Quand un ancien collègue de classe lui propose de devenir membre de Hell.com, un site secret où tout – tout ! – est possible pour ceux qui le fréquentent, Daniel accepte. Il est un « maître du monde » après tout. Il peut tout se permettre.
Mais Daniel a oublié qu'on ne monte pas aux enfers, on y descend. Et leur profondeur, qui est abyssale, n'aura d'égale que son désespoir. (Abrégé de la 4e de couverture)
Il semble bien que Senécal en avait un mauvais en lui. Parce que, autant le dire d'emblée, ce roman n'a vraiment – mais vraiment – pas fonctionné pour ce lecteur-ci.
Primo, le personnage principal est antipathique et ses motivations douteuses. Ce n'est pas rédhibitoire en soi, mais ça a empêché l'identification entre moi et le perso. Et puis, encore un milliardaire ! Encore un membre de l'élite... Il y avait aussi un fort capital d'antipathie dans le précédent roman de Senécal, Le Vide. Mais la narration se faisait à trois personnages, ce qui diversifiait le propos et l'auteur arrivait à créer un niveau de connivence entre le lecteur et les personnages.
Dans Hell.com, cette connivence ne s'établit pas. Dès le départ, Daniel Saul est odieux, obsédé par sa belle vie et le sexe. Son fils ado est modelé à son image, en pire parce que « full fru ».
Les motivations de tous et chacun sont assez sommaires, voire risibles, en particulier celles de Daniel et de Martin, son confrère de collège. Primitive la psychologie.
Mais, bon, on ne lit pas Senécal pour les mêmes raisons qu'on entreprend Les frères Karamazov. Pas le même rayon. On veut de l'action, du suspense, on veut se faire harponner dans le flanc et être emporté par le flot. On veut que ça bouge ! Que ça déménage ! On veut commencer le roman lundi soir et le terminer mardi matin.
Ce lecteur-ci a beaucoup été déçu. Hell.com est divisé en deux grandes parties. La première et la deuxième. (Ha ha ha.) La première raconte l'apprentissage des limites de Hell.com par Daniel, et c'est une partie qu'un célèbre Tremblay (François-Bernard, celui-là) a ainsi qualifié : C'est Anne-Marie Losique qui nous fait découvrir la Culture du X. Aussi poche que ça.
Ça se corse un tantinet dans la seconde partie où Daniel Saul, ayant connu comme son illustre prédécesseur son chemin de Damas, vire capot à propos de Hell.com et décide qu'il va sauver la vie de son fils en tentant de l'arracher à cet enfer... Partie cousue de fil blanc, sans aucune surprise, mais avec du ressort dans la jambe qui fait qu'on a enfin le goût de lire la suite. Mais c'est venu trop tard pour moi. Ça m'a pris plus d'une semaine à terminer ce gros roman, que je ne recommande pas.
Cote 5 / 10
Hell.com
Patrick Senécal
Àlire, 2009
557 pages
2 commentaires:
Je l'ai commencé hier et le debut ressemble à Initiation au cours sexe "Vécu que par vos voisinspeut-être" 101. On voit que Sénécal a fait le tour de la maison dans ses recherches. Pas trop difficle avec Internet ;)Mais bon c'est Sénécal, je continue avec plaisir car moi c'est son art de scénariser l'intrigue qui me plait chez-lui. Quant aux hommeries qu'il s'apprêtent À décrire, ca ne m'hérissera pas le poil du tout. J'ai pas vraiment de tabous. Mais si c'est gratuit , je vais décrocher. Je mise donc, selon tes propos et ceux de d'autres, sur la deuxième portion pour y trouver mon compte. J'avais beaucoup aimé Le Vide, alors je croise les doigts...
Au Québec, il y a 2 ou 3 milliardaires. L'un d'eux s'en va dans l'espace sous peu et les autres sont très âgés. Moi, ça a été l'inverse. J'ai préféré Hell.com plutôt que Le Vide.
J'aimerais que Senécal tente autre chose, juste pour essayer. Abandonner son traditionnel « aller jusqu'au bout » (je dois me retenir de lancer le livre au bout de mes bras à chaque fois que je vois cette phrase. Revenir avec le commum des mortels prit dans une situation qui lui échappe. C'est mon rêve, mais c'est à l'auteur de voir où il est rendu dans le cheminement de sa carrière.
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