vendredi 10 juillet 2009

86. Paul à Québec - Michel Rabagliati

C'est le deuxième Paul que je lis. Paul à la pêche ne m'avait plu qu'à moitié. J'avais avoué mon incompréhension devant l'ampleur du phénomène Rabagliati.

Paul à Québec, c'est mon épiphanie. Là, je retourne ma veste de bord.

Il y a deux soirs, j'ai commencé à lire ce roman dessinée, m'imaginant une fin de soirée agréable et sans histoire. Je me trompais lourdement.

Parce que Paul à Québec, c'est le quotidien de Paul et Lucie et de leur fille Rose, alors que le père de Lucie se meurt d'un cancer en maison de soins palliatifs.

On ne rigole pas. Ou si peu.

Cette histoire-là et la manière simple et directe avec laquelle elle est racontée m'a complètement chaviré. Je me suis mis à brailler quand le père a dû être placé en centre hospitalier pour terminer sa longue agonie et je n'ai pas arrêté de hoqueter jusqu'à la fin.

(J'ai beau me dire que j'étais off mon Paxil depuis deux jours, et que ça crée un environnement favorable au surgissement des émotions refoulées, mais quand même... Je pleurais à gros bouillons et j'étais estomaqué de ma réaction; comme dans une transe schizophrénique, j'étais ému et je me voyais ému comme de l'extérieur, bizarre, bizarre, une espèce d'expérience extracorporelle.)

Le dessin de Rabagliati est d'une remarquable simplicité.Son dépouillement n'est pas sans rappeler celui de Tintin au Tibet. Un roman dessiné que je recommande chaudement. N'oubliez pas vos kleenex.

Cote 8,5 / 10

Paul à Québec
Michel Rabagliati
Pastèque, 2009
187 pages

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