dimanche 19 avril 2009

61. Par hasard... rue Saint-Denis - Chloé Varin

Un abonnement de saison au théâtre en cadeau d'anniversaire, ça fait cinq spectacles, cinq soupers au restaurant, cinq occasions de mieux connaître ce père que la pétillante Stella Champagne, 21 ans, n'a pas vu depuis son enfance. Au fil de ces cinq soirées, deux esprits libres se croiseront, s'affronteront, se lieront, et Stella, d'abord farouche, en apprendra plus sur celui dont l'absence était une blessure inavouée... Sous le couvert d'un humour caustique et irrévérencieux, Chloé Varin démêle avec tendresse les ficelles d'une relation père-fille bien particulière. (Abrégé de la 4e de couverture.)

La chick lit se signale par la légéreté du propos et du ton. On y retrouve souvent humour badin, auto-dérision, shopping, obsession pour les apparences, relation désopilante avec mère/copine/copain/patron, etc.

C'est un genre volontiers frivole, souvent amusant
ici je pense à Sophie Kinsella dont j'ai lu tous les livres (sauf un) et qui figure sur ma liste des auteurs préférés.

Mais légèreté n'égale pas n'importe quoi. Sur la base prometteuse d'une rencontre entre un géniteur qui a fui ses responsabilités familiales et sa fille, Varin a écrit un court rom
an inégal. Il y a du bon, il y a du moins bon...

Le bon ? Tous les artifices du genre s'y retrouve, bien dosés. On sent que l'auteure maîtrise sa matière, elle a lu de la chick lit, elle aime, elle est capable d'en écrire.

Le moins bon ? Le comique forcé, les traits de pseudo-humour qui jaillissent sans cesse aux dépens des personnages, l'auteure qui se croit supérieure à l'histoire qu'elle raconte. Trop, c'est trop. Pour reprendre l'exemple de Sophie Kinsella, les meilleurs de ses romans sont ceux où Rebecca Bloomwood existe véritablement et agit comme un être humain, le pittoresque en plus; les moins bons sont ceux où Kinsella jette l'accent sur le pittoresque au mépris de la vraisemblance des dialogues, de l'histoire et des personnages.

Bon, ça va peut-être s'arranger avec le temps. Je l'espère.

Ce que je pardonne moins, ce sont des phrases comme celle-ci, que l'éditeur aurait dû corriger : « C'est sans doute cette propension à l'autocruauté qui m'empêche de courir à l'abri de la pluie et me statufie au beau milieu d'un trottoir ruisselant et de cette foule interrogatrice à la vue de cette jeune femme que je suis, le visage possédé par la tristesse et les larmes. » Clonk ! Lourd comme un pavé et aussi agréable à recevoir en pleine poire.


Un roman que je ne recommande pas.

Cote 4,5 / 10

Par hasard... rue Saint-Denis

Chloé Varin
Stanké, 2008
127 pages

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