mardi 28 juillet 2009

89. Papa a acheté un camping-car - François Althabégoïty

Précision : Ce livre est un récit de voyage et non un roman.

Papa a acheté un camping-car -- une famille, trois continents, sept mètres carrés. Titre et sous-titre amusants, on croit qu'on va bien rigoler à suivre les aventures désopilantes d'une famille légèrement dysfonctionnelle sur les routes des Amériques et de l'Afrique. La photo de la couverture illustre bien cette idée.

Erreur, on ne s'amuse pas dans ce livre. C'est dû, en grande partie, à la personnalité de l'auteur. Il essaie bien de faire rigoler, d'amuser le lecteur avec les péripéties de son voyage, mais Althabégoïty est un homme entièrement tourné sur lui-même, sur ses petites préoccupations, sur ses petits malheurs, en résumé, il est égocentrique, méprisant et mesquin.

Ça commence mal : la famille est mal préparé à ce long voyage de neuf mois. Le but est d'atteindre la pointe supérieure de l'Alaska en traversant le Canada, puis de redescendre vers l'Amérique centrale, passer en Afrique et remonter vers Toulouse, le lieu de départ. Mais ils n'ont pas songé au froid (Yukon et Alaska, youhou quelqu'un, réveillez-vous), aux moustiques, à la désolation des paysages qu'ils devront contempler des jours et des jours entiers, à la promiscuité de vivre à quatre dans un petit camping-car...

Dans les cent premières pages, l'auteur passe son temps à se plaindre, avec à peine une trace d'auto-dérision. C'est bête à mourir et on a le goût de lui flanquer des baffes devant le traitement qu'il fait subir à sa famille : car sa femme s'occupe de tout, ménage, alimentation, divertissement des enfants, une fillette de cinq ans et un garçonnet de deux ans. Lui, il conduit, chiale et ronchonne contre sa femme qui lui fait des « crises ». Une couple de baffes pour ce connard à lunettes !

Althagoïty est le roi du cliché : les Québécois sont bien entendu gentils, encore qu'ils aient un accent « épouvantable », les Américains sont obèses et obsédés par le matériel, les Mexicains sont des canailles... Althagoïty assène clichés par-dessus clichés; de ce côté-là, il ne craint personne.

Comble du comble, ce gars-là est pingre comme c'est pas permis (à noter qu'une étude internationale vient corroborer que les Français sont considérés les touristes les plus pingres du monde...) Cheap. Du genre à vider sa tank à marde n'importe où -- même dans des aires à pique-nique !! -- à la condition que pouvoir le faire gratuitement. De façon générale, il est tout fier de laisser des pourboires microscopiques et de ne pas payer pour les services utilisés. Quel minable !

Pire,
il y a une méchanceté inhérente chez cet individu qui se réjouit constamment du mauvais sort qui afflige les autres, notamment lorsque de jeunes mariés au Mexique ratent leur repas de noces. Il jubile du malheur des autres. Quel taré !

Aussi, je mentionne brièvement les anglicismes dont on raffole tant outre-Atlantique : les Rockies, la Yukon River, l'Alaska Highway... Bientôt, je le jure, y a un Français qui va nous chier un livre tout en anglais, pour aller jusqu'au bout de son raisonnement. Par contre, j'ai appris que l'espace pour coucher au-dessus de l'emplacement du siège du conducteur s'appelle une capucine. C'est joli, une capucine.

Cerise sur le gâteau, ce lecteur-ci décerne virtuellement un coup de pied au cul de l'éditeur qui a fait un travail de cochon sur ce livre : coquilles, mots manquants, mots tronqués, mots concaténés, tout ça en assez grande quantité pour que ça se remarque sans effort... Chou à Laffont.

Il y avait très peu de joie dans ce périple. Il n'y en a pas eu du tout dans le cœur ni la tête de ce lecteur-ci.

Cote 3 / 10

Papa a acheté un camping-car
François Althabégoïty
Robert Laffont, 2008
230 pages, avec cartes et photos

11 commentaires:

Gen a dit…

Merci d'éviter à tous tes lecteurs l'erreur d'acheter ce truc ;)

Tant qu'à moi, j'ai bien du mal avec les auteurs français modernes. Je survis très bien aux anglicismes quand ils reflètent une certaine réalité (des runnings, du leardership...), mais je suis comme toi : pourquoi appeler la rivière Hudson la "Hudson River". Hé ho, "river" fait pas partie du nom!

... c'est peut-être parce qu'ils le savent pas? Malgré leurs amours des anglicismes, nos cousins d'outre-atlantique ne comprennent pas grand chose à la langue de Stephen King.

Pat a dit…

Tout compte fait, tu ne feras plus de shopping pour un livre de cet auteur.

richard tremblay a dit…

Heureusement, c'était un livre de la bibliothèque...

Guillaume Voisine a dit…

Hum... Je n'ai pas lu et je ne connais rien de cet auteur, mais n'est-ce pas un peu gros d'expliquer la mauvaise facture de son roman par le fait que l'auteur est égocentrique, méprisant et mesquin? C'est une fiction, après tout!

richard tremblay a dit…

Oupse, my bad, Guillaume, my bad.

Ce n'est pas un roman, c'est un récit de voyage; j'aurais dû être plus clair.

richard tremblay a dit…

Ergo, j'ai corrigé.

Phil a dit…

Et bien on se portera mieux de ne pas l'avoir lu celui-là, si je comprends bien.
Concernant les anglicismes chez les Français, je me dois de préciser que la plupart de ces anglicismes sont utilisés par ignorance. La France a oublié que l'Amérique a une bonne partie de son histoire en français. Et puis ça fait "bien" d'utiliser les termes des "indigènes", ça fait couleur locale.

Jean-Luc a dit…

Je suis tombé sur ce livre aussi à la Fnac, préparant un tour du monde, je trouvais l'idée du camping car intéressant. Je l'ai acheté un peu à l'aveuglette mais je suis du même avis que toi Richard. Le livre est chiant à mourir, on croit vivre l'aventure avec lui, mais l'auteur passe son temps à se plaindre, sa mauvaise humeur ne donne pas du tout envie de voyager. Je n'en ai pas retenu grand chose si ce n'est que ce voyage a failli briser son couple, qu'il se félicite d'entuber le système en ne payant pas quand tout fonctionne à la confiance, et qu'à part avoir parcouru 700km / jour, il ne s'est pas passé grand chose d'excitant. Je ne conçois pas le voyage de cette façon. J'aurai préféré qu'il s'attarde plus sur le contact qu'il a eu avec les autres, mais peut-être n'a t'il pas eu l'ouverture d'esprit d'aller vers eux, d'où le manque sérieux de rencontres dans son voyage. Bref, pas terrible.

richard tremblay a dit…

C'est assez pénible son périple.

Polo a dit…

J'ai déjà eu du mal quand au départ, il commence par des clichés sur le peuple allemand et à faire des remarques débiles sur l'Alsace et autres régions de France...
Le voyage commence déjà à la porte de chez soi...
Je suis à la page 68, et je suis déçue, je vis leur aventure comme un stress contre la montre pour atteindre l'Alaska...
C'est vraiment dommage parce que le résumé était plutôt prometteur "j'ai 35 ans, c'est l'âge bête de l'age adulte..."

richard tremblay a dit…

Ce gars-là ne rate aucune occasion de verser son fiel sur autrui.