À la demande générale de mon ami bloggeur Pat Isabelle, je vais tenter de répondre aux questions qu'il me pose après avoir lu Maternité noire. «Comment t'étais-tu préparé pour la rédaction de cette nouvelle? Et aujourd'hui, avec l'expérience acquise, comment perçois-tu ton texte?»
Derrière Maternité noire, il y a la lecture de L'Épiphanie des dieux de Catherine Hermary-Vieille et du Royaume de ce monde d'Alejo Carpentier, deux extraordinaires romans qui se déroulent en Haïti et à St-Domingue, pleins de sensualité et de violence.
Je voulais reproduire un peu cette couleur et de ces odeurs, la sensualité, la touffeur. Faire une nouvelle dont la forme serait pleine de sonorités, riche en allitérations (ma figure de style préférée) et d'une nature proche des contes oraux qui se transmettent de génération en génération. Ambitieux ? Pas vraiment, puisque les choses se sont précisées au fur et à mesure que le texte se bâtissait, avec quelques ajustements rétroactifs.
Maternité noire parle essentiellement des rapports des individus au destin et tente de montrer comment naissent les légendes tribales. Indirectement, la nouvelle cause, en prime, de mes rapports à l'écriture.
Est-ce que c'est réussi ? Je ne me prononce pas, il y a trop longtemps que j'ai lu ce texte-là. Mais je suis déçu de n'avoir pu écrire que ça, de ne pas avoir fait mieux, de n'avoir écrit qu'un mood-piece à la manière des autres textes que j'ai publié. Avec le recul du temps, Maternité noire m'apparaît être un gâchis et me laisse en tête une curieuse sensation de morosité et de médiocrité.
Mais, pourtant, cette nouvelle a laissé des traces, en dépit de mon insatisfaction. J'ai depuis longtemps l'idée d'une novella extrêmement colorée et sonore, dans un environnement assez similaire. Il suffirait simplement que je passe à l'acte parce que, de ce nouveau texte, j'ai à peu près tout ce dont j'ai besoin pour le mener à terme : arc principal, synopsis, personnages, géographie, etc.
Voilà, c'est tout.
3 commentaires:
Je viens de lire ta nouvelle. Je te trouves sévère quand tu la qualifie de "gÂchis". C'est un texte d'une grande qualité dans lequel règne une richesse des mots, une odeur de jungle et une brise de légendes racontées qui nous laisse dans une écoute aux aguets.Ton Synopsis et tes recherches pré-rédactions avaient dû être assez étoffées merci. Alors Post-Bravo à ton prix de 1991. J'y vois la plume d'un aimant des mots et d'un fabriquant de magie.
Merci, Pierre, c'est gentil.
Merci
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