dimanche 31 mai 2009

Une anecdote de chevaux


À la mi-mai, nous sommes allés voir Cavalia avec Benjamin, papi et mamie. Excellent spectacle, en grande partie identique à celui présenté en 2004 ou 2005 que nous avions vu également, mais plus acrobatique et moins éthéré cette fois-ci.

Après le spectacle je me suis pris à songer à une anecdote que mon père a parfois raconté sur le traitement des chevaux dans les camps de bûcherons. Nous sommes au tournant des années 50, et papa travaillait comme bûcheron et draveur dans les camps (prononcez « campes »). C'était un travail extrêmement dur, l'abattage des arbres se faisaient à la hache et au bucksaw, et le débardage avec des chevaux. Le débardage consiste à sortir les troncs d'arbres du lieu de coupe et à les transporter vers un dépôt provisoire.

Les chevaux travaillaient tout aussi durement que les hommes. De longues journées qui allaient de la première clarté du jour jusqu'à la noirceur. Puis, quand la bête n'était plus en mesure de fournir à la tâche, soit par maladie, vieillesse, blessure ou usure prématurée, les hommes du campe l'attachait à un arbre, glissait un bâton de dynamite sous la corde et lui faisait exploser la tête. Expéditif, mais ignominieux. Cinquante ans plus tard, mon père parle de ces moments-là avec une petite émotion qui lui étrangle encore la voix.

La plus belle conquête de l'homme, dit-on. Mais que pourrait-on dire de son maître ?

PS Je ne me rappelle plus où j'ai trouvé cette photo, mais elle n'est pas de la famille. Elle illustre, simplement.

2 commentaires:

Pierre H.Charron a dit…

Assez spécial comme anectode. Mon père (défunt maintenant) m'en avait raconté de toutes sortes.Tout comme le tiens , il a été buchron dans les "campes" et draveur, que d'histoires il a raconté,qand j'y pense aujpurdh'hui, ca me le rend vivant. Ca set aussi à ca les anectodtes. Mettre le passé au présent.

richard tremblay a dit…

Ce qui m'a surpris la première fois que papa a raconté cette histoire, c'est l'abondance de la dynamite dans les campes et l'absence totale de précautions avec lesquelles le produit était manipulé. Mon père a appris à poser et faire exploser de la dynamite comme ça, quasiment à la bonne franquette. Après, ça lui a servi quand il a travaillé à Port-Cartier et Sept-Îles pour l'Iron Ore (mais il n'a pas fait les mines).