Publié en 57, ce roman appartient à la fin de la première période de San-Antonio. Les personnages sont presque tous là (manque Mathias qui remplacera Favier, Bérurier ne porte pas encore le double prénom Alexandre-Benoît) et leurs voix respectives sont presque trouvées.
Les romans de la première période (telle que définie par moi) vont jusqu'à En peignant la girafe : c'est la période où les intrigues prennent le pas sur l'anecdote et les digressions, l'auteur cherche le ton juste, les personnages se forment (et se déforment dans le cas de Bérurier et de Pinaud), la dernière guerre, l'occupation et la Libération jouent un rôle encore important dans les histoires. L'univers San-Antonio est un work in progress.
Lentement le ton émerge. Il y en a parfois des fulgurances dans l'image et la métaphore. On rigole pas mal, surtout vers la fin, où l'auteur se démarque un peu, mais il ne faut jamais oublier qu'au-delà de l'humour, les romans du célèbre commissaire sont rodés au quart de tour, pas de temps mort, rien que du rythme et une gallerie de portraits bons pour la postérité. Avec une intrigue béton dans le cas qui nous préoccupe.
J'ai adoré cet opus.
Cote 8 / 10
Des gueules d'enterrement
San-Antonio
Fleuve noir, 1977 (éd. or. 1957)
217 pages
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