Je ne sais pas comment ils font, mais les responsables de Brins d'éternité viennent de produire trois numéros consécutifs avec des couvertures plus sensationnelles les unes que les autres (mais seulement si on les met dans cet ordre-là, comme ironise le roi dans The Wizard of ID). Depuis presque un an, BdÉ est la revue qui provoque un max de oh ! et de ah ! d'admiration – et pas seulement chez ce lecteur-ci, j'en suis sûr.Le tronc d'Yves Narbonne. Une histoire fantastique bien menée et plutôt réussie à propos d'une étrange créature trouvée dans un bois et sur laquelle la peur et la furie des hommes se déchaînera. Bonne création du malaise devant l'altérité. 8,5 / 10
REVEL d'Émilie C. Lévesque. Une curieuse nouvelle qui ressemble plus à un canevas d'histoire qu'à autre chose. Une société manufacturière intoxique ses employés pour les rendre plus productifs. Le côté désincarné de cette narration omnisciente faite dans un style distancé ne m'a pas convaincu. 6,5 / 10
Ceux qui vivent en banlieue de Vincent Filion. L'éditeur dit : « Inclassable nouvelle qui allie magie, apocalypse et zombies à travers une prose impressionnante et puissante ». Il a tout à fait raison, pas un mot de trop. J'ai été magnétisé par l'histoire, originale et déjantée, et par la manière de l'auteur, son style, sa voix tout à fait personnelle. 10 / 10
Sirat al Bunduquiyyah de Michael Moslonka. J'avais éprouvé des difficultés avec la seule autre nouvelle de cet auteur que j'aie lue, Le coeur sur la main, parue dans Nocturne n° 11. J'avais mis ça sur le compte de mes œillères personnelles, style vieux croûton pas capable de blairer ce qui est un tant soit peu moderne. Mais là, ça récidive. Et je pense savoir pourquoi : sous la dorure d'un esthétisme recherché, c'est assez fichtrement mal foutu. Voilà un auteur qui n'aime pas voir un nom sans lui coller une épithète. Ça donne une écriture surchargée, riche d'images rupturées, servie par un vocabulaire riche, incongru et parfois impropre. Et le texte est elliptique au point d'être insaisissable. Péniblos pour ce lecteur-ci – mais je peux me tromper. 3 / 10
Un arrière-goût d'enfer de Simon Bergeron. Une histoire apocalyptique et fantastique. Vraiment prenante et parfaitement maîtrisée. 8 / 10
Suit une excellente entrevue avec Daniel Sernine par Josée Bourdeau. On y apprend une foule de choses sur le métier et sur les aléas d'écrire et de publier au Québec. Sernine est franc, lucide et direct. Un grand écrivain et un grand bonhomme. 10 / 10
L'appareil critique (où je commente Un tour en Arkadie de Francine Pelletier, un retour à la publication depuis 1991) est lui même suivi par un article philosophique de Romain Lucazeau sur l'identité (article que je n'ai pas eu le courage de lire).
En somme, un très beau numéro, et fort bon par-dessus le marché. Un autre effort pas banal de Guillaume Voisine et ses sbirettes (si j'ose dire). 8 / 10
5 commentaires:
Pas reçu encore. Il va falloir que je regarde si mon abonnement est expiré.
La couverture est pas mal.
Elle est l'oeuvre d'un gars qui a travaillé pour Wizards of the Coast. L'illustration est dans le style Magic The Gathering, vraiment très jolie.
Les filles bleues m'attirent beaucoup... peut-être parce que j'étais un « bébé bleu » à ma naissance !
Un bébé bleu? Le cordon était entouré autour de ton cou?
Si ma mémoire est bonne, y'a aussi une fille bleue dans x-man. Faudrait vérifier:P
Question a) oui, monsieur. Le cordon autour du cou.
Question b) yessss, sir, et pas habillé chaudement ;-)
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