement possible vers le grappin de la buse arrière. Lentement le zeppelin s'immobilisait. Les spectateurs au sol distinguaient à travers les vitres des nacelles les gestes de la main que leur envoyaient les passagers. Un peu stupidement, je cherchais des yeux Albert Speer; sans doute dans la nacelle la plus luxueuse à l'avant du vaisseau. Mais les occupants de cette nacelle manquaient singulièrement de liesse, on ne voyait que des taches grises ou noires qui ne s'agitaient pas. Le bruit des moteurs s’éteignit dans un long chuintement semblable à celui d'une locomotive.

Une salve d'applaudissements monta spontanément de la foule. Je battis des mains à tout rompre, l'instant était proprement historique : les liens rompus entre deux grands continents venaient d'être rétablis. Six ans après la fin des combats en Europe, la Grande Guerre prenait fin. Nous vivions des temps nouveaux.

vendredi 16 janvier 2009

36. Leclerc - Adrien Dansette

Il y a de nombreux autres ouvrages consacrés au maréchal Leclerc. Ce qui est platte, c'est que je sois tombé sur celui-là. Parce que, les amis, Adrien Dansette est soit un lèche-cul de première, soit un maître de la dithyrambe nauséeuse - encore que, à la vérité, l'un n'empêche pas l'autre; voire, l'un conduit directement à l'autre.

Cette hagiobiographie (lisez et vous comprendrez), écrite en 52, cinq ans après que Leclerc ait cassé sa pipe dans un écrasement d'avion, en pleine gloire post-Seconde guerre, vise à faire un portrait plein de complaisances du militaire, faisant passer pour marottes son anti-parlementarisme et sa grande manie des exécutions sommaires.

C'était pourtant un grand chef de guerre et un brillant tacticien, à défaut d'avoir le sens du politique des grands stratèges. Mais ce livre ne lui rend pas justice... J'en lirai un meilleur un de ces jours.

Cote 0 / 10

Leclerc
Adrien Dansette
Flammarion
230 pages, avec des photos.

Promesse faite, promesse tenue (en partie)

Une de mes résolutions pour l'année, c'est d'acheter beaucoup moins de livres. En 2008, j'en ai acheté 185, ce qui est colossal mais pas si inhabituel que ça. Là-dessus, j'en ai lu 53, moins de un sur trois.

Et j'ai de moins en moins de place pour les ranger...


Mon objectif pour 2009, c'est un achat par semaine, pas plus. À date, ça tient. Je n'ai acheté que La partie de Ken Dryden, pour les bons souvenirs.

Par contre, j'ai acheté un nombre considérable de magazines, à preuve :

Batailles
Combat Aircraft
Writer's Digest
Scientific American Mind
Scientific American Earth 3.0
La diplomatie
The Quaterly of Military History

Mais vu que ce sont des magazines, je me dis que ça ne compte pas vraiment ! Ha ha. Hypocrite, va !


mercredi 14 janvier 2009

Le grand bond en avant

De 9 heures à midi, chaque lundi et mercredi, Benjamin va à l'Atelier la boîte à surprises à Rigaud, pour apprendre à établir des contacts avec des enfants de son âge. Comme c'est un enfant timide, le processus est long. Mais aujourd'hui, il s'est dévergondé comme ça ne lui était jamais arrivé encore. Il a parlé, parlé, Ann, son animatrice préférée, lui a fait parler de ses camions et Benjamin a rompu les digues. À la maison, il parle beaucoup, il jase, raconte des histoires, en invente, explique comment ses camions transportent du ciment ou des cornets aux pinottes, comment Shinook attaque tous les autres chats, comment Pogo est "mon petit amour", etc. Il a la parole facile et la verve d'un bon conteur.

Mais à la "garderie", pas de ça. Généralement, il est silencieux et sur son quant-à-soi. Pas aujourd'hui cependant, il a parlé d'abondance devant ses amis, et il a joué avec les autres à courir autour des tables pour un jeu qui s'appelle "Lumière rouge, lumière jaune, lumière verte".

Ça me rend très fier. Je mets donc une série de photos qui n'ont pas rapport, sauf que Benjamin y apparaît, et qu'elles rappellent que l'été s'en vient. (NB Il est quand même beau mon petit garçon.)









Bonsoir chez vous !

Patrick McGoohan est mort hier. Il avait 80 ans. C'est lui qui incarnait le Numéro 6 dans la série britannique Le prisonnier, dans laquelle il avait popularisé l'expression : Bonjour chez vous !

dimanche 11 janvier 2009

La rentrée littéraire

Cet hiver et ce printemps paraîtront les nouveaux livres de Nadine Bismuth, Jacques Poulin, Nicolas Dickner, sans compter les nombreux opus de Mathieu Fortin. Youm youm ! On va se régaler !

35. World War Z - Max Brooks

En vieillissant, je me rends compte que j'ai de moins en moins de patience avec les livres. Est-ce seulement l'âge, ou alors ai-je trop lu pour me laisser berner par des livres pauvrement faits, médiocrement écrits, ou lourd d'une idéologie trouble ? C'est ce qui arrive avec World War Z.

Ce roman a deux très grandes qualités : l'originalité du concept qui se présente comme un recueil de dépositions orales de certains acteurs de la guerre contre les zombis, un peu à la manière des livres sur la seconde guerre mondiale, et l'idée d'un conflit global contre un adversaire pratiquement invincible, qui se nourrit de la mort et dont le nombre semble grossir exponentiellement. Le roman est fait d'une série d'anecdotes qui, s'additionnant, finissent par composer un portrait saisissant de cette guerre.

Ça, ce sont les bonnes choses. Passons aux moins bonnes et commençons par la pire des moins bonnes : le taboire d'ethnocentrisme étatsunien qui vient ruiner un projet pourtant prometteur, c-à-d la présentation d'un portrait mondial du conflit. Mais un auteur US peut-il échapper à la propagande de son propre pays et aux mythes que les Étatsuniens se font d'eux-mêmes ? Pas un auteur de l'envergure de Brooks, en tous cas. De qui parle-t-on le plus dans ce livre, des USA ! Quel pays se lève debout pour lancer la contre-offensive sur les zombis et montrer la voie au monde libre ? Devinez... Ben oui, les USA ! Tous les protagonistes de quelque pays qu'ils soient utilisent des métaphores étatsuniennes pour décrire les aléas de la guerre chez eux, etc., etc. Vraiment chiant cette petite perspective et ça réduit la portée du roman. Vers la fin de ce long livre inégal, ça devient franchement imbuvable.

Autres moins bonnes choses : les récits sont souvent inégaux, en longueur, en intérêt et en plaisir de lecture. Il y a un petit fumet de tirage à la ligne qui s'élève de certains épisodes. Sans oublier l'utilisation massive de stéréotypes culturels pour mieux définir les peuples, ainsi les Japonais sont un peuple de fourmis actives, les Russes sont dépressifs, alcoolisés et suicidaires, les Étatsuniens entreprenants, etc. Brooks ne s'est pas forcé les neurones sur cet aspect-là des choses.

Et pour finir, les incohérences et les invraisemblances. Non, M. Brooks, jamais, jamais, au grand jamais, une organisation militaire va-t-elle demander à des pilotes de chasse de remplacer sans raison majeure des pilotes de transport, un Hercules n'est pas un Raptor. Et enfin, j'aurais aimé en savoir un peu plus sur le virus qui a transformé la race humaine en zombis. Par moment, la conversion par morsure semble être instantanée, à d'autres elle semble s'étendre sur plusieurs jours (selon l'impact dramatique recherché par l'auteur).

World War Z commence sur les chapeaux de roue. Idée originale, concept idoine. Puis, ça devient vaseux. Déception de taille pour ce lecteur.

Cote 5 / 10

World War Z
Max Brooks
342 pages

vendredi 9 janvier 2009

Un petit cadeau

Ce soir, en revenant de travailler (et de magasiner, ma foi), Suzanne m'a offert La théorie des cordes de José Carlos Somoza, un gros roman qui a l'air complexe et prenant. Quelle belle surprise ! Je vais me coucher heureux.

mercredi 7 janvier 2009

The tale of Despereaux

Très, très joli film que nous avons vu lundi dernier. The tale of Desperaux raconte l'histoire d'une souris qui se prend pour un chevalier, d'un rat qui veut vivre au soleil, d'une soubrette qui rêve d'être princesse et d'une princesse prisonnière de la tristesse de son père le roi.

Le film est d'une beauté vraiment extraordinaire au service d'une histoire plus complexe que celle qu'on sert généralement au jeune public des films d'animation. Et c'est là que le bât blesse. Parce que si le marketing du film ratisse le plus large public possible, il faut dire que The tale of Despereaux n'intéressera pas beaucoup les enfants les plus jeunes - ceux de moins de quatre ou cinq ans, disons.

Le film est noir. Voyez plutôt, Despereaux est banni et donné pour mort, Roscuro (le rat) est la cause du grand chagrin du roi et de l'exclusion des rats de la société des hommes; la soubrette est une pauvre fille abandonnée et maltraitée, et la belle princesse s'étiole depuis la mort de sa mère. Bon, ça ne porte pas au rire, là.

De plus, le rythme est très lent, surtout dans la première heure; le héros met du temps à apparaître : on ne voit Despereaux qu'après une longue mise en scène d'une bonne quinzaine de minutes. Durant ce temps, on sent que les jeunes enfants n'y trouvent pas leur compte et que l'ennui les guette. Benjamin (et quelques petits amis aux alentours) trouvait le temps vraiment long, s'agitait, changeait de siège, regardait le décor de la salle, etc. Son intérêt ne s'est ravivé que dans le dernier tiers alors que la princesse est kidnappé et qu'un peu d'action est insufflé au film.

En bref, un très beau et très bon film. Magnifiquement interprété par un casting impeccable. Mais ne plaira pas à un jeune enfant de moins de cinq ans. 

Cote 7,5 / 10

mardi 6 janvier 2009

Bullitt - le remake - en plus court

video


Benjamin sur son plasmacar (c'est le nom commercial de l'engin). Pis regardez pas le ménage !

vendredi 2 janvier 2009

Winnie l'ourson

Mardi dernier, nous sommes allés voir Winnie l'ourson au Théâtre Saint-Denis. Un excellent spectacle que nous recommandons à tous. Il y a plein de mouvement et de couleurs, c'est suprêmement bien fait, et en version française, svp. La participation des enfants est souvent sollicitée pour les chansons, toutes très connues, ainsi que pour appeler certains personnages. En gros, ça raconte comment les animaux de la forêt des Cent Acres vont faire une surprise pour l'anniversaire de Winnie : quelques contrariétés sont au rendez-vous, on l'imagine, mais tout ça se résout dans un happy-end emballant. Bravo le spectacle, on va y retourner l'an prochain, c'est sûr.

Quelques photos :

La bonne humeur est dans le char, Benjamin et moi massacrons allègrement Sur le pont d'Avignon.

Au théâtre, un peu avant la représentation, Benjamin et Suzanne. Notez que Monsieur B. a ses bottes aux pieds et un jouet Winnie de circonstance entre les mains.

Ça commence, Mickey et Minnie ouvrent le spectacle – dont ils ne font pas partie, par ailleurs.

C'est parti, mon kiki, comme dit Benjamin.Ici, Bouriquet et Coco Lapin.

Toute la bande est là, ou presque. Dans l'ordre : Porcinet, Petit Garou, Bouriquet, Winnie et Maître Hibou.

Dernier acte : Tous les amis de Winnie sont présents pour le gâteau dans lequel se cache Tigrou.

Un spectateur très décontracté, déchaussé et assis sur une pile de manteaux d'hiver surmontée d'un siège d'appoint.

Un excellent spectacle qui a ébloui et charmé.

jeudi 1 janvier 2009

Pour 2009

En plus de la santé, je vous souhaite pour l'année qui débute de bonnes lectures et des tas de ces petits riens qui rendent la vie plus belle et si merveilleuse, comme un enfant qui vous fait un bisou ou un chat qui se couche sur vos cuisses.