Lettre d'amour de Neil Gaiman. Une statue tombe amoureuse d'une passante. C'est joli, ça chatoie, mais c'est sans intérêt. 5 / 10 Orange de Neil Gaiman. Un cas de possession ou de pouvoirs surnaturels vu à travers un formulaire d'enquête. Formidablement original en même temps qu'équivoque. On en voudrait plus. 8 / 10
Ors blancs d'Alain Bergeron. À Aquilenne, André Antonikas, séméiologue et historiosophe, fait la rencontre de Maître Amras Pamdophire de Leon, ingénieur électrologiste, qui n'est peut-être pas celui qu'il parait être. Quel formidable texte, riche et écrit dans une langue irréprochable tout à fait juste. Une situation politique complexe, rendue avec finesse, des personnages crédibles et profonds.Tout simplement superbe. Alain Bergeron est un des meilleurs auteurs au Québec. 10 / 10
Recette maison d'Éric Gauthier. Deux filles fabriquent des confitures aux pouvoirs étonnants qu'elles partagent avec les locataires de l'immeuble où elles habitent. Du fantastique urbain tout à fait charmant, servi par une prose séduisante. J'ai complètement adoré. 9 / 10
Désaxés de Jean-Louis Trudel. Cette nouvelle-là n'a pas réussi à me divertir. Il y a plein de choses dedans (voir le blogue de l'auteur) mais tout ça forme un amalgame qui ne lève malheureusement pas; la sous-intrigue familiale donne l'impression d'être plaquée là. Intéressant pour l'intellect sans doute, mais sans émotions véritables. 6 / 10
La mort aux dés d'Élisabeth Vonarburg. Mémé raconte à ses petits-enfants l'histoire du Vagabond éternel, condamné à vivre très longtemps pour avoir contester un dieu mineur. Même le talent considérable de l'auteure n'a pas su rendre intéressante cette histoire qu'on ne vit pas mais qui nous est présentée à la manière d'une saynète édifiante. Pour s'y retrouver, ce lecteur-ci aurait eu besoin d'une généalogie, d'un atlas, d'un lexique et d'une éphéméride. J'imagine que si vous avez lu Tyranaël, ça vous paraîtra plus lumineux qu'à moi. C'est touffu comme ça a pas de bon sens. Trop, c'est comme pas assez. J'ai lâché à quatre pages de la fin en dépit du fait que j'ai apprécié le ton solennel et l'aspect hiératique du texte. 4 / 10
Le numéro se termine avec des Carnets du futurible de Mario Tessier un peu plus sages qu'à l'ordinaire et les critiques de livres.
Somme toute, un numéro peu mémorable, à l'exception des textes de Bergeron et de Gauthier. 7,5 / 10
16 commentaires:
Décidément, on se rejoint. ;)
Je te trouve un peu dur avec Élisabeth, mais c'est vrai que j'ai lu quelques Tyranaël...
Oh et y'a-tu moyen de partir une pétition pour forcer Alain Bergeron à publier un recueil de ses uchronies? J'en veux encore moua!
Personnellement, j'ai nettement préféré le Vonarburg au Bergeron, et même le Gauthier (que j'ai beaucoup goûté au début, mais qui s'est un peu égaré ensuite) au Bergeron...
En fait, je dois avouer que je suis assez réfractaire aux uchronies de Bergeron et que j'aimerais plutôt le voir creuser d'autres veines, en particulier du côté de la science-fiction franche.
J'admets ne pas être neutre pour les uchronies : je suis historienne après tout, alors l'historiosophie, j'adore! :D
À l'opposé, j'accroche rarement aux textes de SF franche (sauf à ceux basés sur l'informatique). C'est peut-être à cause de mon manque de bagage scientifique?
@JLT Bergeron a-t-il déjà fait de la sf franche ? Je ne connais pas beaucoup son oeuvre.
@Gen : J'ai pas de formation académique, mais l'histoire et la géographie politique, c'est ma passion depuis que j'ai dix ans.
Gen : La plupart des nouvelles de Bergeron ont été reprises dans « Corps-machines et rêves d'anges » réédité aux Moutons électriques l'a dernier.
@Richard : Merci du tuyau, je saurai quoi chercher lors de mon prochain bouquinage :)
Sans cherche à nuire aux ventes des Moutons électriques, il faut rappeler que la version québécoise du recueil de Bergeron (même titre) est toujours disponible aux éditions Vents d'ouest. Il y a une ou deux nouvelles de moins, mais c'est essentiellement le même livre.
Joël Champetier
Vents d'ouest ? Il n'est plus dans leur catalogue en ligne en tous cas. Mais il est p-ê disponible en commande par les librairies.
Le livre est 20 $ chez VdO et 40 $ aux Moutons.
Chez Vents d'ouest on parle de 13 nouvelles, aux Moutons de 17.
C'est mélangeant, hein ?
Hum... n'ayant aucun plaisir à commander mes livres en ligne (des fois, on a pas le choix, mais...) je vais voir sur lequel des deux je tomberai librairie. ;)
Et j'ai pas de chat ;p
Richard: Ce qui est mélangeant, c'est que les deux recueils étaient des intégrales au moment de leur publication... sauf que l'auteur continue de publier. Deux titres différents n'auraient pas été plus "honnêtes". Mettons que c'est une curiosité pour les bibliographes.
Joël Champetier
Je suis historien moi aussi, mais j'ai du mal avec la plupart des uchronies qui se publient pour un ensemble de raisons. D'abord, elles ont tendance à conforter les lecteurs dans leur préférence pour leur version de l'histoire (qui donc ici voudrait vivre dans le monde uchronique de la nouvelle de Bergeron?). Ensuite, les parallèles trop appuyés avec notre monde (l'incendie du Manège militaire, hmmm?) sapent, dans mon cas, le « suspension of disbelief » qui est nécessaire au plaisir de lecture.
Sinon, notons bien que je n'ai pas parlé de science-fiction « dure », mais de science-fiction « franche ». Bref, tout simplement de science-fiction qui n'a pas honte d'en être. Or, Alain a signé de nombreux textes dans cette veine, comme « L'homme qui fouillait la lumière ». Et ce sont des textes qui sont la plupart du temps de très bon niveau, très léchés, très pros, bref, comme on aimerait en lire plus souvent.
@JLT Ah, ben, je suis pas la seule bibitte aux études bizarres ;) Mais je vois où on se sépare sur la question des uchronies : je trouve amusant les parallèles très appuyés (comme l'incendie justement). J'aime cette récupération d'éléments réels... mais je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde.
Merci pour la précision entre SF "dure" et "franche" : j'avais effectivement confondu "plus franc" avec "plus scientifique" au lieu d'avec "plus déconnecté de notre réalité"
De source sûre: le recueil d'Alain Bergeron n'existe plus aux Éditions Vents d'Ouest.
Oups! Désolé de la désinformation. Je pensais que Vent d'Ouest avait gardé le recueil d'Alain à son catalogue. Richard, je t'autorise à ajouter un correctif dans mon intervention du 13 septembre, au cas où une personne le lirait sans lire la suite des commentaires.
Joël Champetier
Aiguillée par vos conseils, j'ai découvert qu'il est possible de commander les deux versions du recueil auprès de René Beaulieu
(bearene@gmail.com).
Donc Joël avait partiellement raison : on peut encore le trouver, bien qu'il ne soit plus au catalogue de Vent d'Ouest.
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