1701. Dans la cale d'un bateau anglais, Morlante poursuit tranquillement sa carrière d'écrivain. Mais on ne l'emploie pas pour son talent à raconter des histoires ou pour sa calligraphie soignée. Quand le bateau est la cible de pirates ou d'une armée ennemie, il range sa plume, sort ses machettes et rentre dans le tas. On ne marque pas son époque en écrivant des lignes, mais en tranchant des gorges. (Quatrième de couverture.)J'ai aimé le premier roman de Dompierre, Un petit pas pour l'homme, et j'ai moins aimé son deuxième, Mal élevé -- allez savoir pourquoi, peut-être parce que c'était un peu bonnet blanc et blanc bonnet. Mais je me suis régalé avec Morlante, son troisième roman, un virage sidérant pour cet auteur que je n'aurais jamais soupçonné être capable d'un roman semblable.
C'est un roman d'aventures avec des pirates, des flibustiers et un écrivain au pouvoir destructeur si grand (quand il abandonne la plume pour ses machettes) que les empires se l'arrachent et les autres en sont terrifiés. Mais il fait son affaire tout seul... J'ai beaucoup ri. Dompierre a un sens de la répartie et du deadpan qui sont jouissifs. Et, malgré les anachronismes langagiers, il est arrivé à me faire croire à ses personnages et à leur histoire. Une jolie réussite à tous les points de vue, et non dépourvue de profondeur; puisque Dompierre parle en même temps du rapport de l'écrivain au monde.
Coups de tête passe à un nouveau format : plus grand et plus large (proche du trade paperback américain), avec un plus grand nombre de pages et une augmentation en conséquence du prix de vente à 15 $. Ce qui demeure très abordable quand même.
Drôlement recommandé par ce lecteur-ci.
Cote 8,5 / 10
Morlante
Stéphane Dompierre
Coups de tête, 2009
154 pages
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