La couverture déployée
Décidément la revue améliore sa présentation graphique à chaque numéro, encore que je soupçonne que cette couverture sera bien difficile à surpasser. Œuvre de Martin Pelletier, c'est une illustration maîtresse.
Eva-Morph de Florent Jaga. L'éditorial de Guillaume Voisine dit tout ce qu'il y a à dire sur la thématique de ce texte. Mais l'écriture est piétonnière comme disent les anglos, c-à-d sans grâce, sans rien pour la rendre remarquable, voire seulement intéressante. Correctement fait mais banal. 6 / 10
Le sort des autres de Benoît Bourdeau. Les troupes de chocs de l'Organisation tentent d'exorciser un démon du corps d'un homme. Il y a un prix à payer pour s'attaquer au Diable. La nouvelle est plutôt bien tournée. Ce qui a ruiné mon plaisir de lecture, malheureusement, c'est la faiblesse de l'écriture qui se révèle sporadiquement (je répète : sporadiquement) dans la structure de certaines phrases, le choix de locutions et de vocabulaire. Un exemple entre dix : confondre divertir avec faire diversion. Il y en a pas mal. Pourtant Bourdeau a de belles qualités : il sait faire avancer son histoire et sa mise en scène est très adéquate. 5 / 10
Héritages d'Élisabeth Vonarburg et Michel Lamontagne. C'est personnel, je sais, et je n'y peux rien, mais je suis incapable de lire de la bd dite sérieuse. La bd doit me faire rigoler, c'est tout. Mon ignorance est vraiment crasse, non ? L'idée d'une bd sérieuse est complètement aberrante pour ma pauvre cervelle. Alors, sur cette bd, pas de commentaires, sinon que je souhaite que cette expérience reste justement ça, une expérience.
Entrevue avec Sonia K. Laflamme par Mathieu Fortin. Cette entrevue, faite et mise en page par Mathieu Fortin, est un modèle, Voilà comment les choses devraient être faites. L'intervieweur prend le moins de place possible et laisse à l'interviewée l'espace nécessaire pour s'exprimer. Bravo. 10 / 10
Un numéro décevant côté fictions, remarquable pour l'entrevue, avec une couverture géniale. 7 / 10

21 commentaires:
Merci pour tes bons commentaires sur la présentation graphique ! Et je sais bien que l'illustration de la couverture sera difficile à surpasser, mais je travaille en ce sens ;)
Malheureusement, il est possible qu'on récidive, pour la BD... Mais sûrement avec des BD un peu plus courtes ;)
merci Richard pour tes bons mots sur l'entrevue...
M
Ce n'est pas pour contredire pour le plaisir de contredire, parce qu'on a le droit d'être indifférent aux BD, comme envers tant d'autres choses, mais en tant que BDvore perpétuel qui a aussi touché à l'envers du décor dans la création des BD, je ne peux que me porter à la défense de l'idée d'inclure des BD dans Brins d'éternité. Faire de la bande dessinée est un art très exigeant: que des écrivains puissent *aussi* faire de la BD en dit long sur leurs capacités. C'est une forme de récit qui demande une approche particulière dans la conception, mais aussi dans la lecture.
En connaisseur je dis "chapeau" à Brins d'éternité pour l'idée, et pour la qualité d'*Héritages*. Je mentionnerais aussi que le monde de la BD québécoise cherche à se développer: si Brins d'éternité peut faire connaître notre monde SFFQ à celui de la BD et vice-versa, il en sortira sûrement du très positif...
Ceci dit, j'espère que les futures BD à paraître seront de qualité :-)
Je n'avais pas l'intention de dénigrer le travail des scénaristes de bd. À mes yeux n'importe quel travail de littérature est un travail cent fois remis sur le métier, chacun avec ses contraintes. Je voulais seulement dire que je suis réfractaire à trois arts : la poésie, l'opéra et la bd sérieuse. N'empêche ton intervention m'a interpellé et je réfléchis à mon "blocage" depuis hier et je pense que je commence à y voir clair.
La suite dans un futur billet : Pourquoi je suis incapable de lire la bd : une question de sémantique.
Je viens de jeter un oeil sur ce qui sera probablement la couverture du #23, et, selon le résultat final, une fois monté et imprimé, soit ça va dépasser le 22, soit ça va, au moins, l'accoter ;)
(Et merci pour ces bons mots, PA !)
heureusement... j'ai reçu d'autres échos plus favorables!
Piétonnière...
C'est la première fois qu'on me la fait celle-là.
Bah, d'autres (encore en activité dans les métiers du livre) aiment ma façon d'écrire. Je passe mon chemin, en trottinant, sans vous ennuyer plus longtemps avec la marque de mes semelles...
Mais bravo si plein de gens vous aime... C'est merveilleux, je vous envie ;-)
vous aiment...
Je l'ai mis au singulier parce que je suis convaincu qu'ils n'y en a pas tant que ça !
"ils" et voilà que je repars dans l'autre sens...
Ce qui me donne maintenant un avis tranché sur la qualité et la pertinence de vos convictions...
http://www.polarnoir.fr/livre.php?livre=liv432
Mon pauvre Florent, dans mon commentaire je dis que ton texte est bon, mais loin d'être remarquable, et tu me renvoies une faute d'orthographe en prenant la pose. Eh ben...
On en reparlera dans un an avec grand plaisir...
En attendant, richissime Richard, je vous laisse à votre fatuité...
Une dernière fois. Dans mon blogue, je commentais la nouvelle Eva-Morph, pas l'oeuvre complète de Florent Jaga.
Eva-Morph était une nouvelle à laquelle je donnais la note de passage, correcte mais pas remarquable. Ordinaire. C'est tout. Ce n'est pas un jugement sur aucun autre texte de Jaga, ni sur sa personnalité.
Faut juste bien lire.
J'ai bien lu.... Je n'ai vu bon à aucun moment dans l'article...
Faut juste bien écrire.
Un autre avis :
http://blog.noirduo.info/post/2009/02/28/Brins-d-eternite
bon cette fois, c'est bien la dernière. Salutations quand même !
florent jaga
Cher Florent,
Si tu veux écrire et continuer de publier sans devenir aigri et ulcéré va falloir que tu te bâtisses une meilleure carapace que ça.
1. Mon opinion ne représente que mon opinion. 2. Ton texte n'est pas la chair de ta chair. 3. Tu vas en écrire des trucs médiocres, et dans certains cas, ils vont même être publiés.
C'est vrai, je n'ai pas écrit « bon » dans mon commentaire, mais il y a des évidences qui s'imposent.
D'autre part, c'est pas un concours de popularité, l'écriture. Jean-Louis Trudel a aimé ton texte, c'est bien. Bravo. JLT est un auteur à la réputation solide. Ça ne change en rien l'impression que m'a faite ton texte. Je suis en désaccord avec lui sur ce point. On n'a pas la même vision, c'est clair et c'est tout. C'est pas parce que tout le monde aime les saucisses Hygrade que je vais en manger aussi. J'ose croire que tu n'es pas totalement en désaccord là-dessus.
Deux points sur lesquels tu as parfaitement raison. Un : il faut juste bien écrire. Ça, irréprochable, ça vaut pour tout le monde, bloggeur et auteur. Deux : on arrête ce cirque là-dessus.
En espérant relire quand même un texte avec ta signature -- et pourquoi pas dans Solaris ?
Oui, brisons là...
Je ne suis pas aigri. Pas mal de projets se concrétisent en ce qui me concerne. J'étais juste un peu choqué par la toute première critique négative d'un de mes textes. cela peut se comprendre, non ?
Pour Solaris, rien n'est moins sûr. J'écris peu de SF, même si j'ai un autre texte publié dans Géante Rouge. Ce sont, à vrai dire, mes deux seuls essais dans le domaine. je suis plutôt orienté polar.
Et je ne connais pas les saucisses Hygrade, mais rien que le nom me fait fuir...
Allez, je range mon arme dans mon fourreau et vous laisse à vos lectures.
F.J
Pour le polar, ici, il y a la revue Alibis (excellente, au demeurant) qui publie un texte européen par numéro. Si tu ne connais pas, ça vaut la peine d'y aller voir.
Enregistrer un commentaire