La guerre du pou de Roger Blondel. Blondel a écrit de très nombreux romans de sf et de fantastique sous le pseudonyme B.R. Bruss, ce qui rappellera de bons souvenirs aux papy et mamie-boomers. Il livre là un petit texte absurde et surréaliste, ennuyeux comme un jour de pluie à écouter TQS. Cote 0 / 10Un si bel I.M.P. de Daniel Phi. Ici, on retrouve presque un calque de la première partie de Malevil, celle de la descente aux enfers, désespérante et hypersexuée (ce qu'évitait Robert Merle, fin renard et gigantesque écrivain). C'est assez bien fait, mais la dégradation ultime est téléscopée et ce lecteur-ci n'y a pas adhéré. 4 / 10
Deux personnages dans un paysage vide d'Alain Dorémieux. Une ville déserte, un cataclysme, un homme seul qui erre, une belle femme erre elle aussi. Ils se rencontrent. Ça soliloque sans bon sens et ça baise dans la tristesse. Cette nouvelle est un pastiche en forme d'hommage à J.G. Ballard. C'est remarquablement bien écrit, mais soporifique au-delà de tout. 6 / 10
Petits moments exquis de résistance dans les garrigues de René Durand. Un autre texte post-cataclysmique. Saisissant celui-là, court et ramassé. 7,5 / 10
Entre parenthèses de Christine Renard. Une nouvelle très faible d'une auteure à la plume habile. 4 / 10
Les foetus ne passeront pas de Bernard Blanc. La seconde meilleure nouvelle du recueil même si elle a considérablement vieillie. De tous les auteurs présents, Blanc était le plus politiquement hardcore, le plus militant; sa fiction, c'était ici et maintenant qu'elle avait lieu (par dérision pour la collection Ailleurs et demain, je crois même qu'il a dirigé une collection Ici et maintenant pour une quelconque maison d'éditions). Ici, tout est gros, caricaturé, mais l'auteur arrive à insuffler une véritable vie intérieure et une tristesse à son personnage principal. 8,5 / 10
Le futur t'attend de Jean-Pierre Andrevon. C'est la plus longue des nouvelles et la plus inutile dans la mesure où Andrevon vend son punch à la cinquième page. Au lecteur de décider s'il se tape ou non les 35 pages restantes. Comme Andrevon tire à la ligne sans vergogne, j'en ai sauté des bouts. Médiocre et inutile. 1 / 10
Un amour de vacances (avec le clair de lune, les violons, tout le bordel en somme) de Pierre Pelot. Comme Andrevon, Pelot vivait (ou tentait de vivre) de son écriture. Il écrivait donc beaucoup, dans tous les styles, dans tous les genres, avec un bonheur très inégal. Pelot, tout comme Andrevon, tire à la ligne sans présenter d'excuses. La nouvelle est faussement gouailleuse, et surtout insipide. 1 / 10
Terre, si douce Terre... de Claude-François Cheinisse. Dans ce ramassis de textes éminemment oubliables, une perle, et une vraie. Un texte remarquable, d'une intelligence rare avec une fin d'une rare subtilité. 9 / 10
J'ai acheté ce livre en 1978. Il a pris la poussière 30 ans sur les étagères de ma bibliothèque avant que je ne me décide à le lire, comme ça, par accident... Probablement que mon subconscient subodorait quelque chose de pas franc, là. Reste que c'est un livre marqué par son époque, par des idées manichéennes, par un style coup de poing, par des auteurs apprentis ou préoccupés de mettre du jambon sur les tartines.
Cote 3,5 / 10
Retour à la Terre 3
Une anthologie dirigée par Jean-Pierre Andrevon
Denoël 1977
250 pages

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